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Hery Rajaonarimampianina interview

Samedi 22 Mars 2014

« J'ai toujours proné un gouvernement d'ouverture, incluant différents critères, politiques, régionales, mais aussi et surtout l'efficacité. Parce qu'on est là pour combattre la pauvreté.»

RFI : Vous rentrez de Washington où vous avez rencontré les bailleurs de fonds. Quelles contreparties douloureuses exigent le FMI et la Banque mondiale en échange de leur futur programme de soutien pour la Grande île ?

Hery Rajaonarimampianina : On n’a jamais parlé de contreparties douloureuses !

Il y en a toujours avec le FMI et la Banque mondiale...

Non. Moi je n’ai pas discuté de conditionnalités. Je pense que ce qui serait à souligner, c’est cette volonté du Fond monétaire international d’appuyer rapidement Madagascar à travers un financement rapide, un financement d’urgence et à mettre en place un cadre pour le moyen terme.

Donc il n’y aura pas de privatisation, pas de dévaluation ? Les subventions au carburant sont préservées ?

En tout cas, on n’a pas parlé de conditionnalités. Et s’il devait y avoir des conditions sur ces dossiers-là, je pense que nous sommes disposés à négocier dans l’intérêt du pays.

Est-ce que des réformes de ces quatre secteurs-là vous semblent nécessaires ?

En tout cas, les subventions, je souhaiterais les maintenir encore un tout petit peu dans le cadre d’un avenir prévisible. Si on veut enlever les subventions, c’est parce que de notre côté aussi on est capables de compenser.

Est-ce que vous avez l’impression qu’il vous faut un bon gouvernement inclusif qui représente donc les différentes sensibilités, pour pouvoir porter des réformes courageuses ?

J’ai toujours prôné un gouvernement d’ouverture. Donc ça peut inclure différents critères qui peuvent être politiques, qui peuvent être aussi des appartenances régionales, mais aussi et surtout l’efficacité, parce qu’on est là pour combattre la pauvreté.

Madagascar attend toujours son nouveau Premier ministre. Est-il envisageable de passer outre la Haute cour constitutionnelle, selon laquelle c’est la majorité au Parlement, c'est-à-dire le parti Mapar d’Andry Rajoelina, qui doit proposer un Premier ministre ?

Je pense que c’est là la difficulté aujourd’hui : l’interprétation qu’on se fait de cette notion de majorité.

Plusieurs groupes revendiquent cette majorité...

Mais oui, parce que l’avis qui a été donné par la Haute cour constitutionnelle était une majorité relative ! Alors que le commun des mortels pense que la majorité – et surtout lorsqu’on parle de stabilité – c’est une majorité à 50 %, donc une majorité absolue. Donc le débat est là. Je suis en train de convaincre les uns et les autres de se rallier à une approche qui ne serait pas loin de celle qui garantirait la stabilité.

La position de la HCC, c’est un avis ?

Oui, c’est un avis.

Ce n’est pas contraignant ?

Non. Ça ne lie pas le président de la République.

Vous pensez que la question sera réglée la semaine prochaine ou tout du moins avant le Sommet UE-Afrique début avril ?

C’est ce que j’espère bien.

Vous parlez de réconciliation. Est-ce que le retour sur la Grande île de l’ancien président Marc Ravalomanana est à l’étude ?

Je dis toujours qu’aujourd’hui ma préoccupation, ce sont les vingt millions de Malgaches, sans pour autant sedétourner de la question. Ce que je dis toujours aux gens, et j’en appelle même à M. Marc Ravalomanana, il doit se rendre à l’évidence qu’aujourd’hui les élections sont réalisées, le processus démocratique est lancé. S’il reste patriotique, qu’il laisse cette démocratie évoluer, qu’il laisse les gouvernants gouverner. Je pense que tout le monde peut servir son pays, même à l’extérieur !

Ce n’est donc pas une priorité. Une rencontre avec les quatre anciens dirigeants à Madagascar ou ailleurs, sera une priorité pour vous ?

On peut les écouter. Mais je pense que ça ne devrait pas être une contrainte majeure pour qu’on puisse avancer.

Les bailleurs de fonds sont sourcilleux sur les questions de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Or, la présidence a récemment reçu en cadeau 200 plus 150 véhicules 4x4... et l’on ne sait pas très bien pourquoi le donateur de ces véhicules se montre si généreux.

Il n’a pas été que généreux envers nous ! C’est le constructeur même de ces véhicules qui en est le donateur.

Quelle marque ?

La marque Santa Fe, le modèle Santa Fe de Hyundai, qui a été, me semble-t-il, vendu. Et il a donné – pas à moi au début – mais à un candidat à la présidence. Ensuite ça a été semble-t-il, donné à un autre… Et finalement lorsque j’ai été élu, ils nous ont contactés de manière officielle en disant : on vous les donne.

Et que voulez-vous ? On a vérifié quand même l’origine. C’était le constructeur qui nous les a donnés. Donc on a dit : il n’y a pas de doute sur la clarté de l’origine de ces véhicules. On a donc accepté !

Et derrière ce constructeur, il n’y avait pas le China Investmund Fund, qui est un gros opérateur chinois ?

Mais ils sont dans beaucoup de choses ! Donc moi, je ne regarde même pas ça.

Mais vous conviendrez que ces dons de véhicules alimentent des soupçons. Les gens se posent des questions. Il y a forcément des contreparties avec ce genre de cadeau.

En tout cas, moi je n’ai pas de contrepartie par rapport à cela. C’est à mon avis une question de jalousie.

(Source : http://www.rfi.fr/ )
Vola Rasoamanana

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