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Statut des artistes malgaches : première étape positive, selon Ramiandrisoa-R. Alban

Lundi 25 Juillet 2011

La Politique de la Culture doit assurer le développement de l’individu, préconise Ramiandrisoa-R Alban
La Politique de la Culture doit assurer le développement de l’individu, préconise Ramiandrisoa-R Alban
La reconnaissance du statut d’artistes a donné lieu à la création progressive des syndicats par "discipline" : littérature, musique, production de films, et ….

…le 9ème art, qu’est celui de la bande dessinée. Ramiandrisoa - Ratsivalaka Alban, auteur malgache de Bande Dessinée depuis 30 ans et Secrétaire Général du SEMPIMAHAI - syndicat des artistes figuratifs nous donne son avis sur la question.

Que signifie pour vous l’établissement du statut d’artistes, ainsi que la création du syndicat des arts figuratifs?

Le statut des artistes doit être considéré pour ce qu’il est : juste une première étape vers la reconnaissance du métier d’artiste comme étant un métier aussi respectable que n’importe quel autre.

La version actuelle n’est pas la meilleure mais au moins un premier pas aura été fait. Le syndicat des arts figuratifs (mais j’associe à cette idée aussi tous les autres syndicats d’artistes) va œuvrer pour que ce statut soit amélioré et que ce texte réponde vraiment à nos besoins.

Il y a beaucoup à faire car nous devrons carrément faire changer quelques textes juridiques dépassés pour qu’il soit réellement applicable. A moyen terme, un de nos objectifs est de rendre applicables pour les travailleurs indépendants les textes sur la protection sociale.

Cela voudra dire que l’on devra secouer le code du travail, les textes sur la prévention sociale et éventuellement nous devrons peut-être créer notre propre mutuelle de retraite. Pour l’instant nous n’en sommes qu’à la phase d’officialisation de notre syndicat.

Comme vous le savez, ce syndicat sera membre d’une Fédération ou d’une Centrale Syndicale qui va regrouper tous les autres syndicats d’artistes : lyriques, littéraires, dramatiques, etc. Nous sommes obligés d’avancer au rythme de tous les autres.

Comment voyez-vous l’avenir de la BD malgache, par rapport aux productions à l’extérieur ? En d’autres termes, ce métier permet-il de vivre décemment ?

La BD malgache ? Je suis assez pessimiste-du moins en ce qui concerne les productions «commerciales» car les coûts de publication sont exorbitants tandis que le public s’appauvrit continuellement.

Au niveau des créateurs, il y a d’énormes potentialités ; la différence avec les jeunes auteurs qui veulent émerger et leurs prédécesseurs est que la plupart des jeunes ont plus de «bagage». Beaucoup ont atteint le niveau universitaire.

Malheureusement, ces jeunes manquent souvent aussi de repères et produisent des récits à l’européenne, sans aucun ancrage dans la culture malgache. Sur le plan technique, le manque d’école de dessin sérieuse se fait aussi sentir.

Un de nos défis est de faire que ce métier permette de vivre, ce sera très dur, vu les réalités actuelles.

Question 3 : Quel est votre message pour le public malgache, à Madagascar et dans le monde, et / ou pour les autorités chargées de la Culture chez nous ?

Pour le public, je souhaiterai qu’il ait plus soif de culture, qu’il ne se contente pas de consommer béatement tout ce qu’on lui donne mais qu’il sache apprécier le bon travail (et qu’il soit prêt à rémunérer l’artiste selon sa valeur)

A Madagascar, on veut avoir de belles choses mais on n’est pas prêt à mettre la main à la poche. Je reçois des félicitations pour mon travail d’artiste depuis près de trente ans, mais je ne vis toujours pas de mon art.

Pour le monde, je n’ai rien à dire car, malheureusement pour notre pays, les étrangers apprécient parfois mieux l’authenticité malgache. Mais le message des éditeurs est invariable : lorsque vous serez une valeur reconnue chez vous, il vous sera plus facile d’être édité à l’étranger. Regardez le phénomène MANGA !!

Les japonais ont d’abord produit pour eux-mêmes et ce sont les occidentaux qui sont allés les chercher. Actuellement, les MANGAS dominent le marché de la BD et même du Livre en général, à tel point même que les jeunes européens n’ont plus aucun problème à les lire de droite à gauche !!

Enfin, pour les autorités chargées de la Culture, on devrait avoir une Politique axée sur le développement de l’individu. On oublie souvent que si le malgache n’a pas la culture du développement, il restera toujours pauvre : pauvre dans sa tête, et pauvre tout court.

Si l’on demande à un malgache pauvre ce qu’il est prêt à faire pour s’enrichir (sous-entendre travailler comme un fou), il dira sûrement : laissez-moi dans mon coin, c’est mon destin ! En voyageant, j’ai pu voir que nous avons vraiment négligé cet aspect psychologique de notre sous-développement.

Pour moi, on doit inculquer à chaque citoyen cette envie de bouger, de se dépasser. A mon avis, si l’on veut que la Culture soit un moteur du développement, il ne faut pas seulement le dire. Il faut avoir une politique plus agressive en ce sens. Ce n’est pas toujours une question d’argent : c’est avant tout une question de vision.

N.R.

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