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Hugues Ratsiferana "Air Madagascar est confrontée à des problèmes multiples"

Mardi 8 Janvier 2013

Hugues Ratsiferana "Air Madagascar est confrontée à des problèmes multiples"
Lu sur le net : Le directeur général d'Air Madagascar s'exprime sur les déboires de la compagnie nationale de transport aérien, depuis quelque temps. Un jeu de la vérité à un moment où la société se trouve dans une situation plus que critique. (source : lexpressmada.com)

• Retard quasi systématique, grosse perturbation, annulation de vols, panne d’avions, la situation semble se dégrader davantage…

- Entendons-nous bien. À chaque vente, nous nous engageons à transporter le client en temps et en heure à sa destination finale, en toute sécurité. En cas d’incident technique, nos équipes interviennent immédiatement selon les strictes procédures en vigueur. Or, ces temps-ci, il arrive que la résolution de certains incidents techniques exige plus de temps que d’habitude en raison, notamment, de l’âge de certains appareils. Ceci a perturbé l’exploitation alors que le programme de vols est établi suivant le nombre d’avions disponibles. Malgré cela, nous avons tout fait pour honorer nos engagements, quoi qu’il advienne, comme la prise en charge des passagers ou l’affrètement d’aéronefs d’autres compagnies. En outre, le système de transmission d’informations de la compagnie doit être renforcé afin que les usagers soient mieux informés.

• Justement, n'y a-t-il pas un moyen d'anticiper ces problèmes ?

- Je vais vous donner un exemple pour mieux illustrer mes explications. Un avion est préparé pour effectuer un vol, une panne survient subitement avant l’embarquement. Pourtant, tout est déjà engagé, les passagers se trouvent à l’aéroport… c’est là que le bât blesse. En raison de l’enchevêtrement des événements, la circulation de l’information n’est plus fluide. Pour nous, tout est question de sécurité
des passagers, avant tout ! D’autres facteurs exogènes comme la vétusté des infrastructures et du matériel, le stress, ralentissent le traitement des passagers.

• Comment notre compagnie nationale en est-elle arrivée à ce stade ?

- En réalité, force est de constater qu’Air Madagascar est confronté, depuis un certain temps, à de multiples problèmes. Ceci est lié à beaucoup de facteurs : infrastructures, finances, structures et autres ressources. En conséquence, une profonde restructuration de la compagnie a été mise en place et en fait partie la délibération du Conseil d’administration de procéder à une augmentation de capital. Et ce, en cohérence avec le business plan qui vise à un retour à l’équilibre, d’ici 2014. De nouveaux investissements accompagnent cette restructuration de la compagnie, avec le renouvellement de la flotte en tenant compte des normes requises en termes de compétitivité, mais aussi des besoins de la compagnie et ceux du marché.

• Ces problèmes ont toujours existé, pourquoi n'arrive-t-on pas à les solutionner définitivement ?

- Vous savez, Air Mada­gascar a connu des moments difficiles depuis des années. Les dirigeants successifs ont fait ce qu’ils pouvaient, toujours est-il que certains problèmes restent d’actualité, malheureusement. Depuis plus d’un an, maintenant, nous avons commencé à restructurer. Nous avons fait l’acquisition des deux Airbus 340 avec nos propres financements. Des efforts importants ont été pris pour maintenir à flot la compagnie. Les choses ne sont pas faciles mais cela n’empêche pas certaines mauvaises habitudes de revenir en force. Certains essayent de déstabiliser la compagnie, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les facteurs de blocage sont multiples, comme la réticence face aux changements, alors qu’on est obligé de faire avec la mondialisation et la modernisation d’un côté et la concurrence régionale et internationale de l’autre. Il y a aussi les dettes héritées depuis longtemps, qui demeurent lourdes de conséquence pour la compagnie, actuellement, avec ce risque important de perdre la confiance des partenaires.

• Et au niveau du personnel ?

- Des difficultés existent au niveau des relations à l’interne. Autrement dit, je reconnais qu’il y a un malaise dans les relations interpersonnelles entre les membres du personnel de la compagnie, des simples agents aux dirigeants. Ceci résulte, probablement, de l’insuffisance des échanges et nous sommes en train d’y remédier en mettant en place un système de dialogue permanent avec le personnel. Le but est de trouver ensemble le meilleur moyen de redresser la compagnie.

• Des situations comme celle survenue à La Réunion risquent, donc, de se reproduire ?

- Depuis les événements survenus sur l’île de La Réunion, récemment, j’ai décidé de mettre en place, avec mon équipe, un système de suivi journalier des opérations, appelé Cellule de veille Info, ou CELVI. Dorénavant, toutes les opérations de suivi des vols, y compris les correctifs éventuels, ainsi que le traitement des informations chez Air Madagascar passent par cette cellule jusqu’à ce que la situation revienne à la normale, c'est-à-dire jusqu’à ce que le mode de fonctionnement et de réactivité soit automatique. Nous avons, par ailleurs, mis en place le système de « back up », aussi bien en avion qu’en ressources humaines, pour pallier aux défaillances éventuelles d’un appareil. Et ce, jusqu’au renouvellement de la flotte. Certes, nous avons eu des difficultés dont la résolution de certaines a pris plus de temps que d’ordinaire.

• On peut donc espérer un retour à la normale, bientôt…

- Nous allons mettre en place une nouvelle structure fonctionnelle qui a pour objectif de raccourcir la chaîne de prise de décisions et qui sera opérationnelle à partir du 15 janvier. En novembre 2012, nous avons obtenu le renouvellement des deux certifications de notre atelier de maintenance EASA part 145 et IOSA (agrément sur la qualité de la sécurité et sûreté des opérations aériennes et au sol). Depuis la mise en place de ces deux systèmes, le trafic est revenu pratiquement à la normale. Notre objectif, pour ce mois de janvier, c’est d’atteindre la régularité des vols à 80 %, la ponctualité à 70 % et relever le niveau de service au seuil attendu par les usagers.

• Et quelle perspective pour la compagnie ?

- Aujourd’hui, notre priorité est de retrouver la confiance de nos clients, de nos partenaires et de tous les Malgaches. Nous avons beaucoup à miser sur le retour de partenariats gagnant-gagnant, ceci pour trouver un équilibre de la gestion globale de l’entreprise. Nous avons un défi à relever dans le renouvellement de notre flotte et dans l’ouverture d’autres destinations avec nos propres équipages.

• Qu'en est-il de la sortie d'Air Madagascar de la liste B de l'Union européenne ?

- La sortie de l’annexe B dépend de plusieurs paramètres, dont une bonne partie est extérieure à Air Madagascar. En ce qui nous concerne, les recertifications IOSA et EASA part 145 démontrent que nous correspondons au standard de sécurité. Toutefois, la sortie de la liste B revient à l’ensemble des partenaires du secteur aérien malgache, mais non exclusivement à Air Madagascar.

Mahefa Rakotomalala

N.R.

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