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Madagascar : Développer le tourisme : pour qui?

Samedi 26 Mai 2012

Madagascar : Développer le tourisme : pour qui?
Une conférence débat s'est tenue à Hellville (Nosy Be) dans le cadre du Donia, une occasion de définir ce que l'on entend par tourisme durable et mettre en garde contre le tourisme de masse qui s'installe à Nosy Bé laissant la population de côté. (source : malango-actualite.fr)

Le Donia ne se limite pas aux concerts. Chaque année des conférences sont organisées sur des thèmes souvent humanistes mais aujourd'hui il s'agissait plutôt de parler économie. Le Donia a été créé par des opérateurs touristiques, son ambition est donc claire : attirer les touristes à Nosy Bé avec des activités festives, mais également culturelles. Le première conférence de ce 19ème Donia était donc consacrée au tourisme durable, sa définition et sa mise en place dans l'île aux parfums.

Une centaine de personnes s'étaient réunies à Hellville, principalement des étudiants des filières touristique. Les premiers intervenants, responsables de l'activité touristique au sein de la chambre de commerce de Nosy Bé ont surtout tiré les conclusions de la crise de 2009 qui a stoppé net l'arrivée des touristes à Madagascar, plongeant Nosy Bé dans un marasme économique dont elle n'est toujours pas sortie. « Plus de touristes, plus de travail pour les nosybéens! ». L'industrie du tourisme est la seule qui reste à Nosy Bé après la fermeture, en 2007, de la distillerie de Dzamandzar qui était l'activité principale de l'île. La filière ylang demeure encore mais fait vivre beaucoup moins de monde. Le responsable du pôle tourisme à la chambre de commerce énumèrera d'ailleurs tous les secteurs professionnels vivant du tourisme, du pêcheur « qui fournit les restaruants », aux guides, agriculteurs et bien entendu au personnel employés dans les 150 structures d'accueil installées sur Nosy Bé. Une industrie qui touche également des secteurs auxquels on ne penserait pas forcément comme celui de la formation dont de nombreuses, liées aux métiers du tourisme, sont initiées chaque année.

« Madagascar accueille 230.000 touristes par an » et à Nosy Bé, ce sont les Italiens qui sont les plus nombreux en partie grâce aux liaisons directes avec l'Italie. Celle avec la France n'existe plus et les deux avions que vient d'acquérir la compagnie nationale Air Madagascar ne peuvent se poser sur la piste de l'aéroport de Facène, ce que regrettent de nombreux professionnels, une ligne directe étant un atout certain. Un constat qu'ont également fait les ministres du tourisme et des transports seychellois en visite en France.

Après le bilan et les perspectives, vient le temps des inquiétudes liées au modèle économique de développement de cette industrie, nouvelle pour Madagascar, puisqu'elle n'a guère plus d'une vingtaine d'années. « Le Donia est né avec le développement du tourisme » dira un des intervenants. Mais qui profite de cette manne financière? Le père Jaovelo, qui sera celui qui donne un coup de pieds dans la fourmilière, s'insurge contre le fait que « la population ne bénéficie pas du tourisme. Tout va dans les poches des tours opérateurs ». Il fait même le constat d'un hôtel installé sur une des îles au large de Nosy Bé, qu'il ne nommera pas, qui en interdit l'accès aux Malgaches. « Quand on est malgache, on est traité comme un étranger », s'insurgera-t-il devant une situation qui ne pourra, à la longue, que faire naître un sentiment de rejet de la part de la population.

Lucie Vavihély qui assiste à la conférence, prend la parole. « Les hôtels ont leur propre boutique de souvenirs », que reste-t-il alors aux artisans locaux? De même, elle condamne le « tourisme canalisé », citant le grand hôtel installé à Andilana. Les touristes arrivent par avion, sont conduits dans l'hôtel où toutes les commodités sont réunies, faisant des touristes des touristes captifs qui ne dépensent alors rien en dehors de l'hôtel et n'apportent rien à l'économie locale. On est loin du tourisme durable et encore plus loin du tourisme équitable.

Le sujet du tourisme sexuel sera à peine abordé et c'est le père Jaovelo qui minimise le phénomène, « il ne faut pas en rajouter ». Il y a trois ans, la chaîne française TF1 avait réalisé un ''reportage'' sur ce sujet qui avait beaucoup vexé les Nosybéens, présentant l'île comme un vaste lupanar, ce qui avait provoqué une vive réaction de la part des autorités. Certains européens, officiellement mariés avec des Malgaches avaient même dû séjourner plusieurs jours en prison.

Sera également abordé le problème des infrastructures. La route qui mène au Mont Passot, un des hauts lieux touristique de l'île est devenue presque impraticable. La Madame Tourisme de Nosy Bé annoncera alors qu'une « enveloppe a été dégagée pour refaire cette route et aménager le sommet du mont » le rendant plus attractif.

A Nosy Bé, comme dans tous les pays de la région, la question reste posée : « développer le tourisme, oui, mais pour qui? »

N.R.

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