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L’oiseau-éléphant de Madagascar, le plus gros oiseau de tous les temps

Lundi 8 Octobre 2018

Le Titan de Vorombe était un oiseau-éléphant de trois mètres de haut pour un poids de 650 kg. Il vivait à l'ère quaternaire, à Madagascar. [Jaime Chirinos - ZSL]
Le Titan de Vorombe était un oiseau-éléphant de trois mètres de haut pour un poids de 650 kg. Il vivait à l'ère quaternaire, à Madagascar. [Jaime Chirinos - ZSL]
Des chercheurs viennent d’identifier et de nommer le plus gros oiseau de l’Histoire, au nom évocateur, Vorombe titan. Il s’agit d’une nouvelle espèce d’oiseau-éléphant de Madagascar, répondant au nom de Vorombe titan. Il pesait 650 kg en moyenne.


Des paléontologues rectifient plus de 150 ans d'injustice en attribuant enfin le titre de plus gros oiseau du monde à son porteur légitime, un oiseau-éléphant de Madagascar appelé Vorombe titan, qui pesait plus d'une demi-tonne pour 3 mètres de haut. En effet, depuis 1851, la première espèce d'oiseau-éléphant jamais découverte, Æpyornis maximus, était considérée comme le plus gros oiseau : il pouvait peser jusqu'à 500 kg. D'ailleurs, Futura parlait récemment de cet animal dont les restes fossiles présentant des traces de boucherie indiquent qu'Homo sapiens a colonisé Madagascar il y a 10.500 ans, soit 6.000 ans plus tôt que ce que l'on pensait.

La nouvelle espèce, Vorombe titan, pesait en moyenne 650 kg, ce qui en fait le plus gros oiseau du monde, mais pas le plus grand. Le moa de Nouvelle-Zélande, un autre oiseau géant incapable de voler, le dépassait par la taille, mais pesait significativement moins. Monstre parmi les géants, le spécimen le plus massif de Vorombe titan pourrait même avoir pesé 860 kg !

Décrit par les chercheurs James Hansford et Samuel Turvey, de l'Institute of Zoology de Londres, Vorombe titan est en réalité un rescapé de l'Histoire. En 1894, le savant britannique Charles William Andrews l'avait pris pour un Æpyornis plus gros que la moyenne, qu'il avait nommé Æpyornis titan. Dans un article paru dans Royal Society Open Science, les paléontologues révèlent qu'il appartient en fait à un genre distinct, car la morphologie de ses os diffère nettement de celle de toutes les espèces connues d'oiseaux-éléphants. D'où la nouvelle espèce Vorombe titan, où Vorombe signifie « gros oiseau » en malgache.

Ce revirement bouleverse complètement la taxonomie des oiseaux-éléphants de Madagascar, qui n'avait pas bougé depuis plus de cinquante ans. Effectivement, on estimait qu'il existait jusqu'à quinze espèces, réparties en deux genres, Æpyornis et Mullerornis. Mais après avoir analysé des centaines de fossiles, James Hansford et Samuel Turvey identifient dans leur étude seulement quatre espèces, classées en trois genres (l'incertitude sur les données ne permettant pas de reconnaître davantage d'espèces).

Vorombe titan, une nouvelle espèce identifiée parmi des centaines de fossiles

Pour leur recherche, James Hansford et son collègue ont réalisé des mesures sur des restes fossiles appartenant à pas moins de 346 spécimens d'oiseaux-éléphants, qui sont conservés dans des musées aux quatre coins du globe. Parmi tous les fémurs et autres os de la patte étudiés, 82 seulement étaient intacts. Pour traiter les autres fossiles en piteux état, les chercheurs ont recouru à un algorithme espérance-maximisation (EM) utilisé notamment dans la classification de données et le machine learning (apprentissage automatique). Cet outil parvient à estimer la taille des parties manquantes sur les os brisés. Certains fossiles ont toutefois dû être exclus de l'étude, car ils étaient beaucoup trop endommagés.

Grâce à cette analyse, les chercheurs ont pu identifier trois morphotypes distincts (ensemble des caractéristiques physiques définissant un individu), dont deux correspondent bien aux oiseaux-éléphants déjà décrits, à savoir Æpyornis et Mullerornis. Mais le dernier, qui avait été confondu auparavant avec ses cousins, représente un nouveau genre que James Hansford et Samuel Turvey ont appelé Vorombe. Il comprend une seule espèce, Vorombe titan. Les autres espèces qui ont été reconnues par cette méthode sont : A. maximus, A. hildebrandti et M. modestus.
L'étude menée par les chercheurs révèle également quelques informations sur l'habitat naturel des oiseaux-éléphants de Madagascar. Ainsi, on apprend que V. titan, A. maximus et M. modestus occupaient une aire de répartition très vaste et qu'ils évoluaient dans différents écosystèmes, du sud aride aux forêts et prairies qui s'étendent dans la partie centrale de Madagascar. A. hildebrandti semble, quant à lui, s'être restreint au centre de l'île.

En révélant l'identité du plus gros oiseau du monde, les paléontologues ont placé les oiseaux-éléphants de Madagascar sous le feu des projecteurs. C'est une belle mise en avant pour ces animaux qui ont peu intéressé la recherche moderne par rapport aux mammifères de la mégafaune malgache et aux autres oiseaux géants dans le monde. Outre les oiseaux-éléphants, la Grande Île abritait, on le rappelle, des lémuriens géants et des tortues géantes, tous disparus.
« Les oiseaux-éléphants étaient les plus gros représentants de la mégafaune de Madagascar et [..] étaient peut-être plus importants encore que les lémuriens, car les gros animaux ont un impact énorme sur l'écosystème dans lequel ils vivent », déclare James Hansford dans le communiqué de l'Institute of Zoology de Londres. « Madagascar souffre encore de nos jours des conséquences de l'extinction de ces oiseaux », ajoute-t-il.

Source Futura planète
N.R.

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