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Celia RAKO: jeune artiste peintre malgache

Mardi 19 Février 2019

Celia RAKO: jeune artiste peintre malgache
(Célia Marie Nalysoa Rakotondrainy)
Né en 1994
Artiste autodidacte d’origine malgache, né et élevé à Paris, actuellement basée à Berlin.
Diplômée en 2018 de l’Iéseg School of Management à Paris, France, elle a poursuivi ses études en histoire de l’art à l’Université d’Oxford.

Dès son plus jeune âge, elle a été plongée dans diverses pratiques artistiques, par l’intermédiaire de son grand-père, peintre, et de son père, musicien. D’abord concentrée sur la photographie après avoir réparé l’appareil télémétrique de sa famille, elle s’est ensuite lancée dans le dessin après avoir appris l’art de la perspective avec son grand-père, mais a mis sa pratique artistique au repos pendant plusieurs années tout en se consacrant aux études.

Celia RAKO: jeune artiste peintre malgache
Poussée par leurs conversations, son compagnon lui a offert ses premières toiles, pinceaux et peintures acryliques en décembre 2017. Quelques mois plus tard, elle a commencé à peindre.
L’inspiration est venue naturellement. Il était nécessaire pour elle de lier la photographie et la peinture et de peindre à partir de photos personnelles ou familiales ou de photographies fort appréciées, avec l’accord préalable du photographe.
2018 a était la première année où elle n’a pas pu se rendre à Madagascar, pays de son grand-père, un Betsileo du village d’Antsosa, situé à mi-chemin entre Ambositra et Antsirabe dans la partie centre-sud du pays. Cependant, les histoires offertes à travers ses peintures présentent une autre partie du pays : la région de Sakalava, au nord de Madagascar.

Nourrie de nostalgie, elle replonge dans ses voyages précédents, toujours émerveillée par la beauté des paysages, l’intensité des expériences et surtout le décalage entre sa vie à Madagascar et son quotidien en occident. Le choc culturel est réel à chaque fois. Avec ses peintures, elle raconte une histoire qui est rarement racontée. Trop souvent, les croyances sur Madagascar tendent à la négativité et sont typiquement des échos mal informés recueillis dans la presse. Pour Rako, l’île rouge est trop souvent oubliée, marginalisée et sous-estimée. Avec son projet, elle ambitionne de partager des scènes de la vie quotidienne d’une nation qui a beaucoup à offrir mais qui malheureusement manque de moyens matériels et financiers, sa population souffrant surtout d’une grande pauvreté.

La première série de Rako est une invitation au voyage, mais c’est avant tout l’occasion de rencontrer le peuple malgache, de vivre sa vie quotidienne et sa culture vivante à travers des peintures qui mettent en valeur des figures expressives et des scènes de la vie ordinaire. Cette ode à l’ordinaire est née du désir de montrer que ces gens ne sont pas plus différents qu’ailleurs. Malgré la pauvreté qui prévaut dans le pays, ces gens veulent avant tout avoir la possibilité de profiter au maximum de leur vie. Choquée par certaines des questions qu’on lui a posées dans le passé, Célia Rako est préoccupée par le manque d’intérêt pour l’île, la cinquième plus grande au monde. Terre d’origine austronésienne, de l’archipel indonésien mais partie intégrante du continent africain, ces origines sud-est asiatiques se retrouvent à tous les niveaux : de la langue à la morphologie, de la signature rythmique aux usages ancestraux. Tout cela fait de Madagascar un pays riche de son histoire et de sa culture.

Son travail a aussi un fort aspect personnel qui lui permet de comprendre plus précisément d’où elle vient, l’histoire de sa famille et une culture dans laquelle elle a en partie grandi. C’est donc une recherche intense autant qu’une pratique ; chaque peinture étant une nouvelle histoire, un nouveau défi, un nouvel apprentissage. Le processus artistique est en constante évolution et c’est ce qu’elle trouve fantastique dans la peinture. Elle n’a pas cherché le médium, c’est l’acrylique qui est arrivé. Pour certaines personnes, le temps de séchage court de cette peinture est un inconvénient, mais c’est ce qui semble l’avoir surtout séduite. Cela lui permet de travailler en plusieurs couches et d’obtenir ainsi plus de profondeur. En termes de style, on retrouve des fonds simples et colorés, souvent monochromes et parfois polychromes sans trop de détails. Ce biais, inspiré par l’artiste congolais Zemba Luzamba, dont elle a découvert l’œuvre alors qu’elle travaillait pour Ebony Curated (une galerie sud-africaine), permet au spectateur de se concentrer davantage sur les personnages, les éloignant de tout espace-temps et insistant ainsi sur l’action.
Malgré le fait que chaque tableau cache une histoire, le spectateur est en contrôle total de l’interprétation qu’il souhaite donner. Le dialogue entre la toile et l’observateur est quelque chose de précieux pour l’artiste pour qui une œuvre d’art peut souvent exprimer beaucoup plus que des mots.

Dans un autre registre, Célia Rako travaille aussi avec la résine époxy, en la mélangeant avec différents pigments et acryliques. A travers ce médium, elle veut interpréter à sa manière des éléments plus bruts, plus naturels avec un accent sur les pierres précieuses, dont l’île rouge, aussi connue comme l’île au trésor, est pleine. Ces pierres ont de nombreuses propriétés et vertus pour les malgaches. Depuis la nuit des temps, l’homme attribue des bienfaits extraordinaires aux pierres en fonction de si elles sont portées ou posées dans un endroit particulier. Ces avantages, spécifiques à chaque pierre, dépendent de la couleur, de la composition, de la variété ou de la numérologie.

Le travail de Rako n’a pas seulement une finalité esthétique, il questionne aussi la surexploitation des champs primaires et secondaires locaux. La liste des pierres sur le pays est impressionnante, il est plus facile de mentionner les pierres que l’on ne trouve pas à Madagascar comme le jade ou l’oeil du tigre par exemple. Selon la Banque Mondiale, 15% de la production mondiale de saphir provient de Madagascar et ce taux approche les 10% pour les rubis. Malheureusement, cette industrie est loin d’être contrôlée et supervisée, ce qui laisse la porte grande ouverte aux pratiques non officielles et aux (sur)exportations illégales. En termes économiques, le potentiel du secteur de la fabrication de la pierre est incroyable, mais le problème qui se pose depuis des décennies est bien sûr l’impact sur l’environnement et la sécurité des mineurs, qui ne sont généralement pas formés ou équipés. Ainsi, trop de gens se mettent en danger ou perdent la vie dans l’espoir d’extraire de la terre des pierres qui leur permettraient de construire un avenir meilleur. Le style abstrait, fluide et texturé utilise directement cette forte illusion ou désillusion.

Plus d'infos sur l'artiste:
Son travail en HQ : www.celiarako.com
Avancée de chacune des oeuvres au cours du temps : www.instagram.com/celiarako/
La page Facebook ouverte depuis peu : https://www.facebook.com/C%C3%A9lia-Rako-1894028364017769/
N.R.

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