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Maximin Njava : "Plusieurs artistes sont délaissés…"

Mercredi 17 Décembre 2014

Un des membres fondateurs du groupe Njava, Maximin Njava est de passage, en ce moment au pays. Actuellement, il fait partie du groupe Suarez, une référence en Europe.

Est-ce que vous pouvez vous présenter d’abord ?
Je me nomme Maximin Njava. Nous étions des frères et des sœurs à avoir créé ce groupe. Nous avons vraiment tourné en 94, ensuite nous nous sommes orientés sur d’autres choses vers 2005-2006. Maintenant, je vis en Belgique, à Mons plus précisément, à cinquante kilomètres de Bruxelles. Et je produis plusieurs artistes en ce moment.

Vous étiez des références malgaches de world music, est-ce que Madagascar ne s’est pas orienté tardivement dans ce genre ?
C’est un peu tard, si c’est dans le domaine du world music. Maintenant, avec la politique d’unification européenne, il y a des coupes budgétaires terribles, et ce sont les budgets alloués aux rencontres internationales qui en pâtissent. Par exemple, le Sfinx Festival de Belgique, un événement majeur du pays a failli fermer la porte, faute de budget. Ce sont les gens qui vivent dans la ville qui l’accueille qui ont tout fait pour le sauver.

Vous êtes pessimiste ?
Je crois que cette situation va s’allonger sur le long terme.

Quelles sont alors les orientations pour pouvoir s’en sortir ?
Pour notre part, on s’est retiré du circuit world music petit à petit, c’est pour ça que nous avons commencé avec Suarez en 2007. Je crois que ce n’est plus là le filon, il vaut mieux fortifier ce qu’on a à Madagascar. Je pense qu’on peut en vivre, si on fait de belles et bonnes choses.

Sur le plan technique ?
S’intéresser à des artistes, des révélations au lieu de ceux que l’on s’arrache. Chercher de nouvelles choses, c’est là le truc. Maintenant, il faut un peu oublier le modèle marovany ou valiha qu’on emmène sur scène. Juste pour les montrer. On peut sampler le son de ces instruments. Il faut moderniser, quoi. Il faut des recherches. Et le travail au niveau du son, les marchés étrangers s’y intéressent énormément. À condition que ça soit du très bon travail.

Vivre de musique à l’étranger n’est pas donc chose facile ?
Faire des concerts dans des salles, être appelé par des associations, diaspora ou je ne sais quoi. Derrière tout ça, il y a souvent des conditions terribles. Comme s’il suffisait d’un ampli, de quelques spots, de deux baffles pour que ce soit un concert. Mieux vaut rester à Madagascar et y faire un cabaret. J’ai déjà vu plusieurs artistes délaissés, sans cachet et sans toit, par des producteurs peu scrupuleux à la fin du concert. Certains ont dormi dans des caves.

Quelles sont les précautions à prendre ?
La première chose à faire, c’est de faire à la perfection votre musique. L’arran­gement, le mixage, l’enregistrement, tout ça. Et au-dessus de tout, la mélodie de la voix. La voix est le premier instrument de musique, il ne faut pas l’oublier. Après, le texte, c’est aussi très important. Plus un peu de recherche.

Est ce que vous aimeriez partager avec les musiciens malgaches ?
Si on me propose de faire un atelier, je le ferai durant mon passage ici au pays. De plus, j’ai emmené mon petit studio, je peux faire des enregistrements même en brousse.

Source : lexpressmada.com
N.R.

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