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Mons: l'université se lance dans la culture de coraux à Madagascar

Vendredi 14 Août 2015

Après les cultures d’algues et de concombres de mer, l’UMons se lance dans une nouvelle aventure, sur l’île de Madagascar. Le laboratoire de biologie marine étudie comment reproduire du corail. Objectif : pratiquer une culture équitable, qui donne du travail aux pêcheurs malgaches. De grands aquariums, comme Nausicaa, sont intéressés.

En voyant ses photos, on se dit qu’il fait un bien beau métier… Gildas Todinanahary partage son temps entre Mons et "Mada" (Madagascar). Il est doctorant à l’université et se focalise sur le projet "corail". "Ma mission, c’est d’évaluer la faisabilité du projet, dans les villages de pêcheurs". Première étape : dénicher l’endroit ad hoc pour cultiver le corail. Il plonge, ramène des échantillons, les analyse… "ça ne pousse pas partout ! Il faut des conditions particulières dans lesquelles ils peuvent pousser".

Deuxième étape : la technique. "On pratique le bouturage. Comme pour les plantes, en fait. On coupe une petite branche, on la fixe sur un support et on la laisse dans l’eau pour qu’elle grandisse".

C’est Gildas qui explique aux villageois comment faire. Sur place, un village-test a été identifié. "Heureusement, les villageois n’ont pas peur des nouvelles choses. Et j’ai remarqué aussi que le projet il avait permis de sensibiliser les gens. Car là-bas ils ont toujours considéré ces coraux comme des pierres. Ils les appellent d’ailleurs comme ça ! Depuis les essais qu’on a faits, ils ont compris que c’était du vivant ! On est presque sûr que ça va les influencer au quotidien, le fait par exemple de ne plus piétiner le corail lorsqu’ils vont pêcher, etc".

3 - L'équipe malgache
  • 3 - L'équipe malgache
  • 2 - Gildas en repérage
Rentable, cette culture de coraux ? "Oui", répond Nicolas Puccini. Fraîchement diplômé de l’UMons (ingénieur de gestion), il a passé six semaines à Madagascar, pour évaluer la faisabilité économique du projet. "Il ne faut pas beaucoup d’investissements. On bouture des coraux un peu comme on le ferait avec une plante. Le matériel, peu coûteux, être réutilisé. Ce qui revient plus cher, c’est le transport vers l’Europe. Selon mes prévisions, cela pourrait être rentable à partir de 30 coraux, produits par mois. Mais nous prévoyons d’en faire une centaine. En vendre 75 par mois, et en réimplanter 25. Cela créerait de l’emploi pour une dizaine de personnes : pêcheurs, techniciens et secrétaire compris. Evidemment, cela ne s’envisage qu’en activité complémentaire, car la culture des coraux réclame quelques heures de travail par mois seulement ! Mais en salaire "horaire", c’est dix fois mieux payé que la pêche ou les cultures de concombre de mer et d’algues ! Autre avantage : la vie va renaître dans ces coraux. En effet, si nous réimplantons des coraux dans les massifs, des poissons vont revenir. D’ où de meilleurs résultats de pêche. C’est gagnant-gagnant !".

Selon l’étude de Nicolas Puccini, l’activité pourrait être rentable d’ici deux ans, "avec un profit annuel de plus ou moins 10 000 euros".

5 - Une bouture fixée sur son support
  • 5 - Une bouture fixée sur son support
  • 4 - Boutures de coraux
Il nous parle d’exporter ces coraux. Mais qui pourrait se montrer intéressé ? "Des gens comme vous et moi", répond Igor Eeckhaut, du laboratoire de Biologie marine de l’UMons, "pour autant qu’ils soient aquariophiles! On pense aussi aux très grands aquariums, comme Nausicaa, à Boulogne-sur-Mer. Nous sommes en contact avec eux. Egalement avec l’industrie pharmaceutique, car les coraux contiennent certaines molécules bio-actives" (ndlr : au centre de plusieurs recherches pour lutter contre le cancer ou le sida, notamment).

Pas encore d’engagement ferme, " mais beaucoup d’intérêt. On essaie aussi de contacter des gens actifs dans le business de la vente de corail en Europe ". Parmi les pistes figurent des hôtels de luxe, des grossistes spécialisés dans la vente d’invertébrés ornementaux ou des zoos.

Dernière question. Pourquoi ne pas utiliser cette technique pour "sauver" certaines barrières de corail, particulièrement mises à mal ces dernières dizaines d’années ? "En 2050, on sait effectivement qu’une grande surface des coraux risque de ne pas avoir survécu, à cause du réchauffement climatique en particulier. Ce serait intéressant en effet d’avoir ces méthodes dans les mains".

Le hic, c’est que ça risque de coûter cher… "Et la plupart des récifs coralliens sont en bordure de pays en voie de développement", précise Igor Eeckhaut. Question de priorité, on se soucie peu de la santé des coraux. Toute une économie gravite pourtant autour de ces organismes marins, explique le spécialiste. "L’éco-tourisme génère plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année. Sauver les coraux permet aussi à toute une faune de se développer. Des poissons, des invertébrés, des pieuvres, qui seront ensuite mangés par les populations humaines, se cachent parmi ces coraux ! Donc sans coraux, on peut s’inquiéter pour la survie des populations qui vivent autour de ces récifs coralliens".

N.R.

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