Alerte Infos

Une exposition au profit de Madagascar

Lundi 18 Mai 2015

Frappée par le cancer en 2011, Sécyl Gilet a photographié pendant trois ans son quotidien avec son téléphone portable. Récit d’un voyage initiatique.

Dans ses clichés, elle joue avec la lumière du jour. Comme pour conjurer le malheur qui a assombri son existence un jour de 2011. Frappée par le cancer, Sécyl Gilet s'est alors lentement sentie glisser dans les abîmes de la dépression. « La maladie en elle-même ne fait pas mal. Ce sont les traitements qui font souffrir. Mais le plus dur, c'est après. On n'est plus la même personne. Les trois quarts des dépressions ont lieu à ce moment-là car on est face à un choc post-traumatique semblable à celui consécutif à une blessure de guerre. C'est une descente aux enfers. Le corps doit digérer ce qu'il a subi et ingéré. Et l'esprit doit accepter de vivre avec ce fait : on ne guérit jamais ; on est en rémission », exprime avec une émouvante lucidité Sécyl Gilet.

" Le monde continue sans vous "

Ces pages sombres de son histoire, l'ancienne chargée de programmation du Centre culturel Albert-Camus a choisi de les raconter en images. Jour après jour, elle a immortalisé à l'aide de son téléphone portable des éléments de son environnement immédiat : des détails de paysages saisis sur le trajet qui la menait vers les hôpitaux de Châteauroux et Bourges, pendant sa période de soins ; des végétaux prélevés dans son jardin et qu'elle regardait flétrir « pour garder la notion du temps » ; des endroits méconnus, parfois cachés, de sa ville de cœur, Issoudun. Pendant trois ans, elle a parcouru ces mêmes chemins dont la lumière du jour était souvent la seule variante d'un jour à l'autre.

De ces moments tourmentés et douloureux, Sécyl Gilet parvient à faire émerger beauté et émotion. Par leur histoire si singulière, chacune de ses photos est une hymne à la vie. Ou plutôt à la survie. Car c'est dans cette expérience artistique que Sécyl Gilet a puisé la force de résister aux assauts de la maladie. « Ça m'a permis de tenir pendant mes soins. J'y ai mis tous mes espoirs. Ce fut un moyen d'évasion. Avant de tomber malade, j'avais l'habitude de voyager et de faire beaucoup de travaux photos personnels. Là, je me suis retrouvée bloquée pendant des mois. Pour la première fois de ma vie, j'ai eu envie de témoigner en mon nom. Et de raconter aux autres ce voyage initiatique. »

En quatre ans, Sécyl Gilet a ainsi réalisé des milliers de clichés. Une trentaine sont rassemblés dans l'exposition visible à la Cité des métiers d'art et intitulée Voyage à la porte de mes chambres. Un nom choisi en référence à un ouvrage de Xavier de Maistre : Voyage autour de ma chambre. « En cherchant un fil conducteur à ma démarche, je me suis souvenue de ce petit ouvrage parodique. J'ai décidé à mon tour d'utiliser ma chambre comme un lieu de voyage et de raconter ce que je voyais quand j'ouvrais ma porte… Tout n'était pas forcément beau. Mais mon objectif était de parvenir à le magnifier, à extraire un côté onirique, pour rendre la vie plus supportable. »

Parti d'une démarche solitaire dans un moment de révolte face au cancer, ce projet artistique a peu à peu ramené Sécyl Gilet vers cette société dont elle s'est sentie en marge, au plus fort de la maladie. « Quand on est malade, on vit exclu, en dehors du temps. C'est difficile de voir que le monde continue sans vous. » Aujourd'hui, elle a retrouvé le plaisir et l'envie de communiquer. « Je n'en ai pas fini avec la maladie mais ma colère est tombée. En faisant émerger quelque chose de positif de tout ça, l'art m'a ramené à la vie. »

Au profit de Madagascar

L'exposition de Sécyl Gilet est visible pendant trois semaines à la Cité des métiers d'art, dans l'atelier de Chiara et Ahmed Al Safi. Les clichés partiront ensuite quelque temps à Marseille puis à Madagascar, où l'artiste à des attaches personnelles.

Son exposition est d'ailleurs parrainée par le père Pédro, à la tête de l'association humanitaire Akamasoa. « Je suis allée à Madagascar pendant mon traitement et j'ai rencontré le père Pédro. J'ai pu constater qu'ils avaient peu de moyens pour traiter la douleur des personnes atteintes d'un cancer. J'ai eu envie de faire un geste, à mon niveau, pour les femmes et les enfants malgaches victimes de cette terrible maladie », explique Sécyl Gilet qui prévoit ainsi de reverser les bénéfices de ses ventes à cette association pour l'achat de médicaments anti-douleurs. Une boîte à dons est également à la disposition du public, à l'entrée de l'exposition.

Source : lanouvellerepublique.fr
N.R.

Nouveau commentaire :

Alerte Infos | Insolites et le-saviez-vous ? | Interviews | Communiqués | Photos galeries | Bons plans | Questions-Réponses | Vaovaom-piangonana | Recettes malgaches | Tout sur Air Madagascar | Contact | Chronique | Misy raha ao | Voyages, Tourisme à Madagascar | Mada en 1 clin d'oeil | Lu sur le Net | Codes promos | Mada infos régions | Soirées | Tv Gasy | Web radio | Vos agendas soirées et événements ici ! | Courrier des femmes | PPN | A la une | APFMada : Association "Agir pour les femmes à Madagascar" | Journal Télévisé RTA - Madaplus | Associations | Sponsors et partenaires du Big Mada White - Nuit Blanche 2016 | Retrouvez : infos et Communiqués Air Madagascar