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Colloque pour le 150 è Anniversaire de la Presse Malgache à la Sorbonne ce 15 juin 2016

Samedi 18 Juin 2016

Les coordonnateurs de ce colloque, James Ramarosaona, ancien Président de l'Ordre des Journalistes de Madagascar et Béarisoa Rakotoniaina, Chercheur associé au Centre Roland Mousnier à l'Université Paris-Sorbonne ont, par le choix et la qualité des intervenants et des thèmes traités permis aux auditeurs de suivre l'évolution de la presse d'hier et d'aujourd'hui.

Le discours d'ouverture prononcé par le Professeur Solofo Randrianja a été suivi par la présentation du Professeur à l' Université d'Antananarivo Madagascar, Lucile Rabearimanana sur "Madagascar, 150 ans de presse écrite : panorama" en visio-conférence.

Cinq tables rondes se sont ensuite succédées durant cette journée avec notamment comme thème, dans la première, "la naissance de la presse malgache" vue par Henri Rahaingoson, présentée par Francine Ranaivo, Présidente Fondatrice de l'AIFM suivi par la présentation de James Ramarosaona de "Teny Soa, premier journal malgache" et "Le protestantisme à Madagascar vers la fin du XIXè siècle et les journaux Sakaizan'ny ankizy madinika et Sakaizan'ny tanora" par Jean Ravalitera, Docteur en théologie

Dans la deuxième table ronde intitulée "La presse face à l'enjeu politique de la fin du XXé siècle et le contexte de la colonisation", sont intervenus respectivement, le Professeur Lucile Rabearimanana, " Presse et colonisation : diversification et intervention du politique" et Denis Alexandre Lahiniriniko, Maître de conférence en Histoire et Conseiller culturel auprès de la représentation de Madagascar auprès de l'Unesco à Paris sur la " Contribution de la presse dans la naissance de la Nation malgache",

La troisième table ronde porte sur les "Médias et développement pendant les deux premières Républiques " avec la participation de Béarisoa Rakotoniaina sur "La vulgarisation des informations sous le régime Tsiranana" et Jean Claude Rabeherifara, Sociologue et journaliste à la Revue Aujourd'hui l'Afrique sur "la presse militante à Madagascar".
Plusieurs témoignages des pionniers de la Radio Nationale Malgache (RNM) ont été apportés respectivement par Sabine Rakotozafy et Mandimby Andrianarisoa, tous deux anciens journalistes de la RNM, sur le rôle joué par la radio dans la diffusion du socialisme Malgache, des conditions d'exercice de la profession, mais aussi de la décentralisation de l'information au travers des BLU

Dans la quatrième table ronde sur "Les médias et les organisations professionnelles", Anny Andrianaivonirina, Présidente du centre de presse malgache, Enseignante au Département interdisciplinaire de Formation Professionnelle à l'Université de Tananarive, a parlé des "Enjeux des Associations de presse à Madagascar", suivi par l'exposé de James Ramaosaona sur "L'histoire de l'Ordre des Journalistes de Madagascar" et celui de Béarisoa Rakotoniaina sur "Le quotidien des crieurs de journaux dans l'agglomération d'Antananarivo".
Deux visio-conférences présentant respectivement le "Plaidoyer pour le photojournalisme" par Daniel Rakotoseheno, dit Dany Be, photographe journaliste et reporter d'images et la "Présentation d'un Centre de Formation de journalisme à Madagascar : ESSVA ont clotûré cette partie.

Lors de la dernière table portant sur "L'exercice de la libéralisation des médias", plusieurs thèmes ont été développés notamment "La presse et le développement" par André Rasolo, Professeur de Sociologie politique et membre de la société civile, "La radio rurale au service du développement" par Seva Mboiny Simon, Consultant et ancien directeur général de l'ORTM, "Les lacunes de la presse malgache en matière économique et financière" par l'ancien Ambassadeur de Madagascar à Genève et représentant du CDE à l'extérieur et pour terminer, "Les publications catholiques au coeur des médias malgaches" par Liva Eliasy, ancien rédacteur en chef du Magazine Olombaovao (France), Correspondant de Lakroan'i Madagasikra en France.

Des témoignages de quelques médias en ligne dont Madaplus.info avec la présentation de Lala Haingo Rajaoarisoa, journaliste à Madaplus.info et Bel'Afrika Média et membre de l'Union Internationale de la Presse Francophone, sur l'avènement des nouvelles technologies de l'information, ses opportunités et ses limites et Mamitiana Raberaona avec la naissance de la dernière -née de la presse en ligne en France, "Gasy pora" ont été apportés avant la cérémonie de clotûre . La conclusion générale du colloque a été présentée par Jean Fremigacci juste avant le discours de clotûre du Professeur Dominique Barjot.

