A l'emporte pièce

A l'Emporte-pièce : Terrorisques

Vendredi 3 Décembre 2010

TERRORISQUES

Bercés depuis des mois par des discours prônant la haine et la violence, des jeunes s’initient aux pratiques du terrorisme.
Ils lancent des bombes incendiaires et déposent ici et là des engins explosifs. Comme les membres des institutions de la Transition se trouvent dans leur ligne de mire, on peut être tenté de croire qu’ils viendraient des rangs des militants des trois mouvances anti-Andry Rajoelina. A plusieurs reprises, ils ont montré ce dont ils sont capables pour perturber l’ordre public. Après l’échec du « coup d’Etat » annoncé depuis Ivato, une recrudescence des actes terroristes serait donc à craindre.

LE MAÎTRE ABSOLU

Manandafy Rakotonirina peut-être considéré comme le chantre des tracts et graffitis. Ces pratiques qu’il avait introduites en mai 1972 continuent de le servir avec une certaine liberté d’expression. Quelques affichettes à l’effigie de Manandafy Rakotonirina sont apparues sur les murs de la capitale, sur lesquelles « l’homme au béret noir » exige le droit à la parole pour tous. Réponse des autorités : personne ne lui interdit d’avancer des arguments politiques. Mais quand des opposants imposent un autre gouvernement, ils dépassent le cadre du débat politique.

AUX OUBLIETTES

Le Conseil œcuménique des églises chrétiennes, FFKM, a discrètement fête son trentième anniversaire. Autorité morale jouissant d’une puissance politique de taille depuis des années, le FFKM est aujourd’hui au bord de l’implosion. Le clash a été inévitable lorsque le 17 mars 2009 à l’Episcopat d’Antanimena, le pasteur Lala Rasendrahasina de l’Eglise réformée a été maltraité par des militaires pro-Andry Rajoelina. Depuis, protestants et catholiques, deux fondateurs du FFKM, se méfient les uns des autres. Le pasteur Rasendrahasina prendra la présidence tournante du FFKM, le grand absent des négociations politiques actuelles.

JUNGLE EN PLEINE VILLE

Des responsables à tous les niveaux ont consacré une journée entière de réflexion afin de trouver des solutions pour désengorger la circulation automobile dans la capitale. Une initiative qui tombe à pic avec les fêtes de fin d’année qui approchent. La tâche sera cependant ardue avec des chauffards de taxi-be qui n’en font qu’à leur tête, des marchands irréguliers qui squattent les chaussées. Une récente étude évalue à 4 milliards d’ariary par jour les pertes financières engendrées par les embouteillages. C’est dire…

AU NOM DU « NON »

Deux surprises aux résultats du référendum. Le « Non » gagne dans la région du Bongolava, et le « Oui » se contente d’une courte victoire dans l’Itasy voisine. Deux déconvenues pour le pouvoir de Transition qui attendait plutôt une percée du « Non » ailleurs. Par exemple, dans le Vakinankaratra, berceau du groupe Tiko ou à Manjakandriana, un autre fief de l’empire politique, économique et financier de Marc Ravalomanana. Depuis son arrivée au pouvoir, Andry Rajoelina n’a pas encore mis le cap sur ce Moyen ouest du Pays. Ceci expliquant cela.
Ginette Ravelomanantsoa

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