Infos Diaspora

Découverte : le kalanchoé, plante éco-responsable de Madagascar aux 1000 vertus attire les grandes marques cosmétiques

Samedi 21 Avril 2018

Credit photo Cheval d'aventure
Credit photo Cheval d'aventure
Redécouverte à Madagascar par un ethnobotaniste français, cette plante est au centre d'un circuit d'exploitation raisonnable, qui revalorise ses propriétés médicinales auprès de la population. Et dont les vertus hydratantes ont conquis la marque Clarins.

Madagascar est à la fois la deuxième réserve de biodiversité mondiale et le cinquième pays le plus pauvre de la planète.

De juin à novembre, dans les villages enclavés du nord de Madagascar, les femmes se réunissent dès l'aube, pour profiter de la mansuétude du soleil. Accroupies dans les feuillages, elles égrènent d'un coup sec les tiges des feuilles épaisses de kalanchoé, qui contiennent 95 % d'eau. Utilisées par les doyennes du village en décoction, elles favorisent la cicatrisation des plaies. La récolte sera ensuite disposée sur de grandes bâches, exposée au soleil entre deux semaines et deux mois, en fonction de l'humidité. D'autres plantes endémiques comme la centella et l'harungana seront cueillies pour leurs multiples propriétés médicinales.

Réveiller la mémoire ancestrale des villages

Pour que les cueilleuses puissent vendre leur récolte, le bon conditionnement de la plante est primordial. Toutes ont été formées par Jardins du Monde à la maîtrise du séchage, qui permet de conserver les qualités des feuilles et de s'affranchir des problèmes éventuels d'acheminement.

Cette ONG française, fondée il y a vingt-cinq ans par l'ethnobotaniste Jean-Pierre Nicolas, s'est donnée pour objectif de réapprendre aux Malgaches – qui n'ont pas forcément accès aux médicaments conventionnels – la culture ancestrale des plantes médicinales. "Les plantes peuvent aider à combattre la maladie avec des coûts dérisoires", explique Jean-Pierre Nicolas, qui sillonne le pays en travaillant sur la relation qu'entretiennent au quotidien les populations avec les végétaux.

Une partie de sa mission consiste à réveiller la mémoire ancestrale des villages, celle d'une époque où les "matrones" du village utilisaient – en infusion ou cataplasme – les plantes pour soigner les maux les plus courants : gastrite, diarrhée, bronchite, fièvre… mais aussi le diabète. Cette maladie, dont l'alimentation quotidienne en riz blanc favorise l'apparition, touche 5 % de la population malgache, soit près d'un million de personnes.

Sa proximité avec une population rurale pauvre – le salaire moyen est de 30 € mensuel – a fait germer en Jean-Pierre Nicolas, lauréat du prix Clarins Men Environment en 2014, l'idée d'une filière de production dans le cadre du développement durable avec la marque, qui soutient financièrement l'ONG. Aux côtés de Christian Courtin-Clarins, président du conseil de surveillance de la marque, convaincu que "l'on peut intégrer les préoccupations environnementales dans le développement économique", Jean-Pierre Nicolas offre à ces villageoises, en échange de la cueillette du kalanchoé de 6 heures à 15 heures, un revenu supplémentaire d'environ 150 € annuels. Une respiration pour "beaucoup de femmes qui élèvent seules leurs enfants, car il n'est pas rare que le père quitte le foyer".

Pour la plupart d'entres elles, c'est, en outre, l'assurance de pouvoir payer les frais de scolarité des enfants, qui s'élèvent à 20 € par an. Une prime de commerce équitable (hors salaire des cueilleuses) est également reversée aux villages à travers des projets environnementaux, l'ouverture de dispensaires et de nouvelles écoles, comme le nouveau bâtiment pour les primaires inauguré en décembre 2017 à Nadirobe, dans le nord de l'île.

Un hydratant modèle

Chaque année, près de dix tonnes de feuilles de la plante sont récoltées. Une fois séchées, elles sont stockées par la Sotramex, une PME malgache, qui les transforme en extraits bruts pour Clarins. Doublement certifié par Ecocert (culture et extraction biologique) et ESR (commerce équitable), ce kalanchoé officinal bio au fort pouvoir hydratant est au cœur de la ligne Hydra Essentiel. Il relance la synthèse naturelle des "molécules éponges" de la peau qui, gorgée d'hydratation, maintient sa fonction barrière.

Source Marie-Claire

Un actif que l'on retrouve dans une soixantaine de formules de soin, et même dans un fond de teint.
N.R.

Infos Diaspora | Brèves Madagascar



Les plus lus