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A Madagascar : la mangrove ultime recours de certains villages face à la montée des eaux

Lundi 11 Juin 2012

A Madagascar : la mangrove ultime recours de certains villages face à la montée des eaux
A Beheloka, un village situé à 250 km de Tuléar, au sud de Madagascar, la plage a perdu 200 mètres en sept ans. Une des conséquences de la déforestation et de l’extraction des blocs de coraux. (source : lexpress.mu)

A Madagascar : la mangrove ultime recours de certains villages face à la montée des eaux
Depuis 1996, une campagne de sensibilisation est menée pour que les habitants puissent contribuer à la protection de la barrière corallienne.

Est-ce que la dégradation climatique se fait sentir dans les îles de l’océan Indien ? Pour y répondre, la Commission de l’océan Indien à travers le projet ISLANDS a invité douze journalistes de la région dans ce village du Sud de Tuléar. L’objectif était de les sensibiliser au développement durable.

Après une heure en vedette de Tuléar, nous arrivons à Soalary, un village balnéaire. De là, c’est à bord d’un Land Cruiser que nous rejoignons Beheloka en empruntant une route à travers les sables. Dans ce petit village de 14 000 habitants, l’océan continue à gagner du terrain. La forêt qui retenait le sable a disparu depuis 2005. Les arbres ont été coupés pour la construction des maisons.

Gaëtan Tovondrainy, représentant de la World Wildlife Foundation - organisation chargée de la sensibilisation des habitants - explique que les vagues ont entraîné une grande quantité de sable brisant ainsi la barrière de corail : « Les arbres retenaient le sable. Quand ils ont été abattus, les grosses vagues ont commencé à entrer dans le lagon et à envahir les plages ».

Un constat qui inquiète les Malgaches de cette région. Les habitants de Beheloka prévoient même de déplacer tout le village d’ici à 2013, vu que la mer va encore gagner du terrain. « Nous devrons reconstruire les maisons. On le fait souvent parce que l’eau a gagné une bonne partie du village. Maintenant, nous avons même un marché qui a disparu, envahi par l’eau », confie Jean-Francois Retsipa, ancien pêcheur âgé de 56 ans, qui est, à présent, le responsable du comité de surveillance de Beheloka.

Ce comité est composé d’une trentaine d’hommes chargés d’assurer la protection des récifs en contrôlant la pêche dans les eaux de Beheloka. L’association s’occupe de vérifier les prises des pêcheurs pour, non seulement, contrôler la taille des poissons mais aussi la quantité.

Mais les bénévoles au sein de cette association travaillent avec peu de moyens. « Nous aurions besoin de vedettes pour arriver à contrôler la pêche. Nous le faisons uniquement avec des jumelles », précise Jean-Francois Retsipa. Cet homme, visiblement marqué par de nombreuses années de travail en mer, avoue qu’il a fait face à la réticence de certains pécheurs au début de la sensibilisation.

Heureusement pour lui, les habitants ont vite compris qu’il fallait agir pour éviter que la situation ne s’empire. Les membres du comité de surveillance dressent de moins en moins de contraventions. Ce qui diminue paradoxalement les recettes et les moyens de l’association. Les habitants de Beheloka seraient même prêts à reconstruire une mangrove pour retenir le sable.

La mangrove fait fi des vagues

Cet écosystème empêche l’érosion du sable et, donc, la dégradation des barrières de corail. Mais il est devenu un arbre protégé dans la Grande Ile car son bois est connu comme étant des plus résistants.

A Ambondrolava, un autre village, situé à 13 km de Tuléar, la mangrove n’a pas entièrement disparu. Les autorités malgaches et la WWF ont créé une fondation pour la plantation, la restauration et la protection de mangrove, en 2008. Cinq autres villages de la région sont concernés par ce projet qui représente une alternative d’emploi pour les anciens pêcheurs.

La superficie humide d’Ambondrolava s’étend sur 600 hectares. Les dégâts de la déforestation s’échelonnent sur 250 hectares. Et comme pour le comité de surveillance de pêche à Beheloka, les membres de la fondation pour la gestion de mangroves se chargent de veiller à la coupe des arbres. Car les habitants ont toujours le droit d’exploiter les mangroves pour la construction mais l’opération est contrôlée par les gardiens placés dans chacun des cinq villages.

Jusqu’ici, 40 % de la superficie dégradée a été restaurée. Philémon Eugène, responsable de la réserve, souligne que ceux qui souhaitent abattre des palétuviers sont obligés de verser une contribution pour avoir le droit d’exploitation.

La mangrove constitue aussi un habitat prisé par 67 espèces d’oiseaux, les crevettes, les crabes, les petits poissons qui sont d’ailleurs élevés dans cette réserve.

La sensibilisation à la protection des palétuviers a pris de l’ampleur du côté des villageois. Le 26 juillet de chaque année, à l’occasion de la fête de la mangrove, les habitants se mobilisent pour planter ces arbres. Un premier pas vers la restauration complète…

N.R.

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