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Père Pédro : "C'est l'opposition malgache qui fait durer la Transition"

Mercredi 14 Novembre 2012

Père Pédro : "C'est l'opposition malgache qui fait durer la Transition"
Son visage est familier des Réunionnais. Le Père Pédro est actuellement à la Réunion pour réactiver son réseau, lever des fonds et faire appel à la solidarité de la population. (source : zinfos974.com)

150.000 euros, c'est le montant qu'il espère récolter pour construire un bâtiment "sur quatre niveaux" dit-il. "Un ouvrage qui coûterait quelques millions d'euros ici à la Réunion", histoire de relativiser. Sans détour, il évoque avec nous son rôle de "missionnaire" qui se poursuit, au-delà de ce qu'il avait imaginé à son arrivée dans la Grande Ile, voilà déjà quarante ans. Il ne manque pas également d'égratigner l'opposition malgache, coupable à ses yeux de faire durer le pouvoir de Transition.

Etes-vous fier du travail accompli à Madagascar ?

On ne se contentera jamais de ce que nous avons fait. C'est une goutte d'eau dans l'océan mais une goutte d'eau qui est assez importante quand elle tombe sur la tête d'un homme politique, ça le réveille. Il se dit : "tiens, comment cette association Akamasoa a fait ça et nous, avec toutes les aides internationales, comment on ne peut pas faire ça... Notre rôle est de réveiller les responsables politiques du pays, réveiller la société civile, les gens de bonne volonté. Si nous on se prend en charge nous-même, que nous travaillons vraiment pour sortir nos frères qui sont dans l'extrême misère, qui sont quand même 70%, c'est beaucoup ! Les gens qui voient ce travail là, ils vont nous aider, parce qu'on a toujours dit que celui qui travaille il faut l'aider. On n'aide pas quelqu'un qui dort, qui est paresseux, on aide celui qui travaille.

Ecole, travail, discipline : voilà nos trois critères. Je dis : je ne peux pas vivre la vie à votre place, vous ne pouvez pas vivre la mienne. Alors si vous aimez vos enfants, si vous aimez votre famille, si vous travaillez, si vous scolarisez votre enfant, si vous respectez la discipline, on s'en sortira, c'est certain. Sans tout ça, on tombera dans un chaos plus grand. Le chaos c'est ce qui se passe un peu dans la Grande île où il n'y a pas de pouvoir politique. Il y a un grand laisser-aller. Mais personne réagit. A Akamasoa, nous réagissons. Quand il y a un mal, on le dit. Quand il y a une injustice, on la dénonce ! On ne se tait pas car la meilleure façon de servir un peuple c'est de lui dire la vérité.

Comment jugez-vous ce pouvoir de transition qui ne fait que durer ?

C'est l'opposition qui le fait durer. L'opposition veut le faire couler. La politique politicienne n'a jamais servi un pays. Cette politique politicienne est en train de faire couler davantage son propre peuple. Personne n'est élu aujourd'hui à Madagascar. C'est pourquoi le président Rajoelina voudrait faire le plus vite possible. Maintenant, ce sont les Nations Unies avec la Transition qui ont décidé que le 8 mai prochain serait la date des présidentielles mais l'Autorité de transition voulait faire avant. Que Dieu nous garde que cette date ne soit pas retardée car il y en a qui doutent. Ceux qui doutent, c'est qu'ils veulent une crise plus grande encore. Mais depuis l'indépendance, on peut dire qu'on a vécu dans le mensonge, dans les promesses non tenues. Et les gens sont découragés. Quand vous respectez le peuple, quand vous dites ce que vous pouvez faire et que vous le faites, les gens vous suivent. Je ne suis pas né à Madagascar pourtant les gens me suivent. C'est la preuve que quand vous dites la vérité, les gens ne regardent plus d'où vous êtes, de quelle couleur vous êtes.

Avez-vous songé une seule seconde à vous présenter à une présidentielle ?

Des journalistes malgaches m'ont déjà posé la question. Ils m'ont dit : "si vous vous présentez vous serez élu". Je dis, mon Dieu, ceux qui disent cela, ils ont voulu gifler leurs propres politiciens. Deuxièmement, je le prends dans le bon sens, ils m'ont considéré comme quelqu'un de leur famille, comme leur frère en me faisant cette proposition. Et troisièmement, je ne les crois pas (rires). Non, je resterai un prêtre, un missionnaire, je resterai si vous voulez un prophète qui dénonce toutes les exactions, la pauvreté, le mensonge et qui lutte pour un peuple.

Pensiez-vous rester autant d'années dans ce pays quand vous avez posé vos valises ?

Je suis arrivé pour la première fois en 1972. Non, je ne pensais pas rester autant d'années. Je ne pensais pas être à la tête de 20.000 personnes.

A défaut d'être président, vous voilà quasiment maire d'une petite ville.

Oui, mais un maire ne donne pas de travail à toutes ces personnes. Nous donnons du travail, nous scolarisons, nous donnons à manger à 6.000 enfants de l'école primaire tous les jours. Et construire 18 villages, jamais je ne l'aurais imaginé.

Tout le monde connaît le Père Pédro, mais quelles sont les personnes qui vous aident dans cette immense tâche ?

J'ai 412 collaborateurs à Akamasoa. Professeurs, ingénieurs, docteurs, sages-femmes, infirmiers, assistantes sociales : tous malgaches. Et je suis fier d'avoir trouvé à Mada des jeunes qui aiment leur pays, leurs enfants, leur patrie. C'est vrai qu'avec une telle corruption qui existe à Madagascar, l'honnêteté ne court pas les rues. Mais je suis heureux de les avoir trouvé.

Ludovic Grondin
N.R.

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