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Hélène et Michel Brosille : un engagement fort à Madagascar

Mercredi 16 Décembre 2015

Helène et Michel Brosille ont passé deux ans à Madagascar de 2003 à 2005. Ils y retournent deux ou trois mois presque tous les ans, afin de continuer leur mission dans l’école de formation des enseignants luthériens (SFM), avec les formateurs malgaches.

Du 21 septembre au 3 décembre 2015, Hélène et Michel sont retournés à Madagascar, un séjour double qui se situe, sur le plan institutionnel, dans le cadre des envois courts.

Accueillis au sein de l’Eglise luthérienne malgache, ils travaillent à l’Ecole Normale Luthérienne (appelée SFM – initiales malgaches), un centre de formation d’instituteurs et professeurs fondé par les missions norvégiennes. L’Église luthérienne norvégienne est présente depuis plus de deux cents ans dans la Grande île.

Les promotions – en général deux par an – sont composées d’une centaine d’élèves. Leur formation, à leur arrivée, est diverse : les « élèves maîtres » ont le brevet des écoles ou le bac et sont âgés de 18 à 35 ans. Pour certains d’entre eux, c’est la première fois qu’ils quittent leur village pour loger à l’extérieur, en l’occurrence dans l’internat. Du coup, l’ambiance du lieu est un peu particulière : chaque étudiant est amené à découvrir les différentes régions de Madagascar à travers ses relations avec les autres élèves maîtres.

À Madagascar, selon l’Unicef, à peine 9 % des enfants sont scolarisés en maternelle. Par ailleurs, avant la crise de 2009, 83 % des enfants allaient à l’école primaire, un taux tombé aujourd’hui à 73 % et qui peine à se relever. On comprend l’intérêt que porte l’Eglise à la formation de maîtres pour les écoles primaires.

De nouveaux défis

Depuis septembre 2015, un nouveau projet a débuté à la SFM, en accord avec les bailleurs de fonds (la mission norvégienne), et qui représente un vrai défi : inclure des professeurs et des enfants handicapés dans le cursus scolaire des enfants valides.
Leur but : démontrer le rôle crucial de l'inclusion d'enfants handicapés dans le système scolaire "normal".

Actuellement, quatre aveugles et trois sourds font partie des élèves maîtres. L’idée consiste à apprendre à ces futurs professeurs à adapter leur pédagogie en fonction des élèves et de leur handicap, potentiel ou avéré.

L’autre grande nouveauté est la communication dans la langue des signes. Elle nécessite une réorganisation et un aménagement du temps ainsi qu’une forte évolution pédagogique. La difficulté est d’adapter la pédagogie pour que les traducteurs en langage des signes n’aient pas trop de mal à faire leur travail, et ajuster les supports, visuels ou tactiles, au handicap.

C’est un effort supplémentaire demandé aux formateurs, mais qui porte ses fruits : autrefois isolés voire rejetés, les handicapés sont désormais pris en charge.

Par ailleurs, Michel enseigne à chaque élève maître à être un agent de développement de l’environnement. En effet, la formation intègre des volets « pratiques » dans lesquels on apprend aux enfants ce que signifie protéger son environnement : il s’agit non seulement de sauvegarder la nature et respecter les écosystèmes, mais également de se comporter comme un citoyen responsable, développer son village et entretenir des relations harmonieuses avec autrui.

Un programme de remise à niveau

L’avantage dont disposent Hélène et Michel Brosille, c’est de bien connaître le terrain. Pendant deux ans, ils ont pu observer le fonctionnement de l’Ecole normale. Ils font partie de l'équipe des formateurs et essayent de donner l'opportunité aux élèves maîtres de parler français.

Paradoxalement, la bibliothèque représente à la fois un « plus » certain, mais également un défi à relever, car, dans une culture de tradition orale, donner l’habitude de la lecture aux stagiaires n’est pas chose facile, tout comme la pratique du français de l'anglais et la découverte de l'informatique.

Dès qu’ils ont achevé leur cursus, les élèves maîtres espèrent obtenir un emploi car l’école a bonne réputation. Certains passent des concours qui leur permettent de postuler ailleurs que dans l’enseignement, d’autres obtiennent leur baccalauréat.

Cependant, la vocation première de l’école reste la formation des enseignants destinés à alimenter les écoles luthériennes malgaches. Ce n’est qu’au vu du modeste salaire qui leur sera versé (l’équivalent de 30 € par mois en moyenne, que l’on doit ramener à l’échelle économique du pays où, selon la Banque mondiale, le revenu brut par habitant est de l’ordre de 36 dollars (32 €) par mois) que l’on comprend que certains utilisent cette formation comme un tremplin pour améliorer leur sort.

Hélène Brosille a fait un sondage : sur dix promotions de la SFM, soit un millier d’enseignants environ, 70 % restent dans l’éducation, mais seulement 40 à 45 % au sein de l’Eglise. Les autres, pour la plupart, entrent dans la fonction publique, où les salaires sont plus élevés.

Des conditions particulières

Depuis deux ans, l’école reçoit l’électricité grâce à un barrage hydraulique local. Un privilège, car il n’y a que 11 % de la population, notamment en ville, qui y a aujourd’hui accès. L’internat dispose également de l’eau courante.

Côté matériel, le Défap – qui a par ailleurs financé le laboratoire de sciences – offre à chaque élève maître, avec des amis, un dictionnaire et un livre d’aide à la lecture. Le ministère malgache de l’Éducation nationale fournit, quant à lui, des manuels. Hélas, ceux-ci sont parfois très complexes, au point qu’il arrive même qu’ils soient inutilisables dans la pratique.

Ancrer l'éducation dans la réalité

Pour Hélène et Michel Brosille, il est important d’intégrer dans l’enseignement ce qui participe des habitudes et du vécu des élèves. Par exemples, Michel propose aux élèves maîtres des sorties durant lesquelles ils peuvent ramasser des plantes afin de cultiver eux-mêmes celles qui leurs sont familières.

Ce programme ne pourrait exister sans l’aide des Eglises de France et du Défap et c’est ainsi que se vit l’Église universelle, dans une foi de tous les jours qui unit les chrétiens d’un bout à l’autre de la planète.

Source : Defap.fr

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