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Thomas Delbende, dix ans à enseigner à Madagascar, espère y retourner...émouvant témoignage

Jeudi 10 Mai 2012

Pour dire au revoir à Monsieur Thomas, ses élèves ont dessiné ce tableau : un cadeau précieux
Pour dire au revoir à Monsieur Thomas, ses élèves ont dessiné ce tableau : un cadeau précieux
L'assassinat sauvage de deux touristes nordistes a mis Madagascar au coeur de l'actualité. L'île rouge, comme on la surnomme parfois, est-elle si dangereuse ? Thomas Delbende la connaît un peu, pour y avoir enseigné près de dix ans. Il pense plutôt à un acte isolé, décrivant les Malgaches comme des gens polis, gentils, malgré la misère qui les accable.
(source : lavoixdunord.fr)

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Saint_Omer/actualite/Autour_de_Saint_Omer/De_La_Lys_a_L_Aa/2012/05/09/article_thomas-delbende-dix-ans-a-enseigner-a-ma.shtml http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Saint_Omer/actualite/Autour_de_Saint_Omer/De_La_Lys_a_L_Aa/2012/05/09/article_thomas-delbende-dix-ans-a-enseigner-a-ma.shtml


Avide de voyages, le jeune Roquestorien postule un jour pour enseigner à l'étranger. Un de ses couples d'amis a suivi cette filière pour découvrir le monde.
Cameroun, Mali, Égypte, Amérique du sud, les destinations sont variées, nombreuses, les demandes également. Mais son dossier est convaincant. Ce sera Madagascar, plus précisément Manakara, soixante-dix mille habitants au sud-est de l'île : presque le bout du monde.

« Dès l'atterrissage à Tananarive, j'ai compris le décalage des civilisations. Ce fut un choc, avec des bidonvilles autour de l'aéroport, une population grouillante, la saleté très présente. » Un voyage long, avec des trains fatigués, le taxi-brousse sur des routes en mauvais état, pour rejoindre son affectation, mais quelle beauté des paysages. Son quotidien allait désormais être rythmé par des enfants de cours préparatoire. Installée dans une ancienne maison coloniale, dans une école de riches dont la scolarité coûte un mois de salaire malgache, fréquentée par des Français, l'élite locale et les enfants de commerçants chinois. « Pas la peine de chercher l'informatique, des tableaux numériques. L'équipement est sommaire, mais bien supérieur à celui des écoles locales qui n'ont rien, parfois pas de crayons, de livres, de tableaux. Le programme est assez semblable mais adapté en histoire et géographie, comprend l'apprentissage du Malgache. L'essentiel est de savoir lire, écrire et compter. »

« L'informatiquem'a manqué »

Thomas Delbende, aidé par d'autres expatriés, a vite trouvé sa place. Mais il lui a fallu oublier Internet, les grands magasins, manger sans fromage. « L'informatique m'a manqué, limitant les échanges avec la famille, les amis. Se ravitailler au marché fut plutôt un plaisir. Les jus de fruits naturels, les poissons et la langouste sont en abondance. Le riz s'est imposé, mes habitudes alimentaires ont changé. » Comme les déplacements, car se rendre à la capitale, éloignée de six cents kilomètres, est une expédition. « C'est une route de montagne, en mauvais état, un train fatigué par les voyages, obligé d'aborder les montées au ralenti tellement il est chargé. Dix, douze, vingt-quatre heures de voyage, tout est possible. »

Malgré ces contraintes et la corruption, les Malgaches sont tranquilles, accueillants, pacifiques, observe l'instituteur. « Et aussi très patients, presque résignés face la misère. Dans certaines régions, l'électricité est inconnue, les blancs aussi. Imaginez le décalage entre notre vie d'Européens et la leur. Nous, coopérants, sommes privilégiés, avec des domestiques, des moyens financiers. Là où nous sommes presque à égalité, c'est devant la maladie, qu'il vaut mieux éviter, faute de soins, d'infrastructures adaptées. » Ni journaux, ni télé, des déplacements difficiles, des cyclones qui bouleversent les paysages, un climat chaud, humide et fatigant, Madagascar est un paradis pour les botanistes et les dingues de nature. « La richesse de la flore et de la faune est inépuisable, des espèces nouvelles découvertes régulièrement. Les artisans ont du talent, de l'imagination, les fêtes familiales et traditionnelles formidables de couleur et d'ambiance, les plages magnifiques. J'y ai passé de très belles années. »

Thomas Delbende a retrouvé son quotidien, les écoles de campagne, les gamins turbulents qui boudent leur assiette de cantine sans même l'avoir goûtée. « Ce gâchis, c'est ce qui me choque le plus après avoir côtoyé tant de misère. » Il pense se poser quelques années, le temps des études de son fils, puis repartir sans avoir d'idée précise sur la destination. Dans cette île, pour faire plaisir à son épouse malgache, dans un pays calme politiquement, en tout cas. Pour créer une école de brousse, apporter son expérience à un projet humanitaire. Les contours sont encore flous. Pour aller vers les gens, c'est la seule certitude.
N.R.

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