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Mieux gérer les déchets à Madagascar

Samedi 24 Novembre 2012

Mieux gérer les déchets à Madagascar
Notre rédactrice invitée du jour, Lucie Dauvergne, biochimiste de formation, officie désormais comme chef de projets dans l’environnement (communication, sciences participatives, EEDD…)... (source : ecoloinfo.com)

Lucie Dauvergne, biochimiste de formation
Lucie Dauvergne, biochimiste de formation
Elle vient de démarrer son 1er tour du monde, en un an et 20 escales, avec comme objectif de mettre en lumière certaines bonnes pratiques en matière de développement soutenable.

Le principe retenu pour son voyage tend vers l’éco-responsabilité : un billet d’avion dont le carbone est « compensé » auprès d’une ONG, des transports en commun et du couchsurfing dès que possible, de la débrouille, de la spontanéité et des rencontres… Son 1er tour du Monde elle l’a appelé « La piste bleue », parce que la Terre est bleue vue du ciel…

Lucie a pu rencontrer ces jours-ci Jacques Primet, ancien forestier de l’ONF à Mafate (La Réunion), membre de l’Alliance française (AF) de l’île de Sainte-Marie (Madagascar), en charge de la bibliothèque. Celui-ci s’est installé ici il y a quelques années et s’apprête à œuvrer comme chef de projet bénévole d’une déchetterie expérimentale. Il lui a parlé en détail de ce projet.

DES ORDURES NON GÉRÉES

A Madagascar, il existe peu, voire pas, de ramassage des déchets. Les Malgaches jettent en général leurs ordures sur la voie publique ou dans les cours d’eau, les brûlent ou les enterrent. Dans ce pays tropical, où la population doit faire face à des difficultés d’approvisionnement en eau, son assainissement pose un véritable problème de santé publique. Antananarivo a d’ailleurs été classée « 3ème ville la plus insalubre au monde» en 2009 par le magazine Forbes. La capitale, ainsi que quelques communes balnéaires commencent à se pencher sur la question

Sainte-Marie, c’est l’île de carte postale par excellence. Un paradis sauvage à l’est de Madagascar, vivant en grande partie du tourisme. Le bord de mer est déjà très propre (bien plus propre que le reste de la grande île), même si des déchets s’accumulent parfois dans le lit des rivières à sec. La brousse est malheureusement moins épargnée. Aujourd’hui, la collecte des déchets s’y fait ponctuellement et de manière participative, à la demande du Président de délégation spéciale1 qui organise régulièrement des opérations de ramassage avec les habitants, mais ce n’est pas suffisant pour avoir une île impeccable. Et puis, au-delà du problème de collecte, se posent les questions suivantes : comment convaincre les populations de trier leurs déchets et de les déposer en un unique endroit ? Que faire ensuite des déchets récoltés ?

Sainte-Marie a la chance d’être très proche de sa grande sœur l’île de la Réunion et de posséder une population très jeune. Le changement passera par l’éducation à n’en pas douter.

L’accord de coopération décentralisée entre la ville de Saint-Paul et la Communauté Urbaine de Sainte-Marie, signé fin 2009, prévoit déjà des actions de coopération environnementale. Il s’agit notamment de l‘octroi d’un camion-benne pour le ramassage des déchets, ainsi que de l’appui technique d’experts du Territoire des communes de l’ouest de la Réunion (TCO) pour leur traitement.

UNE DÉCHETTERIE EXPÉRIMENTALE
L’idée consiste à créer et gérer une déchetterie dans le sud de l’île, à organiser le ramassage des déchets, à les pré-traiter sur place et à organiser leur envoi sur leur lieu final de traitement. On parle de déchetterie expérimentale, car la décision de poursuivre ou non l’expérience sera prise à l’issue du bilan effectué après une année de fonctionnement. L’originalité du projet repose sur une sensibilisation « festive et intelligente » des enfants à la problématique des déchets.

Le projet fait l’unanimité dans la commune de Sainte-Marie et regroupe déjà de nombreux partenaires :

L’Alliance française (AF)
La circonscription scolaire
La Cetamada (association pour la protection des mammifères marins autour de Madagascar)
Les 4 plus grandes structures hôtelières de Sainte-Marie (dont l’un des propriétaires est Consul honoraire de France), qui se mettront eux-même à la recherche de partenariats financiers dès que le feu vert sera donné par Saint-Paul
La Direction régionale de l’environnement et des forêts, qui assurera la demande d’ouverture de la déchetterie auprès des autorités malgaches de tutelle

CONCRÈTEMENT, COMMENT ÇA VA MARCHER ?
# La déchetterie :

Une surface terrassée de 400 m² aux alentours de Vohilava
Différentes aires de stockage, avec des compartiments à déchets en parpaings : aluminium, ferrailles, verre, plastique, piles, déchets verts, etc.
2 agents communaux formés par les techniciens du TCO
# La dépose par la population :

Sur 20 sites choisis avec les chefs de fokontany2 et dans les hôtels partenaires
Dans des containers clairement identifiés par des couleurs et une signalétique en malgache (75 fûts d’essence coupés en 2 soient 150 bacs en plastique)
# La collecte et le pré-traitement :

Collecte 2 fois par semaine assurée, grâce au camion-benne offert par Saint-Paul, par 2 autres agents communaux (1 chauffeur et 1 ouvrier), qui seront également en charge de la sensibilisation des habitants.
Pré-traitement : compostage des déchets verts dans des fosses, compactage à la main du plastique et de l’aluminium, broyage du verre non recyclé avec un broyeur (pour l’incorporer dans des dalles de béton), incinération (avec un incinérateur récupérateur de fumée)
# L’expédition des déchets pré-traités (plastiques, aluminium, ferrailles…) :

Vers Tamatave, via les bateaux qui assurent déjà l’approvisionnement de l’île
Puis vers leur destination finale en vue de leur retraitement (probablement l’Afrique du sud), via les bateaux transportant les déchets de la commune de Saint-Paul
#La sensibilisation à l’environnement :

La sensibilisation des habitants sera effectuée par les deux employés municipaux en charge de la collecte et du pré-traitement des déchets, avec le concours des chefs de fokontany
Celle des enfants se fera, avec le concours de la circonscription scolaire, par la projection de films dans les écoles (notamment ceux de l’association Cetamada), lors des tournées de la bibliothèque itinérante de l’AF
Une réflexion globale sur la réduction des déchets en amont (notamment des sacs en plastique3) s’avère également indispensable

# Calendrier

Les Saint-Marinois attendent la visite de la députée-maire de Saint-Paul et espèrent un démarrage du projet courant du premier semestre 2013

N.R.

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