Alerte Infos

Soeur Jeanne-Marie: « Ces trois dernières années ont été fortes. Très fortes. »

Samedi 2 Juin 2012

Soeur Jeanne-Marie: « Ces trois dernières années ont été fortes. Très fortes. »
Elle n'a pas changé. N'a même pas vieilli. À 59 ans, soeur Jeanne-Marie, de passage dans la région après trois ans d'absence, garde la même foi, la même ferveur dans l'engagement. (source : lavoixdunord.fr)

Elle n'a pas changé. N'a même pas vieilli. À 59 ans, soeur Jeanne-Marie, de passage dans la région après trois ans d'absence, garde la même foi, la même ferveur dans l'engagement. Son exploitation agricole, qui accueille les plus démunis, s'est, depuis 1995, développée, grâce notamment à l'association Marcq Madagascar. Ce lopin de terre qui comptait seulement une rivière dispose aujourd'hui de maisons d'ouvriers, d'une école, et même d'un poste de gendarmerie.

« Soeur Jeanne-Marie a un peu de retard. Elle a un emploi du temps bien rempli. » Aussi chargé que celui d'un ministre. Depuis son arrivée en France, la semaine dernière, la religieuse malgache sillonne la France, au gré des invitations d'amis et des demandes d'associations. « Elle est attendue à Metz, Paris, Lille, et dans l'Aisne, liste le fondateur de Marcq Madagascar, François Dumon. Elle partira ensuite à Narbonne et terminera son séjour par la Bretagne » où deux coopérants, ingénieurs agronomes, avec lesquels elle a travaillé, la convient à leur mariage. Ils lui ont payé son billet d'avion. Lui permettant de revenir en France, après trois ans d'absence. « Elle était revenue en 2009, pour la dixième édition de la fête aux huîtres », rappelle Régis Droulers, de Marcq Madagascar. L'occasion pour la religieuse de dresser le bilan de son exploitation agricole. De ce village né au milieu de nulle part, près de la rivière Befoza. « Il n'y avait rien, c'était le néant.

Même pas un habitant. » De son engagement pour lutter contre la misère humaine, l'injustice sociale. Jeanne-Marie reste marquée, presque hantée par le visage creusé des jeunes mères abandonnées par leurs familles ou par le corps meurtri des lépreux, qu'elle soignait dans un dispensaire, dans un village voisin de Befoza. « Je voulais faire quelque chose. » Faire plus.

Jeanne-Marie commence à accompagner quelques fermiers, avec des zébus : « La richesse des Malgaches se compte en nombre de zébus. »À 32 ans, elle se lance dans l'exploitation d'un domaine agricole et la formation des oubliés de la société malgache. Avec comme credo, la responsabilisation. « Il n'est pas question de les assister, mais de leur donner à chacun des tâches à remplir. » Elle se souvient encore de ce lopin de terre, nu, sans vie, au lancement de son projet. « Je suis partie de rien. Heureusement que Marcq Madagascar m'a aidée. » Et avoue, aussi, avoir versé de nombreuses larmes, au bord de cette rivière. « J'en ai eu des difficultés... »

Cyclones

Comme ces cyclones qui, chaque année, anéantissent les efforts humains. « En 2007, il a fallu tout recommencer. Combien de fois, j'ai pensé baisser les bras. Et lorsque je regardais tous ceux autour de moi, et les personnes qui me soutiennent, je reprenais de la force. » Et regagner la chapelle pour lancer un dernier appel : « C'est quand même lui qui m'a amenée là. Alors, il a intérêt de me filer un coup de main. » Aujourd'hui, le domaine agricole s'est développé, compte cent dix personnes sur le site dont une vingtaine d'enfants. Les actions se sont multipliées, comme le parrainage de 120 jeunes. Befoza est devenu un village, accueille une école et même un poste de gendarmerie. Et lorsqu'on demande à la religieuse de remonter les aiguilles du temps sur ces trois dernières années, Jeanne-Marie sourit. « Elles ont été fortes. Très fortes. On a agrandi notre porcherie, on a eu des vaches laitières, on a plus de rizières, on a construit des barrages pour alimenter ces barrières. On a accueilli plus de monde. On a énormément progressé », se réjouit-elle.

Dans ce centre d'accueil, au nord-est de l'île, en pleine brousse, à dix-sept kilomètres d'Andilamena, Jeanne-Marie est en paix. Mais, reste vigilante. Elle sait que le climat politique n'est pas des plus stables. Que la pauvreté et l'insécurité gagnent de plus en plus son pays. « La misère est là. Bien palpable. Le risque serait qu'on vienne nous piller. Mais j'ai confiance en l'avenir. On est protégés. » •

N.R.

Nouveau commentaire :

Alerte Infos | Insolites et le-saviez-vous ? | Interviews | Communiqués | Photos galeries | Bons plans | Questions-Réponses | Vaovaom-piangonana | Recettes malgaches | Tout sur Air Madagascar | Contact | Chronique | Misy raha ao | Voyages, Tourisme à Madagascar | Mada en 1 clin d'oeil | Lu sur le Net | Codes promos | Mada infos régions | Soirées | Tv Gasy | Web radio | Vos agendas soirées et événements ici ! | Courrier des femmes | PPN | A la une | APFMada : Association "Agir pour les femmes à Madagascar" | Journal Télévisé RTA - Madaplus | Associations | Sponsors et partenaires du Big Mada White - Nuit Blanche 2016 | Retrouvez : infos et Communiqués Air Madagascar