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Abus d'enfant: L'inceste en recrudescence à Madagascar

Vendredi 3 Juin 2016

africapress
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Les abus sexuels perpétrés par des pères biologiques s’accroissent. Selon l'Express de Madagascar la détérioration de la structure familiale en est une raison.

Un père de famille a été placé sous mandat de dépôt à Antanimora la semaine dernière. Il est soupçonné d’avoir abusé sexuellement de sa fille de 4 ans. Cette dernière l’aurait dénoncé d’avoir touché ses parties intimes, d’après une histoire qu’elle a racontée à sa mère. « Je n’ai pas pu savoir ce qui s’est passé car j’étais occupée à mon travail. Ma fille n’a pas été déflorée mais j’ai quand même porté plainte pour la protéger», explique la mère, le visage traumatisé.
Quelques semaines auparavant, un autre père de famille aurait reconnu avoir violé ses deux filles et à plusieurs reprises. L’une, âgée de 12 ans, et l’autre âgée de 7 ans. «Leur mère est décédée depuis un certain temps. Il s’est occupé tout seul de ses enfants, c’est là que ses idées farfelues ont germé et ont viré à ce drame. Il a commencé ses actes en 2015 et les a poursuivis jusqu’au début de cette année. C’est écœurant de voir ces enfants traumatisées, sans repères avec la perte de leur mère et la violence sexuelle de leur père», raconte une personne proche du dossier.
Les actes de viol, commis par un père biologique ou l’inceste, sont des réalités fréquentes à Madagascar. Ils se sont même accrus, si on se réfère aux statistiques du centre Vonjy à la maternité de Befelatanana, appuyés par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef).

Recrudescence

En fait, entre janvier et décembre 2015, les responsables de ce centre ont enregistré huit cas d’inceste contre huit autres cas, entre janvier 2016 et mai 2016. «Un cas en janvier, un en février, trois en mars, deux en avril et un en mai », détaille un responsable de ce centre. Au total, l’inceste représente 8% des viols enregistrés dans ce centre.
« La déchéance de la relation entre le mari et la femme peut être à l’origine de ces actes. On peut les éviter en respectant la structure familiale dont le statut du père, de la mère et de l’enfant», souligne le Dr Lanto Ratsifandrihamanana, neuro-psychiatre.
Le ministre de la Popu­lation, de la protection sociale et de la promotion de la femme (MPPSPF), Onitiana Realy n’a pas manqué de passer des messages pour la prévention des viols, lors du lancement officiel du mois de l’enfance, à Ambalavao Isotry, hier. « Veiller à ce que ce soit des personnes de confiance, et si possible des femmes, qui gardent vos enfants, au cours de votre absence », précise-t-elle.

Miangaly Ralitera
N.R.

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