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Ils sont jeunes et pourtant ils sont seuls : témoignage de Mirana...

Mardi 5 Juin 2012

Ils sont jeunes et pourtant ils sont seuls : témoignage de Mirana...
Mirana, 26ans, Salariée à Paris : « Seule, on perd vite confiance en soi»... (source : la-croix.com)

Il y a trois ans, jeune étudiante à Paris, Mirana a traversé une période difficile, au cours de laquelle la spirale de la solitude a bien failli la faire sombrer. Tout a commencé au moment de sa recherche d’emploi. D’origine malgache, elle était venue seule en France poursuivre ses études et habitait dans une chambre exiguë de la Cité universitaire.

Titulaire d’un master, impatiente de travailler, elle avait envoyé un grand nombre de CV sans se douter des obstacles qui l’attendaient. « Mes études à l’université étaient très générales et je n’arrivais à décrocher aucun emploi stable, raconte Mirana. Je passais des entretiens d’embauche, mais cela ne donnait jamais rien. Financièrement, c’est devenu très dur et, n’ayant plus le statut d’étudiante, on me demandait de quitter la cité U. »

La jeune femme, pourtant, n’a personne à qui se confier. « Je ne voulais pas inquiéter ma famille à Madagascar », explique-t-elle. Quant à ses amis, elle préfère leur épargner ses soucis. « Tout le monde a ses problèmes, je n’avais pas envie d’en rajouter, de casser l’ambiance », dit-elle. Pas envie, non plus, de dévoiler les affres de son quotidien. « C’est délicat de parler de tout cela, le manque d’argent, l’incapacité à trouver un travail, etc. », glisse-t-elle avec pudeur.

Elle juge avec ironie les profils que les jeunes créent sur les réseaux sociaux. « D’une façon générale, personne sur ces réseaux ne montre ses failles. Je n’ai encore jamais vu quelqu’un se plaindre de ne pas arriver à trouver du boulot : on va plutôt dire qu’on profite de cette période en “postant” ses photos de vacances. Tout cela est très factice », estime-t-elle. Et pas d’une grande aide, donc, pour trouver du soutien et s’extraire de l’isolement.

Dans ce contexte, Mirana se met à douter d’elle-même. « Seule, on perd vite confiance en soi, reconnaît-elle. On se remet en question, on se dévalorise et c’est là que ça devient très dur. » Avec un cercle vicieux qui s’installe : « On a de plus en plus de mal à avancer, on vise le minimum. Je me suis mise à chercher des emplois bien en deçà de mes diplômes, sans plus de succès d’ailleurs, car les employeurs recherchent des compétences spécifiques. »

C’est une association, Solidarités nouvelles face au chômage, qui va l’aider à s’en sortir. « Les bénévoles ont cru en moi. Pour la première fois, on m’a demandé ce que je voulais faire comme travail, alors que, jusque-là, c’était toujours à moi de m’adapter. » Pour la jeune Parisienne, cela suffit à rompre la solitude et l’enfermement.

Soutenue, encouragée, Mirana reprend pied et décide de se former pour devenir référente… en insertion professionnelle ! « Les bénévoles qui m’ont aidée m’ont donné envie d’aider les autres », explique-t-elle. Pari gagné : trois ans après sa douloureuse expérience, Mirana a décroché un CDI et s’est installée dans un petit appartement. À son tour, face à des jeunes qu’elle trouve « cassés » par la vie et la solitude, elle tente de trouver des solutions.

BAPTISTE 27 ANS, EN CONTRAT AIDÉ À LA MAIRIE DE VENDÔME (LOIR-ET-CHER) : « SE FAIRE DES AMIS, CELA DEMANDE UN BUDGET ET DE LA DISPONIBILITÉ D’ESPRIT »

Baptiste compte 1 300 « amis » sur le réseau social en ligne Facebook, mais rares sont ceux qu’il a déjà rencontrés. « Pour moi, ce sont plus des “contacts” avec qui j’échange sur mes passions, le cinéma et la littérature, mais je n’irai jamais leur parler d’un problème personnel ou de quelque chose d’intime. Dialoguer sur Facebook, cela revient à parler en public ! » , explique cet enfant unique, vivant toujours chez ses parents, qu’il tient pour seuls confidents de ses tracas de la vie quotidienne.

« C’est vrai que j’ai la chance d’avoir de bonnes relations avec eux, ils m’apportent un soutien psychologique essentiel, mais parfois j’aimerais pouvoir me livrer à quelqu’un de mon âge » , explique ce jeune au parcours scolaire difficile, qui a perdu le lien avec ses camarades de classe, tous partis travailler dans d’autres villes.

Après avoir cherché du travail pendant des années, il est à présent en contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) à la mairie de Vendôme, au service de la propreté urbaine. Difficile pour lui de nouer des relations avec des collègues : ses horaires, irréguliers, dépendent des remplacements qu’il doit assurer. En tout, Baptiste gagne 800 € brut par mois.

« J’aimerais bien m’inscrire dans un club de sport ou dans un cours de théâtre pour faire de nouvelles connaissances, mais cela demande un budget et de la disponibilité d’esprit. Moi, je suis très préoccupé par mon avenir, je n’arrive pas à m’autoriser des loisirs. Parfois, j’ai l’impression d’être un poids, alors je me fais tout petit. Je n’ai pas accompli beaucoup de projets pour le moment, alors j’ai du mal à me projeter » , confesse-t-il.

Le jeune homme a, en revanche, noué des liens très étroits avec sa grand-mère, qu’il visite très régulièrement. Alertée sur la situation de son petit-fils, c’est elle qui lui a conseillé, il y a quelques mois, de se rapprocher de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), dont elle a fait partie autrefois. L’association n’est pas très bien implantée dans la ville de Baptiste, mais, justement, elle organisait une rencontre dans son quartier.

« On peut y parler de ses difficultés et trouver des actions à mettre en place pour y répondre » , explique Maxime Cauchet, permanent régional de l’organisation, basé en Angers. Contrairement à Blois, par exemple, où une équipe dynamique de jeunes organise à présent par elle-même des sorties à la piscine, peu de jeunes s’investissent à Vendôme, parce qu’ils n’y envisagent pas leur avenir. Baptiste s’est donc enregistré sur le site Web National de la JOC pour démarrer un réseau local.

« Il a voulu organiser un événement, mais personne n’est venu, cela a été très dur pour lui » , témoigne le responsable associatif. Depuis, Baptiste s’est renfermé sur lui-même un peu plus. Mais la JOC n’abandonne pas. « Je le rappelle régulièrement. Il faut lui laisser un peu de temps, et il va revenir » , espère Maxime Cauchet.

JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS et MARINE LAMOUREUX
N.R.

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