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Le Groupe mythique de Madagascar Mahaleo : "Faire changer les choses par l’exemple"

Mardi 28 Mai 2013

Le Groupe mythique de Madagascar Mahaleo : "Faire changer les choses par l’exemple"
Lu sur le net : Coopération • Partenaire du Centre écologique Albert Schweizer à Madagascar, le groupe mythique Mahaleo allie carrière musicale et engagement pour le développement de son pays. Interview de son chanteur Dama. (source : lecourrier.ch)

Groupe mythique de Madagascar, Mahaleo profite de sa notoriété pour s’engager dans la promotion et la réalisation de projets de développement dans son pays. Il le fait notamment aux côtés du Centre écologique Albert Schweizer (CEAS), dont le siège se trouve à Neuchâtel. De passage récemment en Suisse, son chanteur, Dama, nous parle de son travail, de ses engagements et de la situation de son pays, ainsi que des projets réalisés conjointement avec le CEAS.

Dans quel contexte est né le groupe Mahaleo?

Dama: Mahaleo a été créé en 1972 lors de la révolution culturelle (une grève générale lancée par les étudiants a abouti au renversement du pouvoir néocolonial, ndlr). Avant d’être un groupe musical, nous étions des amis à l’école. Nous avons donc une longue histoire commune. C’est le vent de 1972 qui nous a portés sur le podium avec nos chansons à textes, en malgache, qui racontent la vie quotidienne des gens. C’était nouveau, car avant, les artistes chantaient l’amour et la beauté de la nature. Personne ne mettait en lumière les contradictions, les inégalités, l’espoir des gens, mais aussi la diversité culturelle du pays.

Vos chansons ont-elles permis une prise de conscience de la richesse culturelle de Madagascar?

Certainement. Mais il y a toujours d’énormes problèmes. Les jeunes rêvent de partir à l’étranger. Dans le contexte de la mondialisation, ils pensent qu’il faut suivre la manière de vivre occidentale. Même nos dirigeants appliquent les manières de penser des pays du Nord pour diriger le pays, alors qu’elles n’ont aucun ancrage dans les réalités socio-culturelles malgaches. L’idéologie dominante veut que la solution vienne de l’extérieur.

Pourtant, en tant que groupe de musique, nous constatons que le public écoute nos chansons, même s’il ne comprend pas ce que nous racontons en malgache.
C’est à travers notre langue que nous affirmons notre différence, ce petit quelque chose de spécial qui nous permet de trouver notre place dans la mondialisation. Lorsque nous avons chanté à l’Olympia en 2008, le public était constitué à part égale de Malgaches et de non-Malgaches. Notre langue fait la spécificité de notre culture. Nous devons donc la défendre.
Je suis persuadé que la solution aux difficultés de Madagascar n’est pas seulement politique et économique mais aussi culturelle. Elle doit passer par une cohérence entre les pensées des dirigeants et les réalités socio-culturelles du pays.

Mahaleo a créé une association de développement à Madagascar. Pourquoi cette démarche?

A force d’être critiqués dans nos chansons, nous nous sommes demandés comment nous pouvions aussi contribuer à améliorer la situation de la population. Nous avons donc créé au milieu des années 1990 le CICAFE (Centre d’information, de communication, d’animation, de formation et d’éducation, ndlr). Il s’agit du bras exécutif de Mahaleo, qui réalise des projets pour tenter de créer un équilibre entre l’être humain, l’économie et l’environnement. Au début, nous avons notamment réalisé des radios rurales pour permettre aux communautés atomisées, sans lien, de communiquer entre elles.

Pourquoi le Centre écologique Albert Schweizer, ONG de développement technique, a-t-il un lien avec le groupe à consonnance culturelle Mahaleo, et quel genre de projet réalisez-vous ensemble?

Il n’est pas facile pour les ONG de trouver sur place des partenaires dans lesquels elles peuvent avoir confiance et avec lesquels elles peuvent échanger d’égal à égal. C’est ce que nous avons, je crois, réussi à réaliser entre le CEAS et le CICAFE.

Les activités du CEAS sont tournées vers la mise en place de sites pilotes de démonstration dans le domaine du séchage de fruits et légumes et des énergies renouvelables. Nous avons créé un centre de formation pour les artisans où ils apprennent à sécher des fruits et légumes, à créer un chauffe-eau solaire, à mettre en place une microcentrale hydroélectrique, etc. Nous avons aussi organisé des échanges Sud-Sud entre des formateurs burkinabés, qui sont venus à Madagascar, et des formateurs Malgaches, qui se sont rendus dans
un centre de formation du CEAS au Burkina.

Aujourd’hui, nous séchons une grande variété de fruits et de légumes et on alimente toute une chaîne de valeurs. Les artisans reçoivent des commandes pour créer des séchoirs, des groupements de paysans fournissent des fruits et légumes et des transformateurs, souvent les paysans eux-mêmes, effectuent le séchage.

La population est-elle réceptive aux projets que vous mettez sur pied?

Souvent les gens ne croient pas qu’il soit possible d’améliorer leur situation. Cela demande donc de travailler dans un endroit pendant longtemps avant que le village voisin, réalisant que ça marche, réclame la même chose chez lui. Mais au début, c’est toujours très difficile. Notre finalité, c’est de faire changer les choses par l’exemple, car c’est selon nous la seule manière de convaincre les autres.

Claude Grimm

N.R.

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