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Interview de Soloalijaona

Mardi 19 Février 2013

Interview de Soloalijaona
Auteur-compositeur-mélodiste et interprète, Soloalijaona a choisi le jour de la Saint Valentin pour nous exprimer en poème-chanson tout son Amour le 14 février dernier.

Nous profitons de cette interview pour mieux la connaître et parler de la sortie de son premier album « Hikalo ho anao aho », traduisez « Je chanterai pour toi », en auto-production.

- Parlez-nous de vous, de votre parcours personnel

Je suis née à Fianarantsoa en 1972, Madagascar, où j’ai passé mon enfance et mon adolescence. Mon père était saxophoniste jazzman. A l’âge de dix-sept ans, je suis montée à Tananarive pour poursuivre mes études dans le Département d’Espagnol, à l’Université de Tananarive. Après l’obtention de ma Maîtrise, j’ai enseigné cette langue, à l’Université, en tant que vacataire, et dans certains établissements scolaires malgaches et français à Tananarive. En 1998, j’ai pris mon premier vol à destination de l'Espagne où j’ai effectué un séjour d’études et de perfectionnement en langue, littérature et civilisation espagnoles et latino-américaines. De retour à Madagascar, j’ai repris mon travail jusqu’à ce que je rejoigne de nouveau l’Europe, en 2000. Je suis arrivée à Perpignan pour poursuivre de longues études du troisième cycle à l’Université de Perpignan, dans le cadre d’un accord de coopération entre celle-ci et mon université d’origine. Après avoir obtenu le Doctorat en Espagnol en 2006, je suis partie en Martinique pour occuper un poste d’attachée temporaire d’enseignement et de recherche dans le département d’Espagnol. Je suis retournée en France métropolitaine en 2009 pour fonder une famille.

- Pourquoi avez-vous choisi de chanter en malgache pourquoi pas l’espagnol que vous parlez ou le français en étant en Europe n’est-ce pas mieux ?

D’abord, je voudrais souligner que le malgache est ma langue maternelle, d’éducation et d’évangélisation. Ensuite, c’est une langue qui me plaît beaucoup et dans laquelle j’ai fait des études et des recherches assez poussées, en collaboration avec les professeurs de malgache à l’Université de Tananarive ainsi qu’avec certains membres de l’Académie Malgache. Enfin, le malgache est aussi la langue de mon pays d’origine où se trouvent mes racines. Chanter dans cette langue, c’est montrer que mon âme y est restée et que c’est juste le corps, le cœur et l’esprit qui sont partis. On ne peut jamais oublier la langue de sa mère. Plus on parle d’autres langues, plus le désir de conserver sa langue maternelle augmente.

- Qu'est-ce qui vous a incitée à sortir cet album « Hikalo ho anao aho » ?

C’est très simple, l’album que j’ai édité en auto-production présente globalement une double thématique :

- il rend hommage à toutes les mères de famille dans le monde, celles qui sont encore là avec nous et qui ne ménagent pas leurs efforts pour nous donner le meilleur d’elles-mêmes, et celles qui nous ont déjà quittés pour l’autre monde. Leur passage sur terre se perpétue à travers nous.

- j’y chante également la terre natale et/ou d’origine, en l'occurrence Madagascar.

Dans le nom de l’album « Hikalo ho anao aho » (Je chanterai pour toi), le mot « toi » fait référence à la fois aux mères de famille et à la terre d’origine, laquelle reste présente dans la mémoire quand on voyage, tout en louant sa terre d’adoption ou sa terre d’accueil.

Toutefois, de très belles leçons philosophiques se dégagent de cet album. Il s’agit de la notion du courage et de la persévérance, deux valeurs à déployer face à la vicissitude, inévitable dans la vie humaine.

Tous les morceaux relèvent de mon grand recueil de poèmes où je compose des vers qui louent le Seigneur et qui reflètent la vie, la vicissitude et quelques notions philosophiques comme le destin, le temps et l’espace. Je n’oublie pas pour autant la nature, notre meilleure compagnie. Je les ai composés de l’âge de seize ans à aujourd’hui, mais c'est après le décès de ma mère que j’ai décidé d’en chanter quelques uns. Ils sont tous traduits en français, en espagnol et en anglais sur mon site
www.soloalijaona.com

- Quel genre de musique faites-vous ?

Cet album appartient à la musique du monde, plus particulièrement à la musique malgache, qui ne l'oublions pas, est à la fois unique et diversifiée. Elle est unique car elle est née du mélange de différentes cultures dont essentiellement africaine et asiatique mais elle est loin d’être homogène de par les éléments étrangers, très enrichissants, qu’elle a acquis et continue d’acquérir du monde entier.

Les textes, de caractère poétique, expriment de la nostalgie latente et de l’amour pour la mère. Cela ne doit pas nous surprendre dans la mesure où la langue malgache, d’origine malayo-polynésienne, est une langue de l’imagination et du sentiment. Quant au style, j’ai privilégié le solo pour le moment.

La musique est très variée et métissée (allant de la bossanova au jazzy en passant par la musique traditionnelle malgache) car je suis moi-même très métissée culturellement et linguistiquement parlant. C’est aussi une façon d’ouvrir l’horizon de Madagascar, un pays un peu isolé géographiquement et linguistiquement parlant et en même temps de rendre hommage à Perpignan, ma terre d’adoption où je réside depuis plus de dix ans. Perpignan est une ville très riche en cultures, par sa position frontalière. Elle me permet de vivre aussi bien en France qu’en Espagne, deux pays auxquels je suis très attachée.

La touche jazz est remarquable dans l’album car elle est le fruit de ma rencontre avec mon arrangeur-pianiste et jazzman Stéphane Larcan.
L’album est déjà en vente sur internet, à travers mon site, et le sera bientôt à Madagascar.

- Quels sont vos futurs projets ?

Je voudrais partager ma passion avec le public et lui transmettre des messages, à travers mes chansons car pour moi la chanson est l’un des meilleurs moyens de communication. Je m’exerce à la musique, plus par inclination personnelle que pour en tirer du prestige.

Si tout va bien, je continuerai de sortir d’autres albums en malgache et envisage aussi d’en sortir dans d’autres langues. Je voudrais aller le plus loin possible dans mon aventure musicale, dans cette jolie terre catalane qui ne cesse de m’inspirer et qui me tient à cœur. Elle me rappelle ma terre d’origine avec le soleil et la mer qui la rendent unique dans mon cœur.

Pour conclure, j’ajoute que j’ai la chance d’avoir reçu la bénédiction de mes « parents Malgaches et Français » pour développer mon entreprise de création et d’édition des chansons. Je vais donc prendre mon bâton de pèlerin et suivre mon chemin d’artiste que le destin m’a révélé un peu tardivement.

Soloalijaona MASAGUE-RANDRIAMASINONY
(www.soloalijaona.com) ou (http://soloalijaona.e-monsite.com)
N.R.

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