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Interview de Régis Gizavo...

Lundi 24 Septembre 2012

Régis Gizavo a collaboré avec de nombreux artistes renommés, comme Cesaria Evora, Mano Solo, Christophe Maé, Jacques Higelin, I Muvrini... Il lancera son 3è album à l’occasion de ces Nuits. photo Ch. Stavel
Régis Gizavo a collaboré avec de nombreux artistes renommés, comme Cesaria Evora, Mano Solo, Christophe Maé, Jacques Higelin, I Muvrini... Il lancera son 3è album à l’occasion de ces Nuits. photo Ch. Stavel
... Lu sur lamontagne.fr. Les 25es Nuits de nacre de Tulle ont mis à l’honneur Regis Gizavo, accordéoniste malgache qui a joué avec les plus grands et lance son 3e album...

> Interview du musicien malgache virtuose Régis Gizavo, l’artiste fil rouge des Nuits de nacre 2012

Quelle place tient l'accordéon dans la culture musicale de Madagascar, dont vous êtes originaire ?
Il est vraiment considéré comme un instrument traditionnel. Partout dans l'île on trouve des petits accordéons diatoniques, qui servent à animer les cérémonies de toutes sortes. C'est le son de l'accordéon qui motive les gens et leur apporte énergie et joie.

Quand avez-vous commencé à en jouer ?
Dès l'âge de 6 ans ! Il y avait un tout petit accordéon diatonique, dans notre maison de Tuléar, dans le sud-ouest de l'île. On n'avait pas beaucoup d'autres jouets, alors je passais du temps sur l'accordéon. J'ai découvert l'accordéon chromatique bien plus tard, quand mon père en a offert un à l'un de mes frères.

Vous êtes donc issu d'une famille de musiciens ?
Oui, en quelque sorte. J'avais deux grands frères qui comptaient parmi les grands accordéonistes de la région. Mais à Madagascar, on ne peut pas vivre de la musique, c'est plus une distraction pour les soirées et bals du week-end, sûrement pas un métier.

Alors comment en êtes-vous arrivé là ?
Vers 16 ans, je participais à un groupe de quartier pour animer des bals. Après mon bac, en 1988, je suis allé à Antananarivo, la capitale, pour enregistrer quelques chansons que j'avais composées, car il n'y avait pas de studio à Tuléar. Les musiciens ont trouvé que mon style était novateur, alors ils m'ont poussé en appelant des médias et en me faisant tourner un petit clip qui est passé en boucle sur la télévision de Madagascar pendant quelque temps.

Et ensuite, qu'est-ce qui vous a poussé à l'international ?
Tout est allé très vite ! À peine un an après, j'ai envoyé une cassette pour le pour le concours Découvertes de RFI, qui englobait toute l'Afrique, les Caraïbes et le Pacifique. J'ai fait partie des trois musiciens primés ! La remise des prix avait lieu en Guinée-Conakry, et c'est ça qui m'a permis de sortir de chez moi. Il y avait plusieurs stars là-bas, et beaucoup de musiciens professionnels. Le batteur Francis Lassus m'y a repéré et m'a proposé de jouer dans un groupe qu'il était en train de monter. C'est comme ça que je me suis retrouvé à Paris et que j'ai intégré le monde de la musique professionnelle.

L'adaptation n'a pas dû être facile
Effectivement, c'était totalement nouveau et loin d'être évident. Mais j'étais attentif et motivé et tous les musiciens que j'ai rencontrés m'ont aidé à me mettre sur la voie. Puis en 1993, j'ai intégré le groupe corse I Muvrini, et c'est là que j'ai découvert ce qu'était une grosse machine musicale : tour-bus, manageur, régisseur, grandes scènes…

Et votre carrière personnelle ?
En 1996, j'ai enregistré mon premier album Mikea, du nom de ce peuple qui vit dans les forêts du sud-ouest de Madagascar et qui subit tragiquement la déforestation. Aujourd'hui il reste à peine 10 % de la forêt de Madagascar, bien qu'elle recèle de grandes richesses, pour la science et la médecine par exemple. Les Mikea peinent à survivre. Mon deuxième album s'appelle Samy Olombelo, ce qui veut dire : nous sommes tous des êtres humains. Il parle un peu du même problème, de ces gens qui ne voient pas ce qui se passe, qui brûlent la forêt sans penser aux conséquences.

Et le prochain album ?
Il s'appelle Ilakake, du nom d'un petit village de ma région où des gisements de saphir ont été découverts il y a quelques années. Ça a provoqué une véritable ruée depuis tout le pays, des milliers de personnes voulant tenter leur chance dans les mines à ciel ouvert. Le village de paysans s'est transformé en immense ville avec des boîtes de nuit, des pistes d'aviation pour les étrangers, et toute la violence qu'on peut imaginer. Maintenant qu'il n'y a plus de saphir, la ville devient un no man's land. Cet album sortira pour les Nuits de nacre, avec le concert de lancement dimanche après-midi sous le Magic Mirrors.

« Je me souviens encore du fantastique concert de Richard Galliano »

Quels souvenirs gardez-vous de vos premières Nuits de nacre ?
J'ai découvert ce festival en 1994 quand j'y ai joué en duo avec David Mirandon, sur l'invitation de Richard Galliano qui en était le directeur artistique. C'était un de mes premiers festivals, j'étais très impressionné. En quelque sorte c'est ici que j'ai vraiment découvert ce qu'est l'accordéon, tout ce qu'on peut en faire. Je me souviens encore du fantastique concert du quartet de Richard Galliano, ça m'avait vraiment lessivé…

Joachim Chanliaud
N.R.

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