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CAN 2019 : dans l’intimité des Barea de Madagascar dans cette Coupe d'Afrique des Nations

Dimanche 7 Juillet 2019

L’attaquant Faneva Andriatsima dans les bras de Nicolas Dupuis, sélectionneur de Madagascar après la victoire contre le Nigeria en phase de poules.  AFP
L’attaquant Faneva Andriatsima dans les bras de Nicolas Dupuis, sélectionneur de Madagascar après la victoire contre le Nigeria en phase de poules. AFP
Les joueurs Malgaches, qui tiennent leur surnom de zébus locaux, disputent dimanche (18 heures) un 8e de finale historique contre la République Démocratique du Congo. Une folle épopée racontée de l’intérieur par le sélectionneur Français Nicolas Dupuis et le capitaine Faneva Andriatsima.

Un rituel respecté à la lettre. Il y a d'abord le temps du recueillement, qui précède et suit chaque entraînement et chaque repas. À quelques minutes de ce 8e de finale historique de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), ce dimanche (18 heures), un joueur de la sélection de Madagascar invitera aussi ses coéquipiers à la méditation dans le vestiaire. « On se réunit en cercle pour une prière universelle, sachant que notre groupe est composé de catholiques, de musulmans… C'est chacun son tour, et juste quelques mots », précise le capitaine Faneva Andriatsima depuis Alexandrie, où se déroule la compétition (CAN).

L'attaquant passé par Créteil (de 2012 à 2016) encouragera ensuite les Barea, sobriquet donné aux internationaux malgaches en référence aux zébus locaux, à se transcender face la République Démocratique du Congo. En hurlant trois fois, et pas une de plus : « Barea Vonona (prêts) ! » Un cri de ralliement qui rappelle tout le chemin parcouru par une sélection d'abord moquée par certains mais qui ne fait plus rire personne aujourd'hui...

« On n'a pas de vedettes mais un collectif cohérent », assure le sélectionneur Nicolas Dupuis

Le 16 octobre 2018, tout Madagascar jubilait déjà après la qualification historique pour la CAN. À l'origine de cet exploit : Nicolas Dupuis, un Français de 51 ans qui dirige l'équipe nationale depuis mars 2017. Il y a une semaine, celui que Mada surnomme « le sorcier blanc », a encore gagné en notoriété en terrassant (2-0) le Nigeria, triple vainqueur de l'épreuve, validant au passage le billet pour les 8es de finale.

Tout ça, loin de l'Essonne et de Fleury, le club amateur de National 2 (4e Division) dont il est aussi l'entraîneur depuis janvier. « La sélection vit bien, on a su bâtir un groupe de joueurs de Ligue 2, Ligue 1 (avec notamment Jérémy Morel, en fin de contrat à Lyon), ou de D 1 étrangère qui s'entend très bien, apprécie le professeur d'EPS en disponibilité, marié et père de trois enfants. On n'a pas de vedettes mais un collectif cohérent. L'ambiance est parfois décontractée. »




Les familles logées à proximité aux frais des joueurs

C'était d'ailleurs le cas au soir de l'exploit contre le Nigeria, à l'Hilton King's Ranch d'Alexandrie, où les Malgaches ont pris leurs quartiers. « On s'est tous jeté dans la piscine, et on a bu un verre ensemble. On méritait bien une petite bière après cette victoire, non ? On a regagné nos chambres vers 2 heures du matin », s'amuse Faneva Andriatsima. L'attaquant de 35 ans, en fin de contrat à Clermont (L 2), a pu également échanger avec ses proches, logés comme ceux de ses coéquipiers dans les hôtels alentours, aux frais des joueurs. « La famille est en nous, elle fait partie de notre culture comme le fait de chanter ou d'écouter de la musique au quotidien, et avant et après les matchs, ajoute-t-il. Vivre de tels moments dans une carrière de footballeur, c'est rare alors on en profite. Et je peux vous assurer qu'on n'a pas de limites ! »

Sources le Parisien
N.R.

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