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Les humains ont brulé les forêts à Madagascar il y a 1 000 ans

Vendredi 19 Février 2016

On pensait que l’impact de l’homme sur le réchauffement climatique date de l’ère industrielle. Mais des chercheurs rapportent que les humains brulaient des forêts à Madagascar il y a déjà 1 000 ans et cela a provoqué la disparition de plusieurs forêts.

Il ne fait aucun doute que notre espèce a eu un impact dramatique sur l’environnement de la planète, en particulier au cours des derniers siècles avec la montée de l’industrie moderne, du transport et des infrastructures. Mais une nouvelle étude révèle que les humains ont transformé le paysage, avec des effets durables, avant le début de l’ère industrielle.

Les scientifiques du MIT ont constaté qu’une perte généralisée et permanente des forêts à Madagascar, qui a eu lieu il y a 1000 ans, n’était pas due au changement climatique ou une catastrophe naturelle, mais à des humains qui mettaient le feu aux forêts pour le pâturage du bétail. Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion après avoir déterminé la composition de deux stalagmites d’une grotte au nord-ouest de Madagascar. Les stalagmites se forment à partir de l’eau qui percole à la surface dans le sol et dans les cavernes. Ces piliers finement stratifiés peuvent être conservés pendant des milliers d’années et leur composition fonctionne comme un enregistrement historique de l’environnement au dessus du sol.

Dans leur analyse, l’équipe a constaté qu’il y a environ 1000 ans, la composition de carbonate de calcium de deux stalagmites a changé de façon brutale. Normalement, ces compositions doivent se baser sur des isotopes de carbone typiques aux arbres et aux arbustes, mais on a trouvé des isotopes qui ressemblaient plus à des prairies et la transformation s’est produite en l’espace de 100 ans.

Cette transformation du paysage a-t-elle été déclenchée par le changement climatique ? Les résultats de l’équipe suggèrent le contraire. Autour de la même période, ils ont constaté que les niveaux d’isotopes de l’oxygène sont restés inchangés dans les deux stalagmites indiquant que les taux de précipitations et le climat sont restés relativement stables.

Nous sommes allés sur place en espérant raconter une énième histoire sur le changement climatique, mais nous avons été surpris de voir un énorme changement dans les isotopes de carbone dans les deux stalagmites selon David McGee, professeur adjoint au département de la Terre, des sciences atmosphériques et planétaires au MIT. Les résultats de l’équipe sont publiés dans la revue Quaternary Science Reviews.

Une spéléologie des indices

McGee, qui étudie la composition de stalagmites comme un indicateur des climats du passé, a fait équipe avec l’auteur principal Stephen Burns, professeur de géosciences de l’Université du Massachusetts à Amherst, Laurie Godfrey, professeur d’anthropologie et des collègues de l’Université d’Antananarivo à Madagascar. Godfrey a étudié les extinctions de lémuriens géants qui ont eu lieu à Madagascar au cours des 1000 dernières années. Les populations des autres grands animaux ont diminué de façon spectaculaire à cette époque incluant les hippopotames nains et les tortues géantes.

L’extinction de la mégafaune a probablement été accélérée par la perte de l’habitat et la destruction généralisée des forêts à l’époque. Mais il a été difficile de comprendre exactement la diminution des forêts. Les scientifiques, qui ont analysé les dépôts de sédiments de lacs anciens dans la région et dans d’autres régions de Madagascar, ont observé une abondance accrue de microparticules de charbon de bois qui indique des incendies de forêt. Ils ont également remarqué un pic dans les niveaux de pollen de graminées ce qui indique une augmentation des prairies. Mais les dates de ces sédiments sont incertaines.

On pourrait penser que les stalagmites dans une grotte sont insensibles à ce qui se passe dans l’environnement au-dessus selon McGee. Mais étant donné qu’on peut les comparer à des nappes souterraines fossilisées en couches très régulières, alors on peut dire qu’ils sont des indices très précis sur les changements climatiques et les écosystèmes.

Dans une expédition datant de 2014 pour Madagascar, Burns, Godfrey et leurs collègues malgaches ont échantillonné des stalagmites des grottes d’Anjohibe, un grand système de grottes au nord-ouest de Madagascar. Ils ont envoyé deux stalagmites d’une longueur de 1 mètre pour les analyser au MIT.

Détecter le changement

Dans le laboratoire, McGee et Benjamin Hardt ont déterminé les âges des couches de chaque stalagmite en mesurant le rapport de l’uranium au thorium. C’est une technique de datation géologique commune, mais difficile pour ces échantillons à cause de leur relative jeunesse. On a ensuite mesuré le taux de carbone et des isotopes de l’oxygène. Toutes les plantes absorbent le dioxyde de carbone pour la photosynthèse. Le dioxyde de carbone dans l’air se compose principalement d’un rapport isotopique du carbone 12 vers le carbone-13, mais toutes les plantes préfèrent absorber le carbone-12. Parmi les plantes, les arbres et les arbustes excluent beaucoup plus le carbone-13 comparé aux graminées. Quand on a combiné les dates et les résultats des isotopes, McGee et Burns ont observé un changement radical dans le rapport du carbone 12 au carbone-13 il y a environ 1000 ans dans les deux stalagmites.

Ce que nous voyons est que le passage des isotopes de carbone de la forêt à des isotopes de prairies se fait de manière très rapide en l’espace d’un siècle. C’est très inhabituel pour qu’une forêt se transforme en prairie en l’espace de 100 ans. Grâce à une analyse supplémentaire, Burns et McGee ont déterminé qu’il n’y avait pas de changement correspondant dans les isotopes de l’oxygène à l’époque. Cela exclut le changement climatique ou une baisse des précipitations pour avoir provoqué la perte de la forêt.

Godfrey et d’autres ont trouvé des preuves que les humains se sont installés à Madagascar il y a environ 3000 ans et qu’ils ont adopté un mode de vie plus agraire par la suite en introduisant des bovins dans l’île il y a 1000 ans. McGee explique que les résultats suggèrent que les humains ont utilisé la culture sur brulis pour créer des pâturages pour le bétail. Je pense que c’est une preuve de plus que les impacts humains sur l’environnement ne commencent pas avec les Européens et l’ère industrielle selon McGee. Il faudra d’autres voyages à Madagascar et d’autres tests pour déterminer la datation exacte de cette transformation. Cela permettra de calculer l’époque précise où les habitants de l’île ont commencé à changer le paysage de façon irrémédiable.

Source : Actualite.HousseniaWriting.com



1.Posté par Henri le 20/02/2016 20:17 (depuis mobile)
Commentaire * c malheureux

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