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Madagascar : 14 arrestations à Nosy Be après les lynchages

Samedi 5 Octobre 2013

La police patrouille le 4 octobre 2013 à Hell-Ville, sur l'île de Nosy Be, où la veille trois hommes soupçonnés par la population d'avoir tué un garçonnet ont été lynchés (Photo Rijasolo. AFP)
La police patrouille le 4 octobre 2013 à Hell-Ville, sur l'île de Nosy Be, où la veille trois hommes soupçonnés par la population d'avoir tué un garçonnet ont été lynchés (Photo Rijasolo. AFP)
Les autorités malgaches ont instauré vendredi un couvre-feu nocturne sur l’île touristique de Nosy Be, au nord-ouest de Madagascar, où le calme est revenu au lendemain du lynchage de trois hommes accusés par la foule de l’assassinat d’un enfant. (source : liberation.fr)

Sur la plage d’Ambatoloaka, principale station balnéaire de Nosy Be où les deux Européens - un Français et un Franco-Italien- ont été lynchés et brûlés jeudi matin, les touristes sont revenus et ont pu profiter à nouveau du cadre paradisiaque et des eaux turquoises de l’océan. Même s’il restait dans l’après-midi des traces du brasier et des troncs d’arbres calcinés sur le sable.

Touristes et locaux ont de même à nouveau pris d’assaut les terrasses de cafés de Hell-Ville, la petite capitale de l’île.

«Le quotidien de la population de Nosy Be est revenu à la normale», a assuré le gouvernement malgache, annonçant cependant l’instauration d’un couvre-feu de 21H00 à 04H00 du matin (18H00 GMT à 01H00 GMT) et «un contrôle systématique de tous les étrangers (résidents ou touristes)».

Célèbre pour ses plages aux eaux cristallines, Nosy Be est la principale destination touristique de Madagascar, notamment prisée des Français et des Italiens. Quelque 700 Français y résident.

Trois hommes y ont été lynchés et leurs corps brûlés jeudi par une foule en colère les tenant pour responsables du meurtre d’un enfant de huit ans, Chaino, disparu les jours précédents et retrouvé mutilé sur une plage.

Les deux premières victimes de la foule en colère sont un touriste français, Sébastien Judalet, qui faisait de fréquents séjours à Madagascar et était revenu en vacances en septembre muni d’un visa de deux mois, et un Franco-italien Roberto Gianfala dont le visa était expiré.

La population les a accusés de «trafic d’organes» et s’est fait justice après un simulacre de procès. Dans un enregistrement audio, on entend notamment le Français se défendre et protester de son innocence. «Je n’ai rien enterré Madame, je suis innocent, c’est un complot contre moi», dit-il à une dame qui lui répond : «Tu nous dis la vérité sinon on te lynche devant tout le monde et tu vas te faire tuer».

Selon une lettre-témoignage d’un bijoutier français établi sur place et publiée par un média local, cet homme était chauffeur de bus à la RATP.

Des photos et images vidéos, particulièrement crues, montrent le corps d’un des deux hommes d’abord habillé, puis dévêtu, le visage ensanglanté, traîné par la foule.

Des habitants ont aussi filmé le moment où l’un des corps a été brûlé en présence de plus d’une centaine de personnes massées sur la plage, parmi lesquelles un homme en uniforme et armé que l’on voit assister à la scène.

Douze heures plus tard, les forces de l’ordre n’ont pas empêché que le même sort s’abatte sur un troisième homme, un Malgache. Un journaliste de l’AFP a été témoin de son lynchage en pleine rue dans un faubourg de Hell-Ville en proie à un climat d’émeute.

La gendarmerie locale a indiqué avoir arrêté quatorze personnes en lien avec les lynchages ou les violences, notamment l’incendie de plusieurs maisons de gendarmes.

A ce stade, rien n’étaye la possibilité d’un trafic d’organes ni son but : médical, pratiques locales de sorcellerie, ou simple fantasme collectif...

L’enfant a été retrouvé jeudi sans ses organes génitaux et sans sa langue, mais la gendarmerie nationale n’a pas encore établi les circonstances du décès, noyade ou meurtre, et l’enfant a été inhumé rapidement sans autopsie.

Son corps avait séjourné longtemps dans l’eau quand il a été découvert, ce qui pourrait expliquer ses mutilations.

Des avis de recherche avaient été placardés dans l’île après sa disparition.

«L’enfant était allé à la mosquée toute la journée de vendredi (27 septembre), matin, midi et soir. Dans la soirée, après la sortie de la mosquée, ses amis l’ont accompagné jusqu’au niveau du marché de Dar Es Salam. Il a couru pour rentrer, selon ses amis. C’est un enfant qui aimait courir. C’est entre le marché et notre maison qu’il a disparu», a raconté en malgache à l’AFP son père Luciano Anjara.

Les violences ont éclaté mercredi. Les gendarmes ont tué deux personnes et en ont blessé dix autres en tirant pour se protéger des émeutiers venus réclamer qu’on leur livre le kidnappeur.

«C’est vers minuit que les gens ont découvert le corps de l’enfant mercredi. Après (...), je ne me souviens plus de rien. Je n’ai rien pu faire sauf m’asseoir», a ajouté le père.

Une délégation composée de trois ministres et du chef de la gendarmerie s’est rendue sur l’île vendredi. Elle a rencontré les notables locaux et les familles.

Les lynchages publics sont fréquents à Madagascar, où des voleurs présumés ou des conducteurs impliqués dans des accidents mortels sont régulièrement massacrés, et même brûlés vifs.

AFP
N.R.

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