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Un ex-ministre accusé de massacrer des flamants roses à Madagascar

Samedi 2 Mai 2015

Madagascar est tristement célèbre pour ses braconniers, friands de tortues ou d’hippocampes. Mais dimanche 19 avril, c’est à une nouvelle espèce qu'ils se sont attaqués : seize flamants roses ont été tués dans un parc protégé près de Toliara, dans le sud-ouest de l’île. Un ancien ministre malgache est accusé d’être responsable de cette tuerie.

Les photos témoignent de l’ampleur du massacre. Seize flamants roses, une espèce protégée du parc de Tsimanampesotse, dans le sud-ouest de Madagascar, ont été retrouvés morts dimanche 19 avril par des villageois de Saint-Augustin.

Des coups de feu, entendus près du parc, ont poussé les habitants, dont le maire du village, à se rassembler sur la plage pour comprendre d’où pouvaient venir les tirs. Les villageois affirment avoir alors retrouvé un individu à bord d’un Zodiac, en possession d’un sac rempli des oiseaux migrateurs.

ls reconnaissent alors Florent Rakotoarisoa, ex-ministre de l’Intérieur puis de la Justice de Madagascar, entre 2011 et 2013, qu'lls accusent d'avoir tué les flamants roses. Les villageois, furieux que des oiseaux faisant la renommée de la zone soient tués, exigent réparation. Selon un rapport de l’Alliance Voahary Gasy, le ministre n'a été autorisé à quitter les lieux qu’après de longues discussions. Les habitants le forceront même à payer une amende "symbolique et coutumière" d’environ 30 euros.

"J’étais là, mais je n’ai pas tiré sur des flamants roses"

L'ancien ministre Florent Rakotoarisoa a confirmé à France 24 qu’il se trouvait bien à Saint-Augustin ce dimanche 19 avril. Mais il explique :


Je n’ai pas tiré sur des flamants roses, je sais pertinemment que c’est une espèce protégée. À la demande de mon guide, très pauvre, j’ai tiré sur une aigrette argentée [sorte de héron noir, que l’on voit d’ailleurs sur la photo, NDLR] pour qu’il puisse en faire son repas. À ce moment là, je ne me trouvais pas dans une zone protégée du parc. Je suis ensuite revenu sur la terre ferme en bateau. C'est là que des hommes, l'un d'entre eux n'était pas malgache, sont venus m’interpeller, en me montrant un sac rempli de flamants roses, m’accusant de les avoir tués. Sur la plage, j’ai eu très peur d’être lynché par la foule en colère.

L’ex-ministre réfute avoir payé une somme d’argent pour partir et affirme même que ses poursuivants ont tenté de lui tirer dessus. Il explique vouloir porter plainte pour diffamation et tentative d’assassinat.

"Même les habitants très pauvres de la région ne chassent pas le flamant rose"

Si l’auteur du massacre de ces flamants roses n’est pour l’heure pas clairement identifié, la chasse de ces oiseaux migrateurs est formellement interdite à Madagascar, autant d'ailleurs que de tirer des coups de fusil dans une zone protégée. Andry Ralamboson Andriamanga est coordinateur de l’Alliance Voahary Gasy, une association de défense de l’environnement malgache.

C’est la première fois depuis la création d’une zone protégée dans le parc de Tsimanampesotse que j’ai connaissance d’un tel massacre. C’est pourtant un endroit très pauvre, où les habitants pourraient être tentés de tuer les flamants pour se nourrir. Mais ils savent qu’ils ont plus à gagner en protégeant ces espèces pour le tourisme.

Ce qui nous gène dans cette histoire, c’est qu’il n’y a pas eu de procès verbal de constatation et que le règlement du différent semble s’être fait selon la coutume locale. Ces aires protégées sont gérées par diverses associations composées de riverains de la zone, car le ministère de l’Environnement n’a pas les moyens financiers de contrôler tout le parc. Il est donc très difficile de rapporter ces incidents devant les tribunaux, car ces petites associations ont souvent peur de porter plainte.

Seule une plainte du ministère de l’Environnement malgache pourrait permettre d’identifier les coupables, ce qui n’est pour l’instant pas le cas. Un individu coupable de chasse d’une espèce protégée dans une zone préservée est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 575 000 euros et de dix ans de prison dans les cas les plus graves.

Selon l’Association des guides touristiques de la région, il ne reste plus que 14 flamants roses à Saint-Augustin. La zone en compte normalement 166. Des biologistes estiment que les oiseaux ont pu quitter la zone, au moins temporairement, après avoir entendu les coups de feu.

I[Source : observers.france24.com]i
N.R.

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