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Menace de coup d’État – Les forces de l’ordre sur le qui-vive

Jeudi 19 Mai 2016

Menace de coup d’État – Les forces de l’ordre sur le qui-vive
Une forte concentration d’éléments des forces de l’ordre était aperçue à Anosy en face de la TVM, hier. Une menace de casse menant à un coup d’État en serait l’origine.

Mesure préventive. C’est l’explication reçue sur la mesure de sécurité qui semble exceptionnelle déployée à Anosy, hier, en fin d’après-midi. Vers 17 heures, en effet, un fort bataillon de l’État major mixte opérationnel (EMMO), était observé sur le parking extérieur du ministère de la Culture, juste en face de l’entrée principale du siège de la Télévision nationale (TVM). Le branle-bas de combat d’hier était, cependant, dû à d’un renseignement sur l’imminence d’un « coup d’État ».
La forte présence d’éléments de sécurité avait intrigué les passants qui avaient immédiatement fait le rapprochement avec ce qui pouvait être un quadrillage de la station nationale, en prévision d’un risque. « La TVM et la RNM [Radion nationale] font quotidiennement l’objet d’une surveillance particulière, mais cette fois-ci, il s’agit d’une mesure exceptionnelle en raison d’un renseignement sur des tentatives de trouble », indique le colonel Zafisam­batra Ravoavy, commandant du groupement Analamanga de la gendarmerie nationale, joint au téléphone, hier.
Restant prudent dans ses propos, pour ne pas alimenter une éventuelle psychose, le colonel Ravoavy, questionné sur un risque de « coup d’État », explique que « tous les renseignements sont pris au sérieux ». À lui, toutefois, d’ajouter que « les mesures de prévention prises dépend du degré d’importance et de fiabilité des renseignements reçus ». Au regard des hommes et des moyens déployés, hier, il semble que l’information soit en béton.
Plusieurs pick-up de l’EMMO remplis à ras bord de soldats affublés, au premier coup d’œil, de gilets par balle, de fusils d’assauts aux mains pour la plupart, et cagoulés pour certains, ont envahi le parvis du ministère de la Culture.

Scénario
Et comme le commandant de groupement Anala­manga l’a confir­mé, ce dispositif n’était pas pour la protection de la bâtisse de la TVM.
Des informations recueil­lies auprès de diverses sources policières et militaires expliquent, en effet, que le parking ministériel d’Anosy était juste « le point de départ et de ralliement des véhicules de patrouille ». Selon les récits des quelques sources contactées, « les renseignements font état de fomenteurs de trouble ayant recruté des jeunes gens des bas quartiers de la capitale afin de perpétrer des casses dans les zones commerciales de la capitale. Ces jeunes auraient déjà été payés ».
Quelques minutes après le rassemblement à Anosy, la forte garnison d’hier s’est éparpillée en patrouille dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment, Andava­mamba, Andranomanalina, Isotry, les 67 ha ou encore Antohomadinika et des zones commerciales comme Analakely, Behoririka et Ankorondrano. « L’objectif est de dissuader toute velléité d’actions de trouble », souligne l’une des sources jointes.
Si les renseignements ayant entrainé la forte réaction de l’EMMO, hier, ne se sont pas concrétisés, le choix du timing par les éventuels cerveaux n’est, visiblement, pas anodin. Hery Rajaonari­mam­pianina, président de la République, est en voyage à Singapour et ne sera de retour que ce jour, sauf changement. Hier, Olivier Solonan­drasana Mahafaly, Premier ministre, faisait une opération de charme à Ambanja, la ville de son enfance. Les deux chefs de l’Exécutif étaient, donc, absents de la capitale, au même moment.
« Le scénario de coup d’État commence toujours par des agitations civiles et passe par l’entrée en jeu de l’armée », déclare, du reste, une des sources contactée, hier. Il semblerait que certains veuillent rejouer la partition de 2009.

Garry Fabrice Ranaivoson
N.R.

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