Brèves Madagascar

A Madagascar, les excréments des détenus recyclés en combustible

Mercredi 22 Juin 2016

Photo Médicap Madagascar
Photo Médicap Madagascar
Le système n'est en soit pas nouveau, mais c'est une première à Madagascar.

Mardi 21 juin, à la prison de haute sécurité au sud d'Antananarivo, était inauguré le « Biogaz », un système écologique d'assainissement des latrines des détenus. A la tête de ce projet : le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour l'océan Indien, grand soutien de l'administration pénitentiaire malgache qui dénonce la surpopulation, la malnutrition, les problèmes sanitaires, une véritable crise humanitaire dans les prisons du pays.

A la prison de haute sécurité de Tsiafahy, à une vingtaine de kilomètres au sud de la capitale, un système écologique d'assainissement des latrines des détenus a été mis en place. Au pied du mur d'enceinte : un gros dôme en béton sort du sol...

Jean Vergain est ingénieur au Comité international de la Croix-Rouge : « C’est un biodigesteur. Donc l’idée est de collecter les excréments des détenus, de produire du biogaz afin d’alimenter une partie de la cuisine. [...] Avec la production de gaz, nous allons économiser du bois de chauffage qui est normalement utilisé pour la cuisson ». Et in fine, une réduction des coûts pour l'administration pénitentiaire.

Mais, pour la Croix-Rouge, comme pour Claude Randrianaina, le directeur de la maison d'arrêt de Tsiafahy, ce système ingénieux ne fait pas tout : « Oui, le biogaz, c’est très utile pour éviter de jeter les déchets. Mais il n’aide pas à résoudre les problèmes de surpopulation ». En effet, cette prison de haute sécurité accueille 900 personnes. C'est trois fois plus que sa capacité réelle. Et cette surpopulation carcérale généralisée est amplifiée par un autre facteur, symbole là encore d'un dysfonctionnement global du système judiciaire : à Madagascar, 70% des 22 000 prisonniers comptabilisés sont de simples prévenus, en attente de jugement.

Source RFI
N.R.

Infos Diaspora | Brèves Madagascar