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Thierry Mafisy Miharivonjy Razafindranaivo – Cuisinier à Madagascar

Dimanche 30 Décembre 2012

Photo: IRIN
Photo: IRIN
Antananarivo - Thierry Mafisy Miharivonjy Razafindranaivo, 26 ans, est l’un des trois cuisiniers qui travaillent au fast-food local à Antananarivo, la capitale de Madagascar. (source : .irinnews.org)

Les chaînes de restauration rapide sont un phénomène relativement récent dans la ville où les plats traditionnels sont à base de riz et où les restaurants tendent à se spécialiser en gastronomie française. Le personnel, en tenue de couleurs vives et coiffé d’une casquette, sert les clients tandis que M. Razafindranaivo fait cuire des steaks hachés dans une petite cuisine où règne une chaleur étouffante.

M. Razafindranaivo, sa femme et leur fille de six mois vivent chez ses parents au sein d’une famille élargie. Ils ne partagent pas les dépenses avec leur famille élargie et ils ont la chance de ne pas payer de loyer. Sa femme travaille dans une petite entreprise de tressage de paniers ; le couple gagne environ 92 dollars par mois, soit le salaire moyen d’une famille malgache dans la capitale.

« Je vis dans la même maison que mes parents, mais nous ne partageons pas les dépenses du foyer, donc je n’ai pas besoin de leur donner de l’argent ou de la nourriture. Ma femme, notre fille de six mois et moi survivons grâce à mon salaire. Ma femme aussi gagne un peu d’argent grâce à la fabrication de paniers. Ma mère sait fabriquer des objets d’artisanat traditionnel et ma femme travaille avec elle. Ainsi, nous gagnons un peu plus d’argent.

« Quand j’étais jeune, je voulais devenir fonctionnaire, comme mon père, mais il fallait réussir un examen pour pouvoir obtenir un stage au ministère et, contrairement à l’époque de mon père, il faut verser des pots-de-vin pour pouvoir y entrer aujourd’hui.

« Comme je n’ai pas pu entrer au ministère, j’ai essayé de trouver un emploi dans le secteur privé, mais c’était difficile, surtout ces trois dernières années avec la crise [en 2009, Marc Ravalomanana élu président à deux reprises a été renversé par Andry Rajoelina avec le soutien de l’armée ; la pauvreté n’a pas cessé d’augmenter depuis]. En fin de compte, j’étais content de trouver ce travail dans la restauration. Ma femme essaye toujours de trouver un emploi stable, mais jusqu’à présent c’est assez difficile.

« Je pense que mes parents avaient une vie meilleure. Les prix n’étaient pas aussi élevés quand ils étaient jeunes. Aujourd’hui, nous dépensons tout notre argent en nourriture. Il n’y a jamais assez d’argent pour finir le mois. Parfois, je n’arrive pas à dormir, car je m’inquiète à propos de tout ça ».

« La naissance de ma fille a été le plus heureux évènement de cette année. J’espère qu’elle pourra suivre de bonnes études et qu’elle aura assez de relations pour devenir fonctionnaire.

« Quel serait mon pire cauchemar ? Que nous ne puissions plus trouver de travail convenable et que le prix de la nourriture continue d’augmenter. Nous espérons que nous pourrons trouver des emplois mieux rémunérés. Peut-être que nous essayerons de vendre plus de paniers, mais souvent je n’arrive pas à dormir à cause des problèmes d’argent.

« J’espère que tout ira mieux l’année prochaine. Je ferai tout mon possible pour améliorer notre situation ».
N.R.

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