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Un couple condamné à quatre ans avec sursis pour avoir maltraité leur "bonne"

Mardi 2 Juin 2015

Un homme de nationalité malgache et son épouse ont été condamnés lundi à quatre ans de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger après la mort à Madagascar d’une jeune fille qui a passé cinq ans à leur service en région parisienne.

En première instance, les époux avaient été condamnés à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Meaux.

La décision de la cour d’appel de Paris est un «soulagement» pour les prévenus, a déclaré leur avocate, Aude Lequerré-Derbise, mais même si leur déclaration de culpabilité ne leur convient pas, ils ont décidé de ne pas former de pourvoi en cassation.

La jeune fille, prénommée Lila avait quitté Madagascar en 1992, à l’âge de 14 ans, pour se rendre chez le couple, qui faisait partie de sa famille éloignée, et, selon la mère de l’adolescente, travailler aux tâches de la maison. La mère de Lila devait recevoir cinquante francs (7,50 euros) par mois.

Rentrée à Madagascar le 2 juin 1997, la jeune fille est morte six jours plus tard. Une autopsie a été réalisée à Madagascar, sans permettre de déterminer avec précision les causes de la mort, si ce n’est que celle-ci était d’origine traumatique. Son corps présentait de nombreuses ecchymoses.

Selon certains témoins, elle était traitée par le couple, qui habitait Evry (Essonne), puis Chelles (Seine-et-Marne), comme une «bonne» et subissait des mauvais traitements.

L’enquête a porté sur des faits de coups mortels, de séquestration, de viols, mais ces qualifications ont été abandonnées, faute de charges suffisantes.

Lors de l’audience devant la cour d’appel de Paris, le 13 avril, les époux, âgés de 55 ans, ont assuré que Lila participait aux tâches de la maison au même titre que les enfants de la famille.

Plusieurs témoins ont affirmé que la jeune fille était maigre, malade, toussait depuis longtemps. «Elle était malade, mais pas au point de mourir», «pas maigre, mais mince», avait expliqué la mère de famille. La cour, visiblement sceptique, avait rétorqué aux prévenus qu’ils étaient les seuls à ne pas avoir vu l’état de Lila.

Avant le départ de Paris, elle avait été confiée à une passagère de l’avion, qui avait produit une attestation affirmant que la jeune fille était réduite à l’état de «squelette», ne pouvant pas marcher ni porter ses bagages.

Pour l’avocat général, le péril était «évident», «avéré», c’était un «cadavre ambulant».
Ils auraient dû l’emmener aux urgences, mais «un médecin aurait pu découvrir les coups, les mauvais traitements», avait ajouté le magistrat.

Source : ledauphine.com
N.R.

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