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Un scénario à la Poutine-Medvedev ?

Vendredi 24 Janvier 2014

Un scénario à la Poutine-Medvedev ?
Auteur d'un coup d'Etat en 2009, Andry Rajoelina a quitté le palais présidentiel ce vendredi 24 janvier lors de la passation de pouvoir avec Hery Rajaonarimampianina. Le nouveau président élu s'affranchira-t-il de la tutelle de son prédécesseur ou le nommera-t-il Premier ministre ?

L’élection du nouveau président malgache, Hery Rajaonarimampianina, comporte, politiquement, pour la Grande île, une chance unique. En réussissant sa restauration démocratique, Madagascar se forge désormais un nouvel avenir, un nouveau destin politique. Certes, il faudra des années et des années au pays pour panser ses plaies et se relever de ses ruines après l’interminable crise politique qu’il a traversée. Et l’économie malgache s’est écroulée.

Le nouveau président doit tirer profit de la marge de liberté et d’indépendance que lui offre sa légitimité démocratique, pour incarner la nouvelle ambition de la Grande île sur la scène internationale. Pour ce faire, il doit être au-dessus de la mêlée, c’est-à-dire rassembler tous les Malgaches autour d’une réelle volonté politique de réconciliation. Or, il semble tenté, vis-à-vis du camp de l’ex-président Ravalomanana [renversé en mars 2009 par le coup d'Etat d'Andry Rajoelina], par une sorte de nietzschéisme politique, qui vise à ressasser le passé pour le passé.

A l’entendre, dès qu’on évoque le nom de Ravalomanana [qui souhaite rentrer de son exil en Afrique du Sud], le nouveau président semble prêt à sortir son revolver. A l’heure actuelle, après la noble défaite électorale du candidat que Marc Ravalomanana soutenait, Robinson Jean-Louis, en quoi l'ex-président continue-t-il de représenter un danger pour Madagascar ?

Une élection impossible sans le soutien d'Andry Rajoelina

En vérité, le nouveau président est tenté de se poser en continuateur de la haine que se vouent Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, les deux fils maudits de la scène politique malgache. Mais il suffit de lui rappeler que, sans le soutien et les moyens logistiques et financiers de l’Etat qu’il a su capter, grâce à l’influence occulte de TGV [surnom d'Andry Rajoelina], tout montre que son élection serait impossible. De même, Robinson Jean-Louis a réussi à réunir autour de son nom, 47% des voix d’une partie du peuple malgache.

Hery Rajao ne peut pas ne pas en tenir compte. En tant que nouveau chef d’Etat, il doit fixer aux Malgaches un cap nouveau. Les Malgaches ne l’ont pas élu pour qu’il soit le clone politique de TGV dont on ne sera jamais las de dénoncer le rôle nocif dans l’histoire politique malgache. Et, ce qu’il faut craindre, c’est que le nouveau président ne nous invente une version malgache du jeu de la poupée russe, en nommant TGV comme Premier ministre. Un tel scénario ne fera qu’accentuer l’inquiétude et l’angoisse d’une majorité des Malgaches, craignant de voir le pays sombrer, de nouveau, dans l’abîme politique.

Cela dit, la complexité de la vie politique malgache n’interdit pas l’espoir d’une lucidité retrouvée de la part du nouveau président. Cet homme peu connu, peut, à l’épreuve du pouvoir et de la réalité malgache, nous surprendre. Rien n’indique qu’il ne prendra pas, dans les jours à venir, une initiative politique forte, en tendant sincèrement la main au camp Ravalomanana. S’il le fait, il aura été fidèle à la promesse politique qu’il avait faite durant la campagne présidentielle qu’une fois élu, il serait le président de tous les Malgaches.

Contre "une République de copains et de camarades revanchards"

Il a aussi affirmé que l’une de ses priorités serait de "mettre en place un Etat de droit" afin de "rétablir la confiance entre la population et ses dirigeants". Justement, l’Etat de droit dont il parle ne peut se réduire à "une République de copains et de camarades revanchards". Quant à la confiance entre les dirigeants et le peuple malgache, elle ne sera effective que si le nouvel exécutif réussit à faire surgir un personnel politique nouveau. Car les Malgaches rêvent d’un exécutif stable, efficace, après avoir été jusqu’au bout d’une longue nuit politique.

Très clairement, le nouveau Président malgache n’a pas le choix : il est condamné à s’affranchir de la tutelle de TGV, un homme qui conserve toujours une certaine foi mystique dans son étoile. A défaut, sa gouvernance sera instable, faible et ridicule. S’il échoue à s’affranchir de la tutelle de TGV, il paraît évident qu’il ne peut se montrer capable de communiquer à toute la nation malgache sa volonté politique annoncée d’une réelle réconciliation entre tous les fils et toutes les filles de la Grande île. Hery Rajao ne doit donc pas décevoir : il a été investi de la confiance du pays et non de son seul parti, ni de TGV. A Madagascar, tout doit changer. Ce qui passe par l’entrée des vaincus dans le nouveau Madagascar.

(Source : http://www.courrierinternational.com )
Vola Rasoamanana

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