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Projet de pôle universitaire à Nosy Bé

Mercredi 30 Mai 2012

Projet de pôle universitaire à Nosy Bé
Samedi matin, une rencontre-débat était organisée à Hellville entre plusieurs décideurs politiques et la population autour du thème de la création d'un pôle universitaire à Nosy Bé, un projet qui permettrait d'accéder aux études supérieurs à un plus grand nombre de jeunes. (source : malango-actualite.fr)

Nosy Bé est, elle aussi, confrontée à un problème endémique aux îles : la poursuite des études supérieures qui oblige les étudiants à quitter l'île avec toutes les difficultés qui en découlent, financières et autres. Même si les nouvelles technologies permettent d'envisager un enseignement à distance, « le face à face avec l'enseignant reste indispensable à certains moments », comme le soulignera la ministre de la culture, Elia Ravelomanantsoa. Une solution, déjà appliquée par certaines universités européennes, consiste à décentraliser une partie des formations dispensées par une université existante, en l'occurrence, celle d'Antisranana (Diego Suarez), capitale de la région Diana dont fait également partie Nosy Bé.

Le pôle universitaire de Nosy Bé dispenserait donc un enseignement jusqu'à bac plus deux ou bac plus trois dans des filières principalement techniques et touristiques afin de tenir compte du contexte économique de l'île.

La coopération entre les universités de la région a également été évoquée et il est dommage que le président du conseil général de Mayotte, où un pôle universitaire va ouvrir ses portes en septembre prochain, n'ait pas pu partagé son expérience avec la ministre. Daniel Zaïdani était absent de ce colloque et s'était fait représenté par son directeur de cabinet.

La ministre de la culture fait une analyse plus globale

« Il est important que tout le monde soit là » lance Elia Ravelomanantsoa, ministre de la culture et du patrimoine, après avoir constaté qu'aucun membre de la CCI (chambre de commerce et d'industrie) n'était présent à cette réunion alors qu'elle « représente le secteur privé » sans lequel rien ne pourra avancer et qu'il faut « mettre en adéquation les formations et les besoins » et donc recueillir les besoins des entreprises nosybéennes.

Abordant le sujet des enseignants, elle regrette qu'il « n'y a pas assez d'enseignants à

Madagascar » et que « des enseignants, des nosybéens, partent enseigner ailleurs », une manière de rappeler aux pays riches qui pratiquent l'immigration choisie que cette sélection vide les pays émergents de leur élite, les handicapant dans leur développement. « Il faut créer un lobby d'intellectuels » qui pourrait peser sur les décisions. Et leur donner un statut social qui leur donne envie de rentrer au pays.

La ministre évoque également le modèle de fonctionnement de l'enseignement supérieur. « Lorsque nous avons posé la question « quel est pour vous le pays idéal? » », la réponse a été majoritairement « les Etats-Unis ». Elle énumère alors les inconvénients du système de financement des études outre atlantique. « Les parents s'endettent » ou ce sont les étudiants eux-mêmes qui le font, « pour de nombreuses années » ou au mieux « si vous êtes un sportif accompli dans une discipline, c'est l'université qui paye vos études » pour que l'étudiant fasse la promotion de l'université lors des compétitions. Elle semble donner sa préférence à un système français, basé sur la solidarité par l'octroi de bourses d'études.

Mais pour avoir un système basé sur la solidarité, encore faut-il avoir quelque chose à partager. Dans une analyse du mode de fonctionnement de la société malgache qu'elle affirme ne pas être « politique mais civique », mais qui en fait l'est au plus haut point, elle remarque qu'« il y a des marches qu'on a oubliées » et donne quelques chiffres : « sur 23 millions d'habitants que compte Madagascar, il y 6 à 7 millions d'adultes », or seuls « 600.000 d'entre eux payent des impôts », soit 10% de la population active. Elle regrette surtout que « le système malgache soit toujours tourné vers l'extérieur » avec une économie qui repose essentiellement sur les aides internationales.

La conclusion de ces échanges sur un projet difficile à mettre en place viendra d'un auditeur qui prendra la parole pour dire que « s'il y a une réelle volonté, le projet pourra aboutir ».

N.R.

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