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Procès de la veuve libertine malgache : "On m’a jugé sur ma façon de vivre"

Lundi 15 Octobre 2012

Frantz Diguelman
Frantz Diguelman
Lu sur : blogs.mediapart.fr : La veuve Mistler s’exprime avant son procès pour la mort de son mari à La Grande-Motte.

Du 18 au 26 octobre, la cour d’assises des Pyrénées-Orientales rejuge en appel Frantz Diguelman et Diane Mistler pour la mort de Paul Mistler.
Le 22 avril 2007, à la sortie d’un club échangiste de La Grande-Motte, l’ancien banquier a été tué d’un coup de fusil harpon dans le dos puis de vingt coups de couteau. En avril 2011, après plusieurs rebondissements judiciaires, la veuve a été condamnée à 25 ans de réclusion pour complicité d’assassinat. En liberté sous contrôle judiciaire, elle répond aux questions de Midi Libre, avant son nouveau procès. Elle crie son innocence.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Pour le premier procès, je n’avais pas peur. Là, j’ai peur. Le premier juge m’a donné un non-lieu et après, je ne comprends pas pourquoi, on m’a envoyé aux assises sans preuve et on m’a condamné à 25 ans ! Sur le coup, on se dit “c’est pas vrai”. J’ai mis des jours à réaliser que j’étais vraiment en prison (elle pleure). On m’a jugé sur ma façon de vivre, pas pour ce que j’ai fait.

Vous êtes accusée d’avoir manipulé votre amant pour qu’il assassine votre mari. Ce qu’il aurait fait par amour...

Je ne me doutais de rien. Pour moi c’était impossible qu’il tue quelqu’un. Diguelman me suivait partout, il ne faisait que ça d’ailleurs. Après son travail, il regardait dans mon magasin, quand j’étais pas là, il regardait quand même, il surveillait. Le pire, c’est que je n’ai pas senti qu’il était amoureux fou de moi, je ne l’ai pas vu et ça je le regrette, oui.

Vous lui auriez dit que votre mari vous contraignait à l’échangisme et que vous l’aimiez...

Mais y’a pas qu’à lui ! Tous les matins, tous les soirs, j’envoyais des messages “je t’aime cœur, bonne nuit cœur” à tous mes amants, à tous je disais la même chose. Pour moi, c’était un jeu. Il avait sa vie, j’avais la mienne, j’étais mariée, à aucun moment on a eu le projet de vivre ensemble. La contrainte de l’échangisme, c’est faux, je ne sais pas ce qui s’est passé dans sa tête, mais on n’a pas le droit de tuer quelqu’un.

Vos mensonges à répétition jouent contre vous.

Moi je disais aux hommes tout ce qu’ils ont envie d’entendre. Si j’ai envie de leur dire je t’aime et qu’ils le croient, c’est leur problème, ils sont mariés et vaccinés. C’est consentant et entre adultes, c’est un jeu de séduction, j’ai jamais demandé à quelqu’un d’aller tuer mon mari ou de divorcer de leur femme et d’aller vivre avec moi, surtout pas !

Pour l’accusation, la peur du divorce est le mobile : vous auriez perdu votre niveau de vie.

J’étais pas au courant ! Comme tous les couples, il y a eu des hauts et des bas. Si mon mari voulait divorcer, pourquoi on partait en vacances ensemble ? Pourquoi on voulait acheter une maison ensemble à La Réunion, qui était aménagée pour y vivre ? Et pourquoi on allait encore en club échangiste s’il voulait divorcer ? Il n’y a rien, il n’y a pas de mobile.

Il aurait été lassé de vos multiples aventures extraconjugales.

On était un couple libertin, les amants c’était un jeu entre nous deux. Et si vous allez dans un club échangiste, c’est pas pour enfiler des perles, c’est pas pour se regarder devant la glace. Moi j’assume ma sexualité là où certains ont du mal à l’affronter. On m’a jugé pour ma façon de vivre, on m’a jugé pour ma sexualité, mais personne n’a le droit de me juger à part mon mari. Combien de personnes ont des amants et des maîtresses ? On fréquentait les boîtes échangistes, oui, mais on ne l’a jamais crié sur les toits, on assumait notre vie. Mon mari, je l’aimais, oui c’était un amour réel.

A la sortie du club échangiste, la nuit du drame, vous n’avez pas reconnu le tueur, votre amant...

Je l’ai pas reconnu, non, j’ai vu quelqu’un cheveux mi-longs, grand, j’ai pas remarqué. Mais quand j’ai vu mon mari par terre, je n’ai regardé que lui...

Votre belle-famille dénonce votre attitude de veuve “joyeuse”.

Dans notre culture malgache, il y a des choses qui ne sont pas taboues. Dans notre pays, on survit et on ne regarde pas ce que font les autres, on vit au jour le jour. Les gens voudraient que l’on pleure devant eux, non, chez nous le deuil on le fait en famille. Ma belle-famille je ne la voyais jamais. Contrairement à ce qu’elle dit, j’ai amené mon fils à plusieurs reprises au cimetière et je continue à y aller.

Il est aussi question de sorcellerie : vous seriez allée chercher de la poudre à Agen pour empoisonner votre mari.

On a nos coutumes mais la sorcellerie non ! On fait la fête avec les morts, oui, mais ces histoires de gri-gri non. A Agen, c’était pas de la poudre blanche, mais pour récupérer des citrons confits de Madagascar qu’on ne trouve pas ici.

Vous n’avez jamais eu l’envie de vous enfuir ?

J’ai rien à me reprocher, j’ai jamais eu l’intention de partir. Je veux que l’on sache que j’ai rien fait et qu’on me foute la paix, qu’on arrête de me montrer dans la rue en disant “regarde la tueuse”. Je reste à La Grande-Motte. Je suis innocente et jusqu’au bout, je clamerai mon innocence (elle sanglote).

Propos recueillis par Yanick Philipponnat

N.R.

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