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Affaire Mamodtaky : le parquet requiert la perpétuité (suite du procès)

Dimanche 24 Février 2013

Les Remtoula, entre confiance et appréhension (photos S. G.)
Les Remtoula, entre confiance et appréhension (photos S. G.)
"Condamnez Mamod Abasse Mamodtaky pour assassinats et tentatives d’assassinats à la réclusion criminelle à perpétuité pour faire écho à la barbarie du carnage." (source : clicanoo.re)

C’est sur cet appel aux jurés de la cour d’assises de Créteil que Jean-Paul Content, avocat général, a conclu son réquisitoire.

Trois semaines après le début du procès de Mamodtaky, accusé de la tuerie de Fenoarivo en avril 2001 (cinq morts et cinq blessés dans la famille de son ex-femme) à Madagascar, le verdict devrait être rendu hier. L’audience a débuté avec les plaidoiries des parties civiles qu’a conclues Jean-Michel Baloup. L’avocat, provocateur, a entamé : « Il faut acquitter Mamodtaky non parce qu’il est innocent, mais parce que Gérard Demmer, au zèle déplacé, est coupable, parce que le juge malgache Victorine a prononcé un non-lieu en 2002, parce que les témoins qui ne mentent pas sont tous à décharge, parce qu’Anita Remtoula est un maillon faible… » Il conclut en démontant cet argumentaire et en affirmant la culpabilité de Mamodtaky. L’avocat général a lui aussi anticipé les attaques de la défense, reconnaissant que le policier Gérard Demmer s’était « trop investi personnellement », mais qu’il avait permis de « déterrer un dossier que la justice malgache avait enfoui ». Il a invectivé des magistrats corrompus, « se couchant sur les valeurs qu’ils sont censés défendre », un médecin colonel « payé par Fazila », la sœur de Mamod… Et souligne que les deux autres coaccusés, Damdjy Riazhoussen et Jean-François Crozet, n’ont pas appel.

"Il mangeait avec le procureur général"

Il retient de l’expertise balistique que trois tireurs ont fait usage de trois armes. Yohan Babar Ali a été identifié et a permis de retrouver la Kalachnikov. Crozet a dénoncé Mamod. Babar Ali et Crozet ont parlé de la Twingo blanche aux vitres teintées sur les lieux du crime, celle de Mamodtaky que l’on n’a jamais retrouvée… Et deux témoins ont vu Mamodtaky à son volant le jour des faits. « Le trio de Fenoarivo tient plus d’une bande de pieds nickelés que de professionnels, mais des pieds nickelés qui tuent. »

L’axe de la défense, a encore anticipé le ministère public, est de « mettre en cause les autorités malgaches dans un climat de corruption généralisée », où Mamodtaky arrosait politiques et magistrats. « Il mangeait avec le procureur général, connaissait bien le president Ratsiraka et aurait eu une liaison avec sa fille… Anita était au courant et remet des documents compromettants à un candidat à la présidentielle. » C’est ainsi que l’accusé livre « la fable du complot, du crime politique » : le pouvoir décide de faire tuer Anita et ce qui les dédouanera, c’est que Mamod sera le suspect numéro 1 en raison des conflits avec les Remtoula et sa femme… Alors les autorités l’exfiltrent. « Ainsi est lancée la piste politique », avance Jean-Paul Content qui n’y croit pas : « Les autorités n’auraient pas choisi des tueurs dans l’entourage familial de Mamodtaky. » Le coup aurait été monté par Damdjy et son employé Crozet, Vasram, le père de Mamod, sa sœur Fazila et son compagnon Babar Ali, « dans le dos de Mamod ? »

Alors l’avocat général expose les motifs : « Le 25 avril 2001 devait se tenir le procès de Mamodtaky pour violences contre le père d’Anita et, dans le même temps, la conciliation de divorce entre Mamod et Anita, audience au cours de laquelle le juge devait statuer sur la garde de leur fille Chahista. Et Mamod sait qu’Anita veut dénoncer « la corruption, les magouilles et les faux ». « Mamod a intérêt à la disparition d’Anita et il doit agir vite. » D’ailleurs, l’appel téléphonique du 26 avril de Mamod à Anita est éloquent : « Je te donne encore huit jours. Il faut dégager ma mère et ma sœur… » Elles avaient été retenues la veille à l’aéroport avec Chahista, interdite de sortie du territoire à la demande de sa mère… Il avait conclu l’appel en revendiquant la tuerie et « même de la poursuivre ».

"Il y a eu cinq morts, ça m’a coûté 5 milliards de francs malgaches"

Et si l’accusé affirme qu’il était en mer au moment de cet appel, l’enquête révèle qu’il était encore à quai à Tamatave. « Il existe des charges et, en sa faveur, un alibi. » Sa présence a Antsirabé avec Marianne Rafizanimanana. Celle-ci s’est rétractée en 2007 avant de confirmer à nouveau l’alibi à Créteil. Marianne a pourtant révélé en 2007 ce que Mamod lui avait dit : « Il y a eu cinq morts, mais ça m’a coûté 5 milliards de francs malgaches, 1 milliard par tête ». Et Jean-Paul Content conclut : « L’accusé n’a pas d’alibi »

FXG, à Créteil
N.R.

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