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A Madagascar, l’avenir incertain d’un président contesté

Vendredi 29 Mai 2015

Ce qui constituait la principale force du chef d’Etat malgache risque de devenir son talon d’Achille. Elu démocratiquement fin 2013 avec l’appui de l’ancien président de la transition, Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina avait rapidement pris ses distances avec l’auteur du coup d’Etat de 2009.

Malgré sa participation au précédent gouvernement au poste de ministre des finances, il tentait ainsi de se poser en homme du renouveau malgache. Celui qui allait tourner la page de cinq années de crise en apparaissant au-dessus des querelles partisanes et personnelles qui ont miné la Grande Ile toutes ces dernières années, au grand soulagement de la population.

Mais aujourd’hui, c’est la faiblesse de son assise politique qui menace de provoquer sa chute. A une écrasante majorité (121 sur 125 votants), les députés ont choisi, mardi 26 mai, de destituer le président malgache qui, faute de représentants élus sous sa propre bannière, avait su jusque-là se bricoler une majorité parlementaire précaire.

« Violations graves et répétées de la Constitution »

Le sort de ce technocrate, expert-comptable de formation, est désormais entre les mains de la Haute Cour constitutionnelle (dont il a nommé trois des neuf membres). Elle devra déterminer si la requête déposée par les députés est justifiée au regard de la loi. Les parlementaires accusent le chef d’Etat de « violations graves et répétées de la Constitution » et de « haute trahison ». Plus généralement, des députés estiment qu’il n’est pas à la hauteur de la situation. Jeudi matin, la Cour n’avait pas encore communiqué la date de sa réponse.

Mettant en doute « le respect des procédures légales » lors du vote parlementaire et évoquant ses « suspicions de corruption », Hery Rajaonarimampianina a suggéré l’une des raisons de cette attaque lors d’une allocution tenue mercredi à la télévision nationale : « J’ai toujours refusé (…) d’accorder des avantages que les députés ne méritent pas au regard du contexte, notamment de leur accorder gratuitement des véhicules 4 x 4. » Neuf Malgaches sur dix vivent avec moins de deux dollars par jour (1,80 euro).

Pour Mathieu Pellerin, chercheur à l’IFRI et spécialiste de Madagascar, « il est fort probable que les rumeurs insistantes d’une dissolution de l’Assemblée nationale par le président aient poussé les parlementaires à sauver leur peau ». Les députés des deux camps rivaux d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana, ex-président renversé en 2009 mais rentré à Madagascar en octobre, se sont cette fois-ci alliés pour faire voter la destitution du chef d’Etat.

« La situation nous arrange, car même s’il ne tombe pas cette fois-ci, cela le fragilise pour les élections de 2018 que nous préparons déjà », confie un proche de Marc Ravalomanana. Si la destitution d’Hery Rajaonarimampianina était prononcée, une élection présidentielle anticipée devrait avoir lieu. Un scénario que refuse d’envisager Béatrice Attalah, ministre des affaires étrangères : « Nous sommes en train de réussir à faire revenir les investisseurs étrangers, Madagascar a besoin de stabilité. »

Source : lemonde.fr
N.R.

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