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DU RETOUR DE L’INDEPENDANCE, A UN SIECLE D’OUBLI…

Mercredi 2 Août 2017

Jéremie Ravahimanana, consul honoraire de Madagascar- Grand Ouest (26 juin 2017)
Jéremie Ravahimanana, consul honoraire de Madagascar- Grand Ouest (26 juin 2017)
En juin 1917, les premiers contingents US mettent pieds sur la France. Le 26 juin très exactement, les
« Sammies » de la First Division débarquent dans la rade de Saint Nazaire, où une base d’aérostats a été aménagée pour accueillir près de 200 000 soldats, 3 tonnes de marchandises et 42 000 chevaux.

Dans leurs bagages, les Américains sont aussi venus avec une partie de leurs cultures, en l’occurrence la musique jazz, le basket-ball et le baseball. Des disciplines qui sont désormais fortement ancrées dans la société française et même au-delà des frontières.

Pour le Grand-Ouest, la Commune de Saint-Viaud a également joué un grand rôle dans ce conflit, puisque c’est sur son sol que la base des ballons dirigeables est implantée. Tout comme la Commune de Paimboeuf, où en 1916 a été construit l’usine d’armements et de produits chimiques destinés à ravitailler les troupes.

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Mais dans cette guerre, il n’y avait pas seulement que les soldats qui se battaient aux fronts. Il y avait aussi ceux qui y ont contribué, même dans l’ombre, souvent méconnus du public. Des Malagasy ont fait partie de ces « oubliés » de l’histoire.

Affectés dans les usines de produits chimiques destinés à la fabrication d’explosifs, ces ouvriers qu’on appelait « Les travailleurs coloniaux » opéraient dans des conditions difficiles et n’étaient non plus habitués au climat. Quatre de nos compatriotes font partie des victimes de maladie pulmonaire. Ils reposent désormais, au carré militaire du cimetière de Paimboeuf.

26 juin 1917-26 juin 2017. Coïncidence du calendrier ou pas, le Consul Honoraire de Madagascar Jérémie Gordien RAVAHIMANANA a tenu à marquer ce centenaire pour effectuer son devoir de mémoire, envers ces compatriotes morts pour la « mère patrie »

Certes ces victimes étaient « Français », puisque Madagascar était sous protectorat français à cette époque, mais ils étaient toujours malgaches dans leur âme et dans leur cœur. Pour le Diplomate malgache, l’hommage rendu à ces hommes est une façon bien meilleure qu’une autre de célébrer la fête nationale. Le retour de l’indépendance de Madagascar.

Ces hommes ont perdu leur vie, loin de chez eux, loin de leurs proches mais pour une bonne cause : LA PAIX. Cette notion de quiétude a été évoquée par tous les orateurs, tant civils, militaires, que religieux, durant cette commémoration.

Pour sa part, le Représentant malgache a emprunté une pensée de Elie Wiesel pour transmettre son message : « LA PAIX N’EST PAS UN DON DE DIEU A SES CREATURES, C’EST UN DON QUE NOUS NOUS FAISONS LES UNS AUX AUTRES »


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Mais pour Jérémie Gordien Ravahimanana, la circonstance lui a offert l’opportunité d’évoquer les relations internationales qu’entretient Madagascar avec les pays partenaires, dont spécialement la France. Un appel a même été lancé pour visiter la Grande Ile, terre naturelle et authentique.

De son entretien avec certaines autorités de cette Région Sud Estuaire, on a appris que des rencontres seront programmées afin de définir, et pourquoi pas de concrétiser, des projets de coopération. Le Maire de St Viaud a même évoqué la possibilité de jumelage avec des Communes à Madagascar.

A analyser ces perspectives, la diplomatie économique semble être sur la bonne voie. Ces initiatives se joignent à la nouvelle orientation prônée par la Présidence de Madagascar, quant aux relations internationales, dont les retombées attendues profiteront largement au peuple malagasy.

Dans le cadre de la célébration du retour de l’indépendance de Madagascar, Le Consul Honoraire du grand Ouest un « ASARAMANITRA » plein de joie, de bonheur et d’espérance, aux dirigeants et à tous les malagasy, où qu’ils se trouvent.

Le dépôt de gerbe en leur mémoire sur la stèle de Paimboeuf est certes symbolique. Mais le message véhiculé par la première autorité officielle malgache ayant fait le geste, montre que Madagascar n’oublie pas le courage et le dévouement de ces jeunes hommes. Même un siècle après.

Identité de ces infortunés de Paimboeuf :
• RAMASIZANAJATO, 26 ans, mort d’une broncho-pneumonie grippale le 07 février 1918
• RAFOANA, 22 ans, mort d’une maladie (non citée) le 18 avril 1918
• RAKOTOMANGA, né en 1899, mort pneumonie gauche le 08 Mai 1918
• RAMASY, mort d’une congestion pulmonaire le 07 avril 1918
N.R.

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