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Miaro : « vous aider là où vous voulez aller »

Jeudi 8 Septembre 2016

Soasoa Ratsifa, vice présidente et Romy Voos présidente de l'Association Miaro Mada - Photo: www.agencepresse-oi.com
Soasoa Ratsifa, vice présidente et Romy Voos présidente de l'Association Miaro Mada - Photo: www.agencepresse-oi.com
C’est en substance le message que veulent faire passer les instigatrices de cette association humanitaire créée en 2012 par Romy Voos, présidente et Soasoa Ratsifa, vice présidente.

Avec une poignée d’amis, elles créent Miaro (littéralement « protéger ») afin de venir en aide aux populations défavorisées de la capitale et ses environs. Pour Romy : « beaucoup d’associations et d’ONG veulent aider les gens mais sans leur poser au préalable la question de leurs besoins. Aussi après avoir mis en place des infrastructures ou des formations, tout cela tombe en décrépitude car ça ne correspondait pas à leurs besoins. Nous essayons avec nos petits moyens de questionner les gens avant de les sensibiliser sur des actions de nettoyage, d’agriculture, de lecture mais aussi tout simplement de tendresse tant il est vrai que même dans la rue la tendresse mère/enfant doit être mise en avant… » dixit l’ex responsable de communication de grandes entreprises malgaches qui vit aujourd’hui à Londres.

Soasoa vient du monde du spectacle et met son expérience de scénariste au service de l’association en faisant participer les gens concernés : « il ne suffit pas de questionner et aider les gens, il faut qu’ils deviennent acteurs de leur propre destin. Arrêter avec l’assistanat qui a tué leur mentalité ces dernières années… Cela commence par leur implication dans les messages, on les met en scène, ils deviennent acteurs à leur propre service et à celui de leurs proches… »
Miaro fonctionne sur le principe du bénévolat et du don. Une poignée d’amis s’implique sur le terrain en organisant des événements et quelques entreprises les soutiennent (citons notamment JB et TAF pour leurs donations alimentaires, et Madagascar oil pour la logistique). Environ 95% des donations matérielles et financières sont redistribuées, les frais de fonctionnement étant réduits au minimum.
L’association essaie d’impliquer les autorités locales dans leurs actions, celles ci leur donnent les autorisations et peuvent les aider par exemple en prêtant des locaux.

Même si la récupération politique n’est jamais à exclure dans ce genre d’initiatives, les deux jeunes femmes tiennent à souligner l’abnégation et le désintérêt qui anime les membres de Miaro : « la preuve, un grand politicien de la capitale fait partie du groupe mais il reste discret et n’en profite pas pour sa popularité… » dixit Romy, le sourire aux lèvres.

Des actions au profit des enfants

Multiples sont les actions de l’association depuis sa création. Elles sont généralement focalisées sur la mère et l’enfance et l’hygiène. Miaro Madagascar a fourni des appareillages aux handicapés, des vêtements aux enfants défavorisés en hiver, des équipements médicaux aux CSB, de la nourriture à un centre pour handicapés, des dons de kits scolaires et pédagogiques pour les EPP.

Dernièrement, l’association a organisé 3 jours de bibliobus à Analakely, à Andoharanofotsy et à Alasora. C’était un moyen pour les enfants tant lettrés qu’illettrés de lire ou d’écouter des histoires avec des bénévoles. « Remettre l’éducation au cœur de l’enfance et remettre l’enfance au cœur de l’enfance » résume Romy Voos. Une partie de chaque journée a été dédiée aux mères des enfants qui ont pu bénéficier d’un petit atelier sur l’importance de la tendresse et l’éducation sans violence. Le bibliobus est d’ailleurs très demandé car prochainement, le 24 septembre, il sera au profit de l’EPP Manandona.

Une action de nettoyage de village avec la commune d’Ambohijanaka à Imerimanjaka a débuté depuis 2013. Pour pérenniser la propreté des quartiers, une descente à l’improviste de l’association se fait dans les quartiers. Si ceux-ci restent propres, les familles pourront bénéficier de donations (huile, riz..). Ce système d’autocontrôle a été fructueux car le maintien de la propreté a été remarqué jusqu’ici.

*Romy Voos vit aujourd’hui à Londres où elle doit terminer un MBA en développement durable en septembre 2017. Un MBA qui devrait lui permettre de participer à la relance économique de son pays. Pour elle : « Il faut voir comment les ressources extractives peuvent participer à une vraie croissance durable à Madagascar ». A suivre.

Source www.agencepresse-oi.com
Vola Rasoamanana

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