Panorama de la presse malgache :
Dès le XVIIè siècle, les nouvelles se colportaient dans toute l'île de manière orale.
La presse écrite a été le catalyseur des échanges d'informations. On parle alors de modernité à l'occidental avec ses côtés positifs et négatifs dont la censure.
La naissance de la presse écrite à Madagascar peut être qualifiée de "fille de l'occidentalisation".
Avec l'implantation des Jésuites britanniques et français, entre 1817 et 1820, on assiste à l'occidentalisation du Royaume. L'ensemble de la presse paraît à Tananarive. Cette presse est avant tout, confessionnelle au départ, et se diversifie par la suite.
En Janvier 1866, le journal "Teny Soa" prêchait la bonne parole, luthérienne ou catholique pour les lecteurs malgaches. Les articles portaient sur les pratiques religieuses, sur la culture et la civilisation occidentale.
En 1877, paraissaient les journaux, "Sakaizan'ny ankizy madinika, et Sakaizan'ny tanora" à but éducatif. Une place prépondérante est accordée à la famille, lieu d'apprentissage de la vie sociale ainsi que la notion de Fihavanana, la fraternité traditionnelle malgache.
Malgré la Révolution Industrielle, certains journaux français à destination des hommes d'affaires français étaient diffusés sur Tananarive, Tamatave et Diégo.
Cette époque correspond également à l'envoi de corps expéditionnaire français et l'institution de l'indigénat
La presse littéraire fait son apparition vers 1900, publiant des poèmes, des nouvelles, des articles culturels pour parfaire l'oeuvre civilisatrice de la France à Madagascar.


C'est également à cette époque que naît la presse d'opposition pour lutter contre les restrictions et la perte de la souveraineté avec la parution de Basyvava.
On assiste à l'apparition de la presse anti-colonialiste française après la guerre de 1914-1918. Cette presse est le porte-parole des intellectuels malgaches, L'Opinion, Le Réveil Malgache, L'Aube Nouvelle qui revendiquent la suppression de l'indigénat et l'égalité des Droits entre Malgaches et Français.
En 1936, paraît une presse d'opinion en malgache, Jean Ralaimongo et La Nation, deux journaux d'expression libre.
La presse malgache nationaliste est foisonnante après la seconde guerre mondiale et revendique l'indépendance de Madagascar.
De 1945 à 1960 une législation restrictive et la censure entraînent la disparition progressive de cette presse nationaliste.
Le contrôle des journaux qui s'opposaient au pouvoir commence.
La répression commence dès 1947 avec l'arrestation et la traduction en justice des journalistes suivies de la suspension des journaux, "Teny Miera et Ny fandrosoana" qui deviennent par la suite "Hiteny miera et Fandrosoam-baovao"qui luttaient pour une République malgache.
Les nouvelles transmises par les nationalistes transitent par les chauffeurs de Taxi-brousse, les cheminots et les charretiers.
La seule presse écrite est celle distribuée par l'autorité locale auprès des malgaches.
De 1958 à 1964, les informations transmises par la radio et le cinéma étaient des outils de base pour la consolidation du pouvoir.
De 1964 à 1968, la presse était l'instrument de la vulgarisation des informations en faveur du développement économique, avec "L'opération Transistor" dont l'objectif était de diffuser l'information à grande échelle sur toute l'île.


Depuis 1960, la presse est le témoin de l'instabilité politique au pays et se traduit par l'absence de liberté jusqu'en 1990.
De 1972 à 1975, il y eut cependant un petit intermède favorable.
Sous l'autoritarisme de la Ière République et la Révolution sous la 2nde, la liberté de la presse est un vain mot.
Deux journaux d'opposition, Tolona du Monima et Imongo vaovao de l'AKFM apparaissent.
Toutefois, la presse malgache, inférieure en tirage et en format connaît un net recul par rapport à celle qui s'exprime en Français. Le quotidien est riche en titre, en image et en publicité mais aussi en tirage.
En 1973, l'ascendance militaire de l'information se fait ressentir. La transmission des informations se font à partir des préfectures. On assiste à la percée de la communication mais aussi à l'empreinte militaire de son exploitation avec Le Lieutenant-Colonel Joël Rakotomalala, alors à la tête du Ministère de la Communication.
De 1975 à 1990, avec l'avènement du régime socialiste malgache, la radio est très efficace pour mener une politique nouvelle. Le journal parlé est l'ossature stratégique pour faire accepter la politique du socialisme. Les nouvelles de l'Etat font l'objet de divers communiqués. Le journal parlé était dirigé par un officier général. L'appellation de journaliste n'était pas admise. Les journalistes étaient considérés comme des fonctionnaires et étaient soumis à la censure.
Des journaux d'opposition du parti pour le pouvoir prolétarien "Andry et Tselatra" font leur apparition. Andry s'analyse plus comme un journal de réseautage des organisations de gauche et Tselatra, un hebomadaire bilingue, journal insolent, impertinent que le Gouvernement Ramanantsoa a fait taire.
Un journal nationaliste d'opposition "Telo no refy " fête ce mois ces 60 ans avec sa première diffusion en 1956.
A partir de 1990, la circulation de l'information change avec l'avènement d'internet. La censure est, cependant, encore bien présente. Cette époque se traduit par le monopole de la presse entre les mains de groupes politiques ou d'hommes influents.
A l'heure actuelle les nouvelles dispositions de lois sur la communication créent la polémique et génèrent une levée de bouclier, notamment l'article 20 de la loi sur la cybercriminalité, que les journalistes considèrent comme une restriction de la liberté de la presse.


Lala Haingo Rajaoarisoa

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