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Saint-André : un prêtre malgache condamné à 18 ans de prison pour le viol de 2 mineures

Dimanche 17 Mars 2019

SAINT-ANDRÉ. David Ramara est de retour depuis hier dans le box des accusés, à la cour d'assises de Saint-Denis. Condamné à quinze ans de réclusion criminelle en novembre 2017, le quadragénaire avait immédiatement interjeté appel, rejetant fermement les accusations de viol lancées par les deux jeunes filles qui l'assistaient pour les cérémonies malgaches où il officiait en tant que prêtre.

Ce jeudi, l'avocat général a requis 18 ans de prison à son encontre. C'est 6 ans de plus que ce qui avait été requis lors du premier procès. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général : l'accusé a donc été condamné à 18 ans de prison et à 5 ans de suivi socio-judiciaire.

Les investigations avaient démarré après le dépôt de trois plaintes au commissariat de Saint-André. Le 22 juillet 2014, une adolescente de 16 ans s'était confiée aux policiers sur une scène de viol survenue deux ans auparavant, sur les berges de la Rivière-du-Mat. Quelques jours plus tard, une autre jeune du même âge, et issue de la même famille, avait à son tour accusé David Ramara, indiquant qu'il l'avait violée à cinq reprises. La dernière plainte déposée par une jeune majeure avait, elle, débouché sur un non-lieu.

Depuis le début, les plaignantes font part de faits survenus sur fond de cérémonies religieuses malgaches, les fameux "velas" ou "servis kabaré". Selon ces dernières, les rapports sexuels imposés avaient lieu après ces cérémonies. Au cours du premier procès, elles avaient même donné certains détails intimes sur David Ramara, mettant ainsi en difficulté la version de l'intéressé.

"Homme à femmes"

Reste que l'accusé parle toujours d'un complot fomenté contre sa personne. D'ailleurs, s'était-il défendu à l'époque, l'organisation de ces velas impliquait pour lui de faire carême et notamment de ne pas avoir de relations sexuelles trois jours avant la cérémonie. Une chasteté ne collant pas véritablement avec la personnalité de cet "homme à femmes", père de onze enfants avec neuf femmes différentes, et surtout grand amateur de relations extra-conjugales. Les 14 mentions à son casier judiciaire ne plaident pas non plus en sa faveur.

Le procès se poursuit aujourd'hui avec les auditions des témoins et des experts-psychologues et psychiatres. Place ensuite aux plaidoiries des avocats de la partie civile, avant les réquisitions du Ministère public représenté par l'avocat général Pierre Bernard. Lors du premier procès, une peine de douze années de réclusion avait été requise. Me Henri Moselle, l'avocat de la défense, sera le dernier à prendre à la parole. La décision de la cour devrait être connue dans le courant de l'après-midi.

H.A.

Source Clicanoo.re
N.R.

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