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Liberté de la presse : l’éthique à revoir à Madagascar

Lundi 2 Mai 2011

Une vingtaine de titres par jour !
Une vingtaine de titres par jour !
Ils sont sur tous les fronts, ils couvrent et rapportent les événements comme les faits divers.

Les gens s’intéressent à l’information...
Les gens s’intéressent à l’information...
Sans horaires fixes et sans répit, les journalistes sont sollicités par l’Etat, les politiciens, les organismes internationaux, et toute autre entité ayant un message à transmettre.

La levée de la censure en 1989 aura apporté un essor dans la liberté de la presse; la censure, héritée du pouvoir colonial et appliquée pendant près de trois décennies par les régimes successifs a causé bien des malheurs aux professionnels de l’information. Les journalistes de l’époque, formés à l’extérieur pour la plupart, devaient savoir rédiger de manière subtile pour formuler leur opinion, en fonction de leur ligne éditoriale.

Le plus ancien journal malgache…
Le plus ancien journal malgache…
Ceux qui avaient en effet des avis différents du régime au pouvoir ont connu des arrestations, des enquêtes et des interdictions de publication. Cela n’a plus cours aujourd’hui concernant la presse écrite, cependant, force est de reconnaître que la presse a encore besoin d’apprendre à maîtriser son « langage » et à mesurer ses propos. Les médias audiovisuels en particulier sont concernés par cette question d’éthique, l’information passant quasiment en temps réel.

Concernant la forme écrite, la presse malgache est loin d’être une jeunette : la première publication portant cette qualification date « à peine » de 133 ans ! C’est en effet le vénérable « Ny Sakaizan’ny Tanora », publié pour la première fois le 1er janvier 1878, qui reçut alors le statut de journal. D’obédience religieuse, « Ny Sakaizan’ny Tanora » en est à son 1 629ème numéro en ce mois de mai 2011, la publication étant mensuelle. Actuellement, à Antananarivo du moins, chaque jour voit apparaître plus d’une vingtaine de titres quotidiens.

Humour dans la presse écrite en 1991 (Alban R. Ratsivalaka)...
Humour dans la presse écrite en 1991 (Alban R. Ratsivalaka)...
Les événements de 1991 auront apporté deux innovations majeures dans le paysage médiatique malgache : l’ouverture de stations de radios privées, d’une part, et l’essor des caricatures dans les quotidiens. Ce dernier point a particulièrement été favorable pour développer les talents des nombreux dessinateurs du pays. L’ouverture d’une filière de journalisme durant cette époque faste a consacré l’importance du « quatrième pouvoir » dans les mœurs.

Il reste que la presse malgache a encore des efforts à faire, en termes de crédibilité, notamment concernant son éthique. Certes, les règles de base d’un article ou d’un reportage sont unanimement reconnues et respectées dans les publications des journalistes. Cependant, la profession comporte une épine, et bien des gens qui font appel aux médias malgaches formulent, en aparté, des propos peu élogieux à leur encontre. En effet, souvent, ceux qui ont recours à la presse doivent prévoir un « budget-journaliste » pour chaque conférence de presse.

Autre dessin humoristique (Alban R. Ratsivalaka)...
Autre dessin humoristique (Alban R. Ratsivalaka)...
Dans le jargon, cela s’appelle « felaka », il s’agit une somme d’argent plus ou moins conséquente en contrepartie de la publication de l’information. Selon certains, cela constitue une compensation des frais qu’engendre la couverture d’un événement. Pour d’autres, c’est de l’argent « adala tompo » (dont le propriétaire est insensé) donc bon à prendre. Pour d’autres encore, le salaire de misère perçu chaque mois ne permet pas de dédaigner ce surplus de rémunération. Toujours est-il que les « bons payeurs » voient leur article à la Une, en fonction du barème pratiqué.

Au sein des ministères sous le précédent régime, certains journalistes faisaient même monter les enchères, en revendiquant vigoureusement un paiement élevé. Autrement, l’information concernant Untel passerait avant Untel autre, car le premier a fourni un « felaka » plus consistant. Heureusement, il existe encore quelques rares incorruptibles dans le métier. Malheureusement, la jeune génération, considérée comme la relève, a déjà assimilé la saveur de cette « rémunération ».

A la veille de la célébration de la liberté de la presse, cette pratique avilissante mériterait un débat public sans fausse honte. La question est simple, car il s’agit d’une question d’éthique : y a-t-il liberté de la presse lorsque le « felaka » se situe derrière une information ?
N.R.

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