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Madagascar : Professionnaliser le métier du spectacle

Vendredi 1 Mars 2013

Mamy Andriamasinaivo, on le connait surtout derrière ces grandes tables de mixage
Mamy Andriamasinaivo, on le connait surtout derrière ces grandes tables de mixage
Voici une interview qui pourrait bien intéresser les professionnels du spectacle malgache. Antananarivo, Madagascar - A Madagascar, un producteur pourrait être en même temps tourneur, distributeur, voire même manager d’un ou de plusieurs artistes. (source : orange.mg)

Madagascar : Professionnaliser le métier du spectacle
Et pire encore, un artiste pourrait être tout cela en même temps. Mamy Andriamasinaivo, manager de la maison de production Dosol et nouvellement élu président du Syndicat des professionnels du spectacle voudrait donner une nouvelle image de ce métier. Interview !

+ Orange Madagascar : Mamy Andriamasinaivo, Dosa, pour les intimes, vous aviez été élu récemment président du syndicat des professionnels du spectacle, en quoi cette nouvelle fonction consiste-t-elle exactement ?

Mamy Andriamasinaivo : En fait, professionnel du spectacle englobe bon nombre de métiers à savoir producteur, c’est à dire, celui qui produit le spectacle en soi ou encore celui qui produit l’artiste, distributeur, qui englobe le métier de celui qui s’occupe de la distribution des produits des artistes, manager et bien d’autres encore. Le problème à Madagascar c’est que tout le monde fait tout à la place des autres et l’on ne sait plus qui fait quoi dans tout cela. Ainsi, le syndicat a été érigé d’une part pour réunir ces professionnels et d’autre part, pour former ses membres afin que tout le monde puisse connaître ses propres attributions.

Mon mandant à la tête de cette institution dure deux ans. Je ne peux pas tout changer en deux ans mais force est toutefois de souligner que nous (mon staff et moi) allons faire en sorte qu’au moins des cadres juridiques soient instaurés pour le bon fonctionnement de ce syndicat, et surtout pour le ou les métiers y afférents. Dans ce dessein, notre premier objectif est la mise en place de ce cadre juridique, c'est-à-dire établir une proposition de loi ou de décret qui régira ces différentes fonctions énumérées dessus. Car à l’étranger, un producteur reste un producteur, attitré et non amateur. Il est le seul habilité à pouvoir organiser un spectacle. De ce fait, fini donc les spectacles organisés par les « fiangonana » ou simples associations qui ne possèdent pas le statut de producteur. Il en est de même pour un distributeur qui ne devrait plus casquer d’autres chapeaux et qui ne s’occupera que de la vente des produits des artistes. Tout comme un manager qui, hélas, dans la plupart des cas, est réduite à devenir un simple « coursier » pour certains artistes.

+ Orange Madagascar : Un cadre juridique, c'est-à-dire, une loi ? Qui s’occupera de l’élaboration de ce cadre et comment cette loi fonctionnera-t-elle ?

Effectivement, mon staff est composé de quelques têtes déjà connues comme Hery de Mi-Ritsoka, Rija de Mada-Pro, Joséphine de Rossy, Vonjy de Jerry Marcoss, JR Prod, Michel de Pro-Kanto, Luc Hervé de HF Prod, Jobarison de Media Consulting ainsi que Manitra de Tazako Prod. Mais ce n’est pas tout car nous avons également engagé des juristes qui ne s’occuperont que de l’élaboration de ces textes. Une fois ces textes soumis, nous entameront ensuite une série de formation car force est de souligner que bon nombre de nos collaborateurs en ont grand besoin. Il a toujours été annoncé et vérifié aussi, que seuls ceux qui ont reçu des formations à l’étranger excellent dans nos métiers. Mais cela changera car nous emmènerons ces experts étrangers à Madagascar pour que tout le monde puisse avoir le privilège de bénéficier de leurs expériences. A l’issue de ces stages et de ces formations, les professionnels malgaches pourront enfin mieux cerner leur domaine. De ce fait, le cumul de fonction ne pourra plus être possible, sauf si l’établissement assume le rôle de « major » comme à l’étranger, par exemple, où toutes les structures sont présentes. L’exemple qui est courant pourrait être le cas de Sony Music qui produit, distribue et manage même des artistes. Le nom est certes le même mais chacune de ces activités sont déjà décrit dans des termes juridiques qui ne pourront jamais être mélangées. De nouvelles fiscalisations régiront donc ces différents établissements.

