A l'emporte pièce

GROS BRAS AUX LUNETTES NOIRES...

Samedi 12 Mars 2011

L’assainissement du marché à Analakely devient de plus en plus compliqué. En dépit des efforts colossaux de la commune de Tana, il n’est pas facile de nettoyer cette écurie d’Augias où les marchands de rue qui acceptent de partir au marché de la Petite Vitesse sont aussitôt remplacés par d’autres et ainsi de suite. Mais là où l’affaire se corse c’est quand des gros bras à la petite tête viennent s’en mêler dans l’affaire pour prêter main forte aux marchands irréguliers et lapider les agents communaux. On soupçonne qu’ils effectuent une mission au profit du prétendu protecteur des bas quartiers.

UNE FACTURE SALEE

Le ministre de l’énergie, Rodolphe Ramanantsoa ne s’est pas gêné pour révéler les dettes de l’Etat vis-à-vis de la Jirama. Une ardoise de 63 milliards d’ariary dont 50% des universités. Voilà qui révèle les impacts de la suspension des aides internationales. Tout n’est donc pas si rose comme on a voulu le faire croire. En dépit des restrictions budgétaires, les ministères ont eu du mal a régler leur facture. Ils mettront du temps à tout remettre en ordre. Le retour des aides budgétaires ne sera pas immédiat après la reconnaissance internationale du régime de Transition. En attendant, le ministre de l’Energie s’est empressé de rassurer les abonnés qu’il n’y aura pas de hausse des tarifs. Soit, mais on se demande si les coupures trop fréquentes de l’électricité ont quelque chose à voir avec cette indélicatesse de l’Etat.

DERAPAGE INCONTRÔLE

Le feuilleton SRDI, la société dont le contrat relatif au contrôle à l’aéroport d’Ivato a été abusivement suspendu par l’Etat depuis décembre, continue de défrayer la chronique. Outre la suspension de la SRDI , le DG de l’Aviation civile avait été aussi limogé au profit d’un intérimaire proche d’un dirigeant de la HAT. La SRDI compte saisir l’arbitrage international dans cette affaire où elle risque d’être remplacée par une autre société ayant perdu lors du dépouillement des offres mais qui a des affinités avec la HAT. Un double dérapage incontrôlé qui n’est pas pour améliorer le classement de Madagascar dans le Doing business.

COUP DE POMPE

Il fallait s’y attendre. Après avoir subi pendant longtemps le veto de l’Etat sur le prix des carburants et refusé tout commentaire, les pétroliers sont sortis de leurs gonds. Et encore, c’est à travers un communiqué de presse du Groupement pétrolier de Madagascar qu’ils se font entendre. Une manière de ne pas se faire repérer de façon individuelle. Le GPM conteste ainsi la validité et la légitimité de l’arrêté pris le 3 mars par le ministère des Mines et des hydrocarbures ordonnant aux sociétés pétrolières de vendre en dessous des prix maxima fixés par l’Etat, certains produits. Les pétroliers craignent une situation délicate dans la chaîne d’approvisionnement du secteur pétrolier. Avec la faiblesse de l’euro face au dollar et surtout avec la flambée du prix du baril fouetté par la crise libyenne, l’importation de carburants risque d’être sérieusement compromise. Une pénurie est dans l’air à moins que l’Etat concrétise sa volonté d’importer directement.
N.R.

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