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890 millions d’ariary de bourses mensuelles à payer

Mardi 4 Mars 2014

890 millions d’ariary, tel est le montant total des bourses d’études que l’Etat doit payer mensuellement aux étudiants. L’on ne parle pas ici de bourses d’études pour les étudiants malgaches à Madagascar mais plutôt des bourses mensuelles que l’Etat doit payer aux étudiants malgaches qui poursuivent leurs cursus en chine et en France.

Actuellement, l’on compte 272 étudiants malgaches en Chine. Chacun de ces étudiants devrait recevoir des bourses de l’ordre de 480 dollars par mois. De plus, ils ne sont pas les seuls car force est aussi de souligner que 284 étudiants boursiers malgaches évoluent également en France. Ces derniers devraient percevoir 650 euros par mois.

Si l’on fait le compte, le montant des bourses d’études mensuelles des étudiants en Chine se chiffre à 130 560 dollars, soit 302 553 216 ariary. Pour ceux qui sont en France, le montant mensuel est de 184 600 euros, soit environ 589 551 186 ariary. Au total, ces charges se chiffrent à 892 104 402 ariary par mois. Or, avec la politique d’austérité appliquée durant la Transition, le ministère n’a pour l’instant aucune possibilité d’honorer ces bourses.

« Le ministère est encore dans l’impossibilité d’honorer les bourses d’études de ces étudiants à l’étranger, sachant que le ministère n’a même pas ne budgets y afférent. Car durant le régime de la Transition, nous n’avions pas les moyens adéquats pour remplir ces responsabilités. Pour ce qu’il en est de leur paiement actuel, nous sommes encore dans l’incapacité de le faire même si nous sommes en quatrième République. Il faudrait attendre le second trimestre pour espérer un premier paiement » a affirmé Horace Gatien, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et des recherches scientifiques.

Le comble c’est que bon nombre de ces étudiants sont actuellement menacés d’expulsion, de retrait de visas ou tout simplement de non renouvellement de visas. Mais le ministère est clair : « la terre rouge ne brûle pas (tany mena tsy mirehitra) »

Les étudiants en souffrent

Le problème de non paiement des bourses ne touche pas non seulement les étudiants malgaches à l’étranger mais également ceux qui poursuivent leurs études sur place. En effet, aucune revendication de la part des étudiants ne pourra être accordée jusqu’à l’heure actuelle, tant que le ministère ne possèdera les moyens nécessaires pour les satisfaire.

Il est toutefois bon de rappeler que le ministère de l’Enseignement supérieur possède un reliquat de 51 milliards d’ariary de l’exercice 2013 et prévoit un budget de fonctionnement de 54 milliards d’ariary pour 2014, ce qui fait un total de 113 milliards d’ariary (source loi des finances 2014), avec 49 milliards d’ariary de transferts au niveau du budget de fonctionnement.

Le secrétaire général du ministère d’expliquer que « le fait que les frais d’inscriptions au niveau de l’université d’Ankatso soient doublés en une année, ne devrait pas avoir d’impacts sur le paiement des bourses d’études des étudiants. En effet, Ankatso possède sa propre gestion pour son budget de fonctionnement et faut-il rappeler que ces étudiants ne payent ces droits qu’une seule fois en une année, par contre, le ministère, par le biais de l’université, paie ces étudiants mensuellement ? ». « En tout cas, ce qui est sûr c’est que ce n’est pas en période de crise qu’on pourrait résoudre ou prendre des décisions à la légère. Des décisions qui seront ensuite impactées au cours des années à venir » a-t-il précisé.

Les enseignants chercheurs aussi

Les problèmes du ministère de l’Enseignement supérieur et des recherches scientifiques ne proviennent pas uniquement des étudiants mais également des enseignants chercheurs et notamment du personnel administratif. En fait, le problème est généralisé.

Chez les enseignants chercheurs, la revendication de leur heures complémentaires, ainsi que du réajustement de leur salaire est encore de mise. Ils ont, certes, continué à terminer l’année universitaire 2012-2013, c'est-à-dire à tenir les examens et surtout à corriger les épreuves de chaque étudiants. Mais envisagent sérieusement de continuer et même d’accentuer leurs revendications, surtout à partir du moment où la quatrième République sera bien installée (constitution du nouveau gouvernement qui évoluera avec les 113 milliards d’ariary de budget de fonctionnement pour cette année, investissements compris).

Rappelons que durant le régime de Roindefo Zafitsimivalo Monja, alors premier ministre de la Transition, un projet de décret qui ressortait des chiffres très avantageux pour les enseignants chercheurs, a déjà été soumis en conseil du gouvernement et même en conseil des ministres. Il s’agissait d’un projet qui avait essentiellement pour but la refonte totale de la grille indiciaire des enseignants chercheurs. A cette époque, un enseignant chercheur pouvait enfin prétendre pécuniairement, rivaliser avec le coût de la vie actuelle, c'est-à-dire, percevoir largement et surtout amplement et pouvoir statuer en tant que tel. En effet, un professeur titulaire pouvait, selon son ancienneté, percevoir jusqu’à huit millions d’ariary (indemnités comprises). Car force est de souligner qu’à cette époque, c'est-à-dire en 2009, ils se sont réellement indignés de savoir que des membres du congrès de la Transition, des noms désignés, qui n’ont même pas de diplôme, pouvaient être payés trois, voir même quatre fois plus qu’eux. Pourtant, ces enseignants ne sont autres que les formateurs des futurs élites malgaches et dans la même foulée, ils figurent ainsi parmi les élites même de la Nation.

D’un autre côté, le personnel administratif des université revendiquent également le réajustement de leur grille indiciaire. Car, il est à rappeler que leur grille salariale n’a pas changé depuis des lustres et que cela ne leur permet plus de vivre dans la décence.

Ce qui revient à dire que c’est le monde de la fonction publique qui aurait ainsi grand besoin de réforme, surtout au niveau da grille salariale. En effet, à part ces problèmes au sein des université, l’on décèle également ceux des autres fonctionnaires.

En somme, l’on dit toujours que l’Etat est pauvre mais que le pays est riche. Jusqu’à l’heure actuelle, ni les fonctionnaires, ni le peuple malgache n’ont bénéficié de ces richesses, qui, finalement, sont gérées par une infime partie de la bourgeoisie politique et économique malgache. Mais ceci est une autre histoire… également à suivre de près !

(Source : http://www.orange.mg )
Vola Rasoamanana

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