Dans ce nouveau cadre juridique, comme je l’ai expliqué au début, le but est de professionnaliser ces métiers. Il ne sera donc plus possible pour les amateurs, de prendre la place d’un tourneur par exemple ou d’un producteur sans passer par le syndicat. Ainsi, le syndicat, par le biais de son bureau, est le seul capable de donner une autorisation pour ces « amateurs » de devenir « temporairement professionnel », tout en s’acquittant des droits y afférents. De ce fait, le syndicat peut ainsi recenser les événements organisés dans le territoire et surtout filtrer et limiter le domaine du légal pour que les pirates ne puissent plus avoir leur place.b[

+ Orange Madagascar : Justement, comment peut-on différencier les professionnels des organisateurs de spectacles occasionnels ou carrément des amateurs ?

Il est absolument vrai que le syndicat n’a pas été érigé pour freiner l’enthousiasme des organisateurs de spectacle. Si j’ai dit tout à l’heure qu’il n’est plus question maintenant d’organiser par exemple un concert évangélique de « fiangonana », il faut savoir que la plupart de ces concerts ne sont enregistrés nulle part. Dans ce dessein, le fait de regrouper la programmation de ces festivités au niveau d’une organisation compétente permet non seulement de recenser les événements, mais surtout de cadrer les organisateurs, pour une meilleure qualité de service. Il s’agit en quelque sorte, de redorer le blason du label « made in Madagascar ».

Ainsi, dans le monde du spectacle, on peut très bien être professionnel du métier, c’est à dire une personne physique ou morale, qui ne vit que pour le métier, ou encore occasionnel qui n’organise que quelques manifestations (à limiter dans le cadre juridique) ou tout simplement amateur qui demande l’autorisation à chaque fois qu’il organise quelque chose (tout en respectant toutefois un certain nombre d’événement selon le cadre juridique).

+ Orange Madagascar : Ainsi, tout est clair, mais encore faut-il donc connaître son métier. Par ailleurs, la maison Dosol existe déjà depuis plusieurs années. Est-ce que Dosa peut nous expliquer ce qui a changé entre temps pour que les professionnels du métier s’unissent de la sorte ?

Certains disent que le métier de producteur est actuellement en voie de disparition. C’est vrai dans le sens où tout le monde fait ce qu’il veut, via les nouvelles technologies, mais force est tout de même d’insister sur le fait que seuls les professionnels, sanctionnés de certificats ou de diplômes, peuvent sortir des productions de bonne qualité. Je dis bien production et non de simples produits. Car aucune machine ne pourra changer les prises de son en studio et d’ailleurs, la plupart de ces professionnels se tournent actuellement vers les matériels analogiques pour laisser libre cours à ceux qui veulent encore s’aventurer dans les enregistrements numériques. Pour ma part, je suis actuellement en train de passer les nouveaux enregistrements de mes poulains en analogique pour avoir un meilleur son, avant de les aplatir en numérique. Cela me rappel l’épisode du phénomène des claviers synthétiseurs des années 80 où tout le monde prétendait être un homme orchestre mais il n’a pas fallu des années pour comprendre qu’il fallait toujours jouer ces instruments au lieu de synthétiser le son dans une seule boite, limitée, et qui ne laissait pas libre cours à l’imagination des vrais artistes.

Actuellement aussi, tout le monde devient artiste et tout le monde n’a pas de problème pour passer ses produits au niveau des médias. Car de nos jours, il suffit tout simplement de pouvoir payer des écolages c'est-à-dire les fameux « matraquages ». Sachant également que les médias privés pullulent, du coup, on a l’embarras du choix et pire encore, ces derniers n’ont plus à se battre pour vos produits mais ce sont les produits qui se battent pour avoir une meilleure diffusion, contrairement à ce qui se faisait il y a quinze ans lorsque j’ai commencé à bâtir la maison Dosol. Car plus l’offre abonde, c'est-à-dire plus les médias privés foisonnent, plus il y a les artistes qui veulent avoir la primeur des diffusions (prime time). De plus, les censures n’existent plus et que les artistes peuvent chanter et dire ce qui leur passe par la tête (en bien et en mal).

+ Orange Madagascar : Dosa, le mot de la fin ?

Que dire si ce n’est que le syndicat des professionnels du spectacle est une institution qui voudrait d’une part lutter contre les contrefaçons de tout genre, c'est-à-dire du piratage des œuvres au piratage des événementiels, et d’autre part, faire en sorte que ses membres soient reconnus comme tel. Des professionnels et non de amateurs, sans protection social, et sans lendemain, tel est le cas actuellement et il faut que çà change. Le syndicat est érigé dans l’unique but de cadrer ces différents métiers pour plus de sécurité, tant pour les prestataires, ceux qui ont donc besoin des services de ses membres, que pour les membres eux-mêmes.

Réalisé par Faly Rajaonarison
N.R.

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