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Peste à Madagascar: «Il faut éduquer la population», rappelle Kolo Roger sur RFI.

Dimanche 30 Novembre 2014

La saison pesteuse s’étend d’octobre à mars. Déjà, en deux mois, 47 personnes sont mortes à Madagascar, et 138 cas de peste ont été notifiés selon un dernier bilan. Pour la première fois depuis 2007, à Antananarivo, une femme habitant un quartier pauvre en est morte.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre le risque de développement de la maladie dans la capitale malgache, à cause de la forte densité de population et de l’insalubrité. Pour en parler, notre invité ce dimanche 30 novembre est le Premier ministre malgache Kolo Roger. Il répond aux questions de Jeanne Richard.

RFI : Bien que les chiffres de l’épidémie de peste soient similaires à ceux de l’année dernière, quelques points préoccupent les responsables de la santé publique...

Roger Kolo : Un des points qui peut préoccuper les responsables de la santé publique, c’est la létalité. C’est-à-dire qu’il y a un nombre de morts beaucoup plus fort. Il fallait par endroits peut-être prendre en charge un peu plus rapidement les patients qui sont atteints de la peste et éduquer les gens, éduquer la population surtout dans des zones d’endémie pesteuse, leur dire : « Les rats, il ne faut pas les tuer directement. Il faut d’abord désinsectiser parce que ce ne sont pas les rats en eux-mêmes qui sont dangereux, c’est surtout les puces qui sucent les rats ».

Si ces puces ne rencontrent pas de rats mais qu’ils rencontrent une personne humaine, ils vont piquer la personne humaine et transmettre le bacille pesteux, le Yersinia pestis, et donner la maladie. Donc il faut dire aux gens : « Dès que vous avez la fièvre, dès que vous avez des ganglions, surtout si ça se passe pendant la saison pesteuse, il faut tout de suite consulter. »

La peste est une maladie qui fait très peur. Que faire ou que dire pour rassurer les investisseurs, les hommes d’affaires et les touristes qui hésitent à venir à Madagascar ?

Nous, ce qu’on peut dire, c’est que tous les ans il y a la peste dans les pays d’endémie pesteuse. Ce n’est pas seulement Madagascar, c’est plusieurs pays africains, l’Algérie, et même dans certaines régions des Etats-Unis où la peste n’a pas été éliminée. Lorsqu’il s’agit de défendre le pays, tout le monde doit faire bloc pour donner les bonnes informations. Et évidemment ne rien cacher. On ne peut de tout façon pas cacher. En accord avec l’OMS, nous devons déclarer cette maladie.

Il faut leur dire il y a de la peste, mais que cette année les chiffres comparés aux précédentes saisons pesteuses n’ont pas été plus mauvais. Donc, ils peuvent venir. Si par malheur véritablement cela devait arriver avec un pourcentage bien sûr très bas, ça se soigne. Il ne faut surtout pas que les Européens aient peur par exemple des produits importés d’ici parce qu’on peut contrôler tous les produits. Jamais aucune puce ne va rester sur ces produits-là parce que ce qu’elles veulent, c'est du sang chaud. Et sur les produits alimentaires, il n’y a pas de sang chaud.

L’insalubrité est l’une des causes de la réapparition de la peste à Antananarivo. Il y a un problème de gestion des déchets important. Qu’avez-vous prévu de faire pour régler la question ?

Evidement qu’il faut lutter contre l’insalubrité, c’est-à-dire pousser la mairie d’Antananarivo à faire du ramassage des poubelles le plus souvent possible pour qu’il n’y ait pas de sites pour abriter les rats. Puis éduquer les gens à être dans un état d’hygiène minimum, bien se laver les mains, bien se doucher etc.

Les programmes de lutte contre la peste ont ralenti ces dernières années, notamment la surveillance des puces et des rats d’Antananarivo. Pourquoi ?

Le budget de la Santé a nettement diminué pendant les cinq années qui ont précédé jusqu’à atteindre seulement 30 % du budget habituel. Evidemment on va se battre pour redresser ce budget de la Santé et la peste fait partie des maladies un peu rares, un peu négligées qu’on va vraiment attaquer, pour l’image du pays surtout.

D’après nos sources, les fonds alloués à la lutte contre la peste ces dernières années auraient été détournés au profit de certaines personnes pour financer leur campagne électorale. Où est passé l’argent ?

Nous à Madagascar, on s’est promis de faire la bonne gouvernance. Tous fonds alloués, le franc malgache, le dollar qui a été donné, doit aller là où il doit aller. Et là, ça ne va pas rester impuni si jamais on arrive à prouver véritablement le détournement et à trouver véritablement quelle est la personne qui est à l’origine du détournement.

Source RFI
N.R.

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