Chronique

Izay adala no toa an-drainy

Mardi 17 Mai 2011

La devise de l’Université d’Antananarivo préconise avec sagesse que seul l’insensé est comme son père, « Izay adala no toa an-drainy ». Cet adage recommande, a contrario, que la personne dotée de bon sens doit pouvoir faire mieux que son père, ou, au sens large, mieux que son éducateur. Effectivement ! Dépasser le savoir des aînés, en d’autres termes, constitue la devise de la relève.

Mais quelle relève ?

Les étudiants, depuis ce fameux Mai 72, sont devenus des contestataires en herbe. Qui n’a pas rêvé d’une bonne grève, durant ces années universitaires, après cette année mémorable ?

Il y a toujours quelque idée rebelle à défendre, après tout ! Un seul exemple. Avec l’instauration du fameux Service National Hors Forces Armées (SNHFA) dans les années fastes du régime socialiste malgache (suivez mon regard), deux promotions de bacheliers s’étaient retrouvées ensemble à la rentrée universitaire en 1979.

La raison ? Les premiers SN, comme on les appelait, avaient été en service pendant deux ans, tandis que la promotion suivante avait effectué une seule année de SNHFA.

Contestation dans la rue, avec distribution de tracts dans les lycées. L’appel au ralliement disait alors : « Soutenez-nous, sinon vous aurez aussi nos problèmes quand vous irez à Ankatso ». Les lycéens, mineurs pour la plupart, n’ont pas suivi.

Le fait est qu’une année universitaire sans contestation estudiantine, pour une raison ou pour une autre, s’est avérée rare…. Les conséquences ont parfois été la réduction du contenu des cours, une fois que ceux-ci ont repris, de manière à ne pas dépasser le calendrier et à organiser les examens dans les délais impartis.

Réduire à 10 heures un cours censé durer trois fois plus, c’est dire si le contenu en a été allégé ! Light, dirait-on aujourd’hui !

Quelle relève dans ce cas espérer ? La génération qui a vécu ces années houleuses et sombres, mis à part quelques exceptions, est devenue une génération sans diplôme valable. Disons, tous des « passables ».
Quand on considère que ce sont à peu près ceux-là - en effectuant un recoupement de période- qui sont au pouvoir aujourd’hui, ou dans les salles de professeurs, on ne peut que s’arracher les cheveux de désespoir !

Il est clair que le niveau de l’enseignement - donc des sortants de l’Université - est bien loin derrière celui des années 60, date de l’ouverture de l’Université d’Antananarivo, alors la seule de tout Madagascar.

Figurez-vous qu’aujourd’hui, des mémoires de 4ème année sont quasiment rédigés en phonétique (c’est sérieux !). Et cette dégringolade du savoir date des fameuses années 80 ! La pauvreté intellectuelle s’est instaurée avec la pauvreté tout court. Triste bilan…

Le niveau de l’Université malgache est franchement déplorable. S’il est vrai que « Izay adala no toa an-drainy », chez nous, hélas mille fois hélas, cet adage s’est appliqué en marche arrière…..
N.R.